II. UEE BALT1QUR. OU MÉDlTBAAAlfÉB SCAIfDUfAVE
I^rge de trente à quatre-vingts lieues de l'est à l'ouest, cette méditerranée, dont le caractère est exclusivement européen et septentrional, est presque perpendiculaire à la précédente, et s'étend en longueur du cinquantequatrième parallèle au soixante-sixième environ. Elle est profondément cou-
f)ée par les golfes de Bothnie, de Finaude et de Livonie. Le détroit du Sund l'unit à la mer du Nord. Nulle part l'abaissement des eaux aue nous avons signalé n'est plus visible qu'ici. Non-seulement la mer, en se retirant, a formé dans la partie méridionale de grands étangs qui ne communiquent plus avec elle, ou qui n'y tiennent que par des canaux qui se dessécheront a leur tour, mais encore des signes palpables d'abaissement ont été ob*
L*1TNIVERS.
servés, en 1743, sur des rochers oui, an din to habitants riverains , avaient été couverts par la mer. Signalons aussi, comme une des particularités distinctives de ce bassin, la pauvreté et Taspect mesquin de la v^étation oui couvre ses bofds ou tapisse le fond
de ses jfchtnrM».
lU. M£& aOCGB, ou MÉD1T£I1RANÉ£
iaTTHBteifiii.
On a beaucoup discuté sur l'étymo- Jogie du nom (ï Erythrée ou rouge , donné à la mer qui va nous occuper.
On a cru la trouver dans Tabondance d^anîmalcules vivement colorés qui, dit-on, sV multiplient en si grand nombre que les eaux paraissent changées en sang oomme au temps de Moïse; oiaia ce fait n'est pas asses bien prouvé pour au*on l'admette comme raison probable d'une dénomination qui n'a peut-être pas plus de motif plausible que les noms de mer Noire j mer Blanche, et mer Vet' meilie, donnés à d'autres bassins.
La mer Rouge est une des méditerranées les plus étroites. Elle n*a guère que soixante*dix lieues de l'est à rouest, et quatre-vingts lieues dans sa plus grande largeur, entre l'Yémen et les frontières nord de l'AbyssinicSa lonaoeiir est d'environ dix-bait dej^ de latitude du nord-ouest et du tond de la corne de Suez jusqu'au détroit de Babel-Mandel. La température de cette mer. qui , comme on sait, sépre TAirique de l*Asie, est très-^evee, ce qui s'explique naturellement par les terrains brûlants au milieu desquels elle est enfermée, par l'absence de fleuves tributaires, et enfin par son peu de profondeur. Malgré cette absence d*affluents d'eau douce, ses eaux ne sont pas plus salées r|ue celles des autres mers. La navigation y est fort dangeleuae, à cause des récifs dont elle est parsemée et des bancs de madrépores qui encombrent son lit. Ces productions sous-iuarines s'accroissent sans oMse, et avec une rapidité qui ne laisse aucun doute sur la diminution néces- •aire du volume des eaux, bien que
cette diminution ne puisse être coustatée par aneone trace visible. Lst caulerpes, les sargasses et les polypiers qui remplissent ce bassin mtérieur, les productions hydrophytologiques qu'on y a observées, présentent Une analogie frappante avec les véc^ tations de la même nature venues aes
f)a rages de la Corée, de la Chine et de a Polynésie; d'où il suit qu'on peut dire qoe la mer Ronge a plus de rapport , à certains égards , avec la cinquième méditerranée dont nous parlerons plus loin , malgré toute la distance oui les sépare, qu'avec la Méditerranée proprement dite, àpeineéloi»
gnée de vingt lieues. Ce fait, qui est incontestable , mérite la plus sérieuse attention. £n effet, la Méditerranée proprement dite ayant eu son niveau beaucoup plus élevé qu'aujourd'hui , devait communitjuer autrefois avec la mer Rouge, puisque l'isthme de Suez se trouve très-peu au-dessus des deux mers qu'il sépare actuellement. Cette communication est évidente pour quiconque réfléchit aux conditions du terrain dans ces parages, et connaît les travaux de nivellement des savants de l'expédition d'Egypte. Tout au contraire , la péninsule arabique était jointe au continent africain à l'endroit même où s'est formé depuis le détroit de Babel-Mandel , qui n'existait pas plus que le détroit de Gibraltar. L'Arabie faisait donc partie de l'Afrique»
comme l'Espagne , qui en a été violemment séparée. A l'époque de la Jonction de la mer Rouge avec la Méditerranée, les productions de l'un et de l'autre bnssin aevaient nécessairement être a peu près identiques. Qu'est>il arrivé cependant? Depuis la disjonction, on a vu sans doute quelques bydrophytes, quelques polypiers et quel-
3ues poissons, rester communs aux eux méditerranées; maib on a vu aussi des productions d*une nature toute différente se développer eo grande quantité dans celle qui demeurait nécessairement la plus chaude* Ce sont ces productions nui ont donné à la mer Rouge une physionomie toute nouvelle. On ne peut guère trouver
DES IL£S
feiplieatiott de oe phénomène que par «oie d'analogie , et en se fondant sur des faits qui, sans être absolument explicites, peuvent néanmoins nous donner la clef de ces mélanges mystérieux auxquels se complaît u nature.
IS'ous devons rappeler, à ce propos, une expérience laite par nous il y a quelques années. Ayant placé dans des vases eneristal rentplisireÉii des eorps organisés propres aux régions du globe les plus distantes les unes des autres, nous avons vu dans leurs infusions se développer des animaux microscopiques communs à tontes ees régions , indépendamment d'un certain nombre d'espèces propres à cliacune en particulier. Après avoir mêlé ces infusions, quél^aes espèces dis|ianuent, d'autres •nbsistèfent, et de ceUes-ci il s*en forma de nouvelles essentiellement différentes des premières. Eh bien, la nature ne peut- elle pas faire en grand ce que nous avons observé en petit dans nos expériences ? Ces expériences ne peuvent-elles pas être, en diminutif, la répétition de ce qui eut lieu, pour les espèces d'animaux et de YéfCétations « par le mélange de la mer Rouge avec l'océan Indien, après la formation du détroit de Babel-Mandel?