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via, Villarica, et Angol ou la Frontera; ces cinq dernières ayant pour objet, non-seulement d'assurer la tranquillité du pays , mais encore de protéger les Indiens que Valdivia employait à Texploitation des mines dans le voisinage desquelles elles étaient placées. Chacune de ces villes se composait de quadraSy ou tles carrées, alignées ait corde nu , et réi;»ilièrcment disposées sur une surface plane autant que la localité le permettait. Les maisonsctaient en bois, en briques ou en tordus {*) , recouvertes en paille , et , plusieurs anfiées après, en tuiles; de vastes jardins, clos de njurs, étaient aliénants à la plupart des habitations. Le père Feuillee dit qu'on voyait a Coquimbo, vers le (ii\ linitienie siècle, des rues longues d'un qnnrt de lieue , (pii conijitaieiit a peine cinq ou six maisons /'j. Chacune de ces villes , grossièrement fortifiée et |)aliss<-idée, était placée sous la protection d'un fort arme d'un petit nombre de pièces d*artillerie; C^était là que les mineurs et leurs familles se retiraient aunnd les Araucans se présentai«"nt dans le voisinage. Ces malheureux colons vivaient dans des transes continuelles, toujours exposé à être emmenés en esclavage , à t^tre éiiori^és même, ou, au moins, à voir détruire en queUpies niiinites le Irnit de leurs veilles et de leurs sueurs. Tant que vécut Valdivia , leur condition fut pourtant moins affreuse qu*elle ne le devint après , c;ir ce général déplov.iit une rare activité a se transporter sur tous les points menaces; il iranchissait sans hésiter, et retraversait de nouveau les grandes solitudes de Coquimbo, les montagnes neigeuses de \ illarica , les llcuves, les marais et les bois , renversant tous les obstacles, et méprisant tous les dangers lorsqu'il s'nLîissait de secourir une de ses rolonies en daniier. Sa prevovance s'eten- * dit même a faire élever plusieurs forts àTucapel, à Arauco, sur les bords

(*) Sorte de mortier de terre grasse et do

paille.

(**) Fewnéo,Fréaer,U]loi,MoliiiB, etc., déjàcacs.

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du QuiUota, du Bio-Bio, et du Yoldm'a.

Non content, cependant, de la possession d'une si v.istr* contrée, i':idéiantade voulut y joindre deux provinces situées au delà des Andes, dont il avait entendu vanter la fertilité et les ridiesses, leCujo et le Tucuman. Ces provinces, qui appartiennent aujourd'iiui a la confédération du Rio de la Plata, ont Istit longtemps partie du Chili soua le nom do ChUi oriental 011 Transmnriiain ; rlN's tiiront conquises à Val(li\ia par un de ses iietilcnanls , Fran(jois de Aguirre. V ers la méine époque, il envoya Jérôme de Aldérète en Rspa^ne jwur y porter l'argent qui revenait à la couromie sur les produits des mines et sur Ic^ tributs payés par les Chiliens. Il y joignit une partie de l'or qui lui appartenait, et il y en avait pour (1rs sommes considérables. Ses oHicicrs et ses soldats furent tous richement dotés par ce gouverneur qui partagea entre eux les provinces conquises , leur conférant le droit de propriété sur les naturels euxmêmes. Quelques - uns recurent ainsi des cadeaux dedouze , quinze ou vingt mille Indiens, suzeraineté illusoire autant que dangereuse. Valdivia s'était réservé une redevance de cent mille pésos (2,500,000 francs) par au. Aldérète, qui naviguait vers» métropole, devnit faire à la cour une poujpeuse description des richesses du Chili, et demander pour Valdivia le titre de marquis d*Arauoo. Ce chef ambitieux voulant enOn reconnaître toute Tétendue des terres dont la conquête lui avait été conOée, fit équiper deux navires dont il donna le commandement à François Ulloa , avec ordre de pousser jusqu'au détroit de Magellan, et de chercher la route la plus convenable pour communiquer directement avee f^Garope* Ce fut vers la même époque mie valdivia etèk les trois officiers généraux qui, sous la domination espagnole, ont commandé aux Muées royales , savoir : le mestre de comp, le sergent-major et le oommissaire.

, iA métropole apprit avec enthou-

siasme le succès de l'expédition de Valdivia, et, dansfeUbsiondesa ioie, le roi voulut que la capitale du Cliili, Santiago, port.1t le titre de ville très-noble et très -loyale. Des religieux appartenant aux ordres de Saint-Dominique et de Saint-François, des moines de la Merci et autres ré^çuliers , accoururent dans l'espoir d'opérer de nombreuses conversions parmi les indigèues du Chili. Voldivîa les installa à Santiago, i la Conception, à la Villa-ImpéHale et dans celle qui portait son nom; mais les Araucans montrèrent une grande répugnance à abjurer la religion de leurs pères; bien plus, ils coo(^rent pour ces religieux une haine si profonde qu'ils nVn voulaient pas même pour esclaves, et qu'ils faisaient périr tous ceux qui leur tombaient entre les mains. On vit aussi se former à San« tin!:o et ri la Conception des couvents de teiniiu'S appartenant à divers ordres. Cette institution, dans un pays où chaque habitant était un ennemi, eut des résultats funestes; elle servit plus d'une fois (le prétexte ;i In iiuerre; U« saints asiles furent profanes, et ces malheureuses femmes, qui s^étaient vouées à Dieu et à la virginité, fiirent ennnenées dans l'intérieur du pays, et cotidamnées a servir de concubines à leurs ravisseurs.

L ne nouvelle ville ne tarda pas à

s'élever auprès de celles qui devaient leur fondation à Valdivia; ce fut Valparaiso, qui est en quelque sorte le port de Santiago. Les premières oons* tructions y furent conunencées par les soins des négociants de la Coneefttion, qui avaient besoin de magasins et d'entrepôts pour les marchandises qu'ils expédiaient au Pérou. Cette ville acquit rapidement une grande importance; mais rien n'y justifie d'ailleurs le nom de Vallée du Paradis (/ aUParaiso)mt lui imposèrent ses fondateurs. Les montagnes y sont nues et rougeâtros , et la végétation des parties blases est triste, chétive et rabougrie.

La fortune de Valdivia était arrivée à son apogée. Un crime, que ni la raison d'ittat , m l;i nécessité, ni la vengeance, que rieu enfin ne justille^ vint mettrs

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ml ferme h sa prospérité. H avait annoncé qu'il donnerait une fêle dans l'une des nouvelles forteresses. Ainavillo, général en chef des Araucans, sollicita la faveur d'y assister, et l'autorisation lui en fut arrordée. Si Vnldivia craignait respionnage de cet Indien, il pouvait repousser sa demande; mais l'ayant admise, il ne devait pas ▼ioler à sou égard les lois sacrées de riiospitalité. Des rrifraîrliissenients furent ofterts à Ainavillo; il les accepta, et mourut enipoisunuéi^*). A penie la nouvelle de ret attentat se fut-elle répandue parmi les Indiens , ipi'elle cxcila chez eux, au plus haut dci;ré, le désir de la vengeance. Un long cri retentit du fond des vallées jusqu'aux sommets de la Clordillère, et les guerriers de chaque tribu se mirent en marche, sous les ordres de leurs caciques respectifs, vers le pays de Tuciipel, où le plus âgé d'entre les chefs, ruimèiie d*Arauoo, les avait convoqués. Après une p;rave délibération, précédée de sacrilices religieux, le cacrque de Palmeyquen.

nommé Caupolican {CaopoUcano), fui élu généralissime. Son armée présentait un effectif de quatre-vingt mille hommes; les provinces d'Arauco, de Puren et d'iUicura, avaient fourni chacune un contingent de six mille hommes; les autres en avaient envoyé de trois à ciim mille La première opé>

(*) Ovalle, Hcrrera, Ercilla, etc. Ce fait ne se trouve pas nientioiiné daiu Moliiia; mais la partialité du cet hlstorioa pour Va^ divia eu est sans doute la cause.

(**^ Nous ttvoos dit plus liant qne le populalion totale des Indiens indépendants est aujourd'hui de 70,000 hommes au plus. Le dénombrciucnl de l'armée du CaupoUcan, que noos empruntons à Ovalle , liv. v, démontre à quel point cette population a été décimpp par le voisinage des Espagnols.

Eu ne ]>erdant pas ae vue que chez les peuples guerriers, et surtout dans 1rs pays où l.i rhilisation n'a puint péiiéir»^ les arroées lie groisisseul de tous tes huuuues en état de porter les armes, qu'il* soient encort; enfants OU déjà vieillards, on arrivefS à ce résultat que l'anitre de Caupolican, se composant du cinquième environ de la popiifartuHk iadigèae, les Qulienf fomaienl,

ration de Caupolican fat dirigée eonfn

le fort d'Arauco. Ayant surpris un détachement de quatre-vingts Indiens auxiliaires qui portaient des vivres à lâ garnison du fort, Il s'était ser?i de leurs vêtements pour en rouvrir un nombre pareil de guerriers araucans, à qui il avait prescrit de se diriger vers le fort, de s'emparer de Tune des portes, et d*y tenir hon jusqu'à son arrivée. Cette ruse ne put rénvsir, ci l'artillerie des Espagnols lit même un tel ravage dans les rangs ennemis, que (.aupolican crut devoir s'éloigner hors de la portée des canons. I.rs assîéL'és tpnt«''rent quelques sorties et y perdirent heaitroup de monde. Manquant de vivres et de munitions, ils se décidèrent h abandonnet le fort, et à se retirer dans celui de Puren, projet qu'ils exécutèrent avec succès au milieu de la nuit. IMailres d'Arauco, les Indiens détruisirent cette ▼iile et se portèrent immédiatement vers le fort rie Tucapel. Les quarante hommes qui en formaient la garnison se replièrent également à Puren. La destruction de la place abandonnée était à peine consommée, que le capitaine Diego Maldonado, envoyé par V;:ldivia, y arrivait avec six hommes d escorte. Tombé entre les mains des vainqueurs, il réussit à leur échapper après avoir perdu trois de ses gens.

La laute que Valdivia avait conunise en disséminant ses forces sur divers points de l'Araucanie commença alon a porter ses fruits. I>es Indiens, ras* semblés au nombre de fjlusieurs milliers auprès des mines, suus la surveillance d'une centaine d'Espagnols, de moins encore quelquefois, apprirent à mietix connaître leurs ennemis et à les moins redouter. Ces soldats européens, vus sur les charnus de bataille, inspiraient une profonde tsrreor ani indigènes. Ceux-ci n'avaient point encore appris l'art de dompter les chevaux; ils combattaient a pied, mal armés et mai vêtus , tandis que les Espagnols, bardés de fer, armés de kmguee lances, de fixrtes épées et d*«iM

à celte épo<|ue, une famille de 4e»,ooo ân^ vdividus.

L'CMVERS.

à feu , protégés par leur artillerie et montés sur d'excellents chevaux, avaient un avantige immense, qui ne pouvait être balancé que pnr une groade dift'crenne numérique. 'Mnis de près il n'en étiiit |)as de luèine, et les Indiens rougissaient de leur liklietc, en voyant ce petit nombre d'hommes au visaue |)âle, aux formes délicates, faits de eliair et d'os comme eux, vulnérables, exposés aux maladies, a la laiin, à la soif, mortels enfin ! « Ce ne sont pas des dieux , « leur répétaient les vieillards, oe sont " d(N hommes fie même nature que les « Molouehes,cl n'ayant ni plusdecou- « ra;;e ui plus de loree qu'eux. » Ainsi la révolte allait se propageant avec rapidité, lorsque Va.di\ ia accourut luimême dans la province de Tuc^tpel, et trouva l'armée de Caupolican retranchée derrière les mines du fort dont il venait de s'emparer. Dix lionnnes, que radél.iut.'ide avait détachés pour reconnaître reimemi, tomhcretit dans une embuscade et furent mis h mort; leur capitaine Diégo Doro éprouva le même sort.

Le I(i)(l(Miinin , 2 décenihre l 'i^r,, à la poiuie du jour; les Araucans .sortirent des retranchements et marchèrent, en lion ordre, vers lecampdesennenus.

Ils étaient au nombre de Irei/.e mille, tandis que \ al(li\ia ne comptait uue deux cents Espagnols et cinq mille Indiens auxiliaires. Ces derniers aj)partenaieiit, pour In plti|»art,a la nation de-s Promaij j'i' s, demeurée lidcle a la causedes conquérants. Caupolican avait imaginé un ordre de bataille que ses Indiens conservèrerjt jusqu'à la lin de la journée. 11 avait reparti ses lorces en treize bataillons, chacun de mille hommes, marchant à la suite les uns des autres. Le balaillon de tête se trouvait ainsi le seul à combattre, et à peine les Espagnols commencaient-ils a prendre sur lui un léger avantage, que les Indiens se débandaient subitement pour se réorganiser plus loin; alors un nouveau l)atnillon de troupes fraîches se présentait, sans lais- Mrà rennemi le temps de respirer.

Était-il enfoncé 5 son tour, il ouvrait les rang*, et allait aussi se reformer

sur les drrrièiTN de l'armée. Les Kspa» gnols, de leur cùle, combattaient avec unegrande bravoure, et la terre autour d'eux était jonchée des cadavres de leurs ennenu's. A[)rès trois heures de coml)at ils avaient renversé deux mille homu)es; leurs forces coumienç«iieiit à sVj)uiser, et onze bataillons de troupes fraîches étaient encore devant eux ! A la voix de leur chef ils se raniment pourtant, et, pendant quatre heures encore, ils continuent a soutenir le choc des Araucans. Cinq bataillons sont de nouveau luis en déroute ; reformes iunnedinteujent après, il en restait dix à combattre. Du cote des Espagnols, les chevaux haletaieut, les nommes tombaient de lassitude, et ne soutenaient plus le eom' at que dans Tespoir de prolonger leur existence de quelques heures. A la chute du jour, la partie nVtait plus tenable pour \'aldi\ ia , et devaîit lui se présentaier)t Iniit bataillons prêts a en venir aux mains] Il fit alors sonner la retraite, se dirifçeant vers un délité éloigne de deux lieues ertviren du «'bamp de bataille. En ce intxneut, un jeum- Itidien proniauque, nonuue Lautaro, liis de Pi!lan , auxiliaire dans Tamiée esfKigno'e , et page lui-même de Tadt ! .t,t ade, déserte la cause de Val(li\ia. et. >e présentant aux chefs araucans, il les engage à s'emparer du défilé avant que les entremis ne puissent y atteindre. Ce projet, adopte sur le champ, et exécuté par le transfuge Lautaro, qm" lit des prodiges de valeur, causa la ^»erte dts Espagnols et de leurs auxiliau'es. Ceux-ci, couverts de blessures et ne se traînant qu'avec peine, arrivèrent les derniers, et, enveloppes de tous cotés, ils furent tous massacrés, à Texception de trois Promauques qui parvinrent à gagner une caverne, où ils se eaehèrent pendant le reste de la nuit. Valdivia et un prêtre espagnol tombèrent seuls vivants entre les mains de leurs farouches ennemis. Ivres de carnage, exailés par la victoire, affames de la rhair des Européens, les Indiens commirent à l'égard de leurs prisonniers dies cruauté^s inouïes. Ayant attaché ces deux infortunés à un arbre, ils cou-

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pèrcnt un morceau de leur chair, que Jes chefs (irent griller et mangèrent sous les yeux de leurs victimes. Valdîvia, ayant tq périr son oompanon d*mfortune, implora la pitié e Caupolican, et lui promit, s'il lui accordait la vie, que les Araiicnns n'auraient pas d^ormais d'ami plus dévoué ^ue loi. Lautaro, de son cuté, touche de compassion à la vue d'une si grande infortune éprouvée par un liomme dont il n'avait reçu que de bons traitements, intercéda pour lui auprès de Caupolican, et ce chef, à qui les sentiments généreux n'étaient point inconnus , était sur le point de faire t^râce, lorsqu'un vieillard, indigné de Vbésitation que montrait son général , saisit une massue et en asséna un coup violent sur la téte de Yaldivia , (jui tomba privé de sentiment. A ce signal, les Araocans se précipitent sur ce corps inanimé et Itn font subir mille outrages; ses chairs servirent à un affreux repas, et de ses os les Indiens tirent des fldtes et des trompettes. Telle fût la fin malheureuse de cet illustre c^ipitaine, dont le nom inspire encore de la terreur aux descendants de cette na* tion qu'il combattit avec succès pendant treize années consécutives C).

Le lendemain, les vainqueurs célébrèrent leur triomphe par des danses et des jeux. Ils avaient placé sur les arbres dont ils étaient environnés les têtes de leurs ennemis, formant ainsi des trophées et de hideuses guirlandes pour cette féte militaire. Toutes les populations voisines étaient accourues pour jouir de ce spectacle, et contempler les ossements de ces soldats réputés invincibles. L'orgie fut digne de rîmportance de la victoire et de la férocité de ce peuple; il n'y manqua que des sacrifices humains ; mais tout avait été égorgé après le combat, et, pour la première lois , les Araucans regret-

(*) Quelques écrivains espagnob ont prétendu qiip les Indiens lo firenl périr en lui versant de l'or fondu dàin le gosier, et lui disant: «RaaMbie-iotdecetordiinttnétiia si affamé. » Cette Tersioa rmemble beancoup à uu conte.

3* UoraUon, (Chili)

tèrent de u'avoû épargné Aucun ennemi (**).

CONTimiÀTION DE LÀ GU£BA£ DANS Ut VkYS DBS AltAUCAHS; EXPÉDI- TIONS ANGLAISES (1554-1594). Quand

les premiers moments d'ivresse lurent

i>assés, les Araucans en vinrent à déibérer sur ce qu'ils avaient à faire pour ne pas perdre le fruit de leur victoire. Le commandement fut partagé entre Caupolican et Lnntnro : le premier se chargea de réduire les torts qui tenaient encore pour les Espagnols, tandis que Lautnro , ^iromii au grade de lieutenant du toqui, irait défendre les frontières.

I rançois de Villagran se trouvait à Yaldivia ^and on y appnt le désastre de Tarmee espagnole et la mort de Tadélantade. 11 partit immédiatement de cette ville avec une escorte de trente soldats, et se rendit à la Conception, où il fiit rqoint par cent Espagnols et un assez bon nombre dlndiens auxiliaires.

I,a phjs grande confusion régnait dans la ville de la Conception, où la terrible nouvelle avait été apportée par les trois Indiens promauques échappés au massacre. De leur coté, les habitants de la Frontéra et de Villarica, ne se croyant pas en sdreté, s'étaient réfugiés à loftpériale et à Yaldivia.

Cependant Lautaro était parvenu sur les bords du Bio-Bio, et prévoyant que si les Espagnols tentaient de rentrer sur le territoire de TAraucanie, ce serait en suivant le littoral, il se retrancha sur un plateau élevé, dont la partie orientale était flanquée par une épaisse forêt, et qui, du côté de l'occident, présentait une masse de rochers escarpés et baignés par l'Océan. Les prévisions'du jeune cacique ne l'avaient pas

' (*) Hcrrera dit que ces événeroenU se passèrent en i55i ; mais les autres histonens s'accordent gciiéialemeDt a les placer au mois de drcrrnbrt; i553, et c'est à leur opinion que uous nous sommes rangés. Vojres H errera , déc. vit et viu; Molioa, lib. t cl in; Ercilla, la Araucana; Ovalle, liv. v; de la Véga, com. r. p. i , liv. vn; J. Quiroga, cap. 73;Warden, Histoire du Ciiili» eic Les deux UM figurées sur Upi. g sont des porb«itsd*Annwtni tirèa dn Yojiie de Choiis. .

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fUNIVERS.

trompé, et Tavant-garde de rarnice espagnole ne tarda pas à se montrer :

die «9tà% culbuté on parti d*Araucaiis qui, après lui aroir opposé une résistance opinî^ltrf», s'était replié sur le camp retranche. Viliagrau, suivi de toutes ses forces, se présenta à son tour (31 avril 1664), «si tenta de franchir le passage. Lautaro le reçut à coups de flèches et de pierres, fui lit éprouver une perte cuubiderable , et lui enleva même son artillerie. Le général espagnol fit donner alors la sii^ual de la retraite; mais la terreur s't t.iii t niparee de >es gens, et ce mouvement ne put s opérer sans une grande concision, que reniieini sut mettre A profit. KautJiro fit sortir t(nite son armée des retranchrtin iiîs, et ne cessa de poursuivre et de cunitiattre les Espsnols que lorsque ceux-ci eurent mis le lieu va entre eux et lui. La perte des Araucans fut de sept (ents l ofnmesC), tandis que V ilkiiiran fut hlcsse et perdit trois nulle liuuinies, tant Kspaçnols qu'auiiiiaires. Les débris de cette armée rentrèrent précipitamment à la (Conception , qu'ils abandonnèrent presque immédiatement pour se porter a Santiago , pendant que les femmes, les enfants et les vieillards se rendaient par mer à Impériale. Le gouverneur ne s'était déterminé à évacuer la ('onception qu apres avoir reconnu l impossibilité de s'y maintenir. Laùtaro, qui arriva bientôt à la téte de son armée victorieuse, furieux de voir sa proie lui échapper, incendia la ville, détruisit la forteresse et ravagea les plantations de la campagne; puis il ra* mena ses gens au delà du Bio-Bio.

Dés qu'il fut rétabli de ses blessures et qu'il eut renforcé son armée par de nouvelles levées , Villagran rentra dans l'Araucanie avec le projet de secourir Impériale et Valdivia, que Caupolican tenait assiégées. Sur ces entrefaites, on apprit que le capitaine Aldérète,

2ui se trouvait alors en Espagne, avait té institué successeur de Pédro de Valdivia par disposition testamentaire de ce dernier : c'était uo droit que te

n Vélioa lee. dt

vice-roi du Pérou avait conféré à Padélantade; et dans le cas où Aldérète ne remplirait pas les conditions qui lui étaient imposées par le testateur, le gouvernement devait être dévolu à François de Aguirre. ISous avons dit plus haut que ce capitaine avait fait lu conquête du Tucuman. Se trouvant encore dans cette province lorsqu'on y apprit la mort de Valdivia et ses dernières volontés, il en partit jprccipitamment et vint à Santiago , ou , invoquant l'absence de Jérôme Aldérète, il se lit prtvelamer gouverneur i*). V illagran ne s'atlendùit pas a un pareil événement; il avait combattu jusque-la connue un honune qui défend sa propriété; fallait-il, maintenant, qu'un de ses camarades, ollitier de ftuluiic connue lui, vînt lui raxu* le Iruil de ses travaux ? Il avait, d'ailleurs, été ntnonnu déjà, par les magistratures des (lifi< ■ renies villes « lalu unes , en (piaiilc de suct esseur de Naidivia. Dans cet état de choses, les deux rivaux sounurent leurs différends à VaueUenda reaie de Lima, promettant de s'en rapporter à sa d<'eision. Kn allendaiit, celui qui lH>ssedait le pouvoir de lait, Viilagran , se fit remettre une somme de soixante mille pésos, dé|)Osee pour le compte du roi dans le trcM r de la Vill:ï-Iiiij,erial, vt continua les opérations de la campagiie. i'Ius heureux qu'il ne l'avait été jusque-là, il força Caupolican à lever le siège dlmpériale at eelui d« Valdivia.

A cette même époque un fléau territHe vint fondre sur les Araucans. La petite vérole, apportée par les Espa*

gnols, causa d'e|iOuvant.il>l(s ravages parmi les iîidiiicnrs. Cette r.ilatnité les surprit dans une année de disette, pendant laquelle , 8*il faut en croire les historiens espagnols, les vivants n'eurent d'autre ressource que de dévorer les morts.

Cependant l'audience rovale du Pérou , prenant en considération les succès obtenus par Villagran, lui avait accordé, avec le titre de corrégidor, le

(*) Horrcra,MoUua. Ovaile,Quiroga, etc..

déjàdtii.

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commandement provisoire de la province jusqu'à Tarrivée d'Âldérète, lui enjoignant d'aller rebâtir la Conœp-

tion. Oéjà les babîtaots de cette ville, ayant reçu un spcours de dix mille pé- 808 que ['audwncia leur avait alloué, avaient tenté de réediiier eux-mêmes la ville détruite, mais Tinfatigablo Lnutaro les avait surpris, cl en avait fait un grand carn.iire. Villap;raii ne fut pas plus heureux; battu par le jeune carique , il se replia sur Santiago, suivi de près par SOD vainquctir (|Mi lui lit oproiivcr une nouvelle delaile. ^.puisf eniiii par ses pro|»rps victoires, le chef <ies A raurans retourna vers le stid , et repassa le Bio-Bio. A son tour Villagran prit l'offensive, et vint mettre lesi. ifp dcvatit U' rampoù l'ennemi s'était retranche; r intrépide Lautaro,qui surreillaH tout par lui-même, sVtant présente sur lt>s remparts, fut tué d'un cotip (lo Ih't lte. Sa mort jota une si urandc l otistcrii.'ilion (inrmi les siens,

aue V iilagran en prolita pour pénétrer ans le camp. Les Indiens auraient pu se sauver; ils ne le vouhireot pas, et se Hrcrit toris tuer sur le eorjis de leur général. Caupolt<^an, ayant appris cette triste nouvelle, se mit en marche pour venir défendre les frontières da nord.

(!e fut dans ces ronjnniinrrs (pTon apprit (jue Jérôme Alcierele, dont ou attendait le retour avec tant d'im|)atiencc, était mort dans une petite tle du L^olfe de Panama (*). On vit alors se re veiller la rivalité d'Atîiiirre et de Villat^ran, chacun des deux cherchant à faire valoir ses droits a la succession de Valdivia; et comme retle contestation pouvait tourner au détriment des affaires publiques, le vice-roi du Pérou, don Uurtado de Uendoza, leur

(•) Aldcrèie avait obicna de Philippe II la confirmât in 1 du li-stniiictit i\v Viildivi.i^ et s'clail einliuKjué a\cc Guo solddls qu'il comptait emmener au Cliili. Arrivé atipréa de Porto -Bdlo de Panama, ie feu avait pris au vai'ispau qti'il montait. Aldérèle et trois de ses soldab s'étaient seuls sauvéa; mais le premier éuit blené, et il nMurui peu après. (MoUna , liv. xu» ch. 4.)

enjoignit de se rendre immédiatement, l'un et Tautre, auprès de lui , nommant pour les remplacer (on propre fils, don Garcia. Le nouveau gouverneur s'embarqua avec deux cent cinquante hommes d'infanterie , qu'ii répartit sur quatre navires, tandis que sa cavalerie se dirigeait par le désert d'Atacama. Le porte Aionzo F^rcilla, à qui on doit un |jocujesurrArnneaniô" et plusieurs notes utiles a l'historien, accompagnait cette expédition, qui arriva au mois d'avril dans la b.iie de la Conception. Don Garcia de ftlendu/.a passa plusieurs mois dans nie de Quirina (tour attendre sa cavalerie, et il emplot^a ce temps à parlementer avee (laupoliean pour tâcher de ramener à demander la paix; mais le rusé toqui n'avait feint de prêter Toreille à ces propositions que pour gagner du temps et se m eux préparer a la tîuerre. K(dlii les I .sp;i^'r)(ds débarquèrent .lU mois d ocloljre «ie cette même année, et commencèrent a élever un furt sur le mont Piiito. Les Araueans voulurent en vain s'o|ip06er ;i Texéeution de ce pro;et; ils furent luudroyés par Tartillerie, et tepoussés avec une perte de deux cents hommes, (^ettedetaitedétermin i la retraite de Caupolican. ('•* eheC relraii lia son armée sur les l)ord> du Mio-iJio, où Gart ia vint bientôt le chercher el le combattre. La bataille fut longue et sanglante; la victoire Hotta longtemps indécise jusqu'au moment où les <'har^ ges vigoureuses de la cavalerie espaenole la lixèrent sous les drapeaux de Uendoza. Les Araueans perdirent quft* tre nn'Ile honunes, tombes sur le champ de bataille, et huit cents j)risonniers. Les Llspa^nols, seuls historiens de ces événements, ne précisent pas la pertt éprouvée par les leurs; elle dut être corjsidérabic. Les prisonniers furent traités avec une cruauté inouïe; maif l'indomptable courage de ces fiers In* diens ne se démentit pas un instant | aucun ne s'abaissa à demander izràce, ni même à faire entendre un cri de douleur. Mutilés et brisés, ils élevaient encore leurs bras sanglants pour appeler le ciel et letirs compatfiotei à la

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L'LiMVKRS.

▼engeance. TA quand les soldats espasnoTs, fatkués de ces atroces exécutiOM , cessèrent de Tonloir frapper ces hommes désarmés , ils imaginèrent de leur distribuer à chacun une corde, au moyen de laquelle ces malheureux pussent se servir de bourreaux à euxmêmes. On vit alors un spectacle di^^ne d'une éternelle pitié; chacune des victimes choisissait un arbre , et s'y suspendait elle-n)i^mc sans hésitation, neureuse de ne pas périr par les mains de ces barbares ennemis ! L'un des prisonniers, nommé Galbarino, rertit la liberté après avoir eu les poings coupés. Cet infortuné parcourut PAraucaoie entière, montrant , de peu-

t)Iade en peuplade, ses moignons d'où e sang ruisselait, et demandant vengeance à ses frères.

La fortune avait décidément abandonné les Araucans; leur brave chef tenta vainement deux fois encore le sort des armes. 11 fut battu dans toutes les rencontres, et obligé de se cacher pour ne pas tomber entre les mains des vainqueurs. L*heureux ÎNIcndoza, poursuivant le cours de ses exploits, acheva de soumettre le pavs que la révolte avait enlevé à son préàéc^eur.

En 1558, il releva les ruines de la Conception, et marcha ensuite contre les Cunches) mais ceux-ci s'cmpressèlent de faire leur soumission; ils envoyèrent à Mendoza neuf députés couverts de haillons , qui lui présentèrent un panier contenant des Iruits sauvages et quelques lézards rôtis : « C'était, dirent-ils, tout ce que leur 'pays produisait de plus précieux. » Que celle offre ait été faite avec eaudeur ou Qu'elle ne fdt que le résultat d une nuirberie, afin de dissuader le vainqueur, d'entrer dans un pays aussi pafivre, elle n'en atteignit pas moins son but, et Mendoza rebroussa chemin (*). En passant dans la province de Tucapel, - il fonda une ville sur la place même où Valdivia avait péri, et lui donna le nom de Canete, qui était

('} Les Espagnols attribuent Tinventioa de cette foiirbenu à ua Arsucan réfugié » aoouné Tunconobal.

celui de la famille de Tadelantade dont il honorait la mémoire. A la fin de cette même année , ayant poussé ses reconnaissances vers le sud ju.squ^à l'extrémité du continent chilien, il découvrit l'ile de Chiloe et l archipel d'Ancud. Le poète Ercilla traversa le golfe et aborda dans Plie principale, où il crava son nom sur un arbre, ainsi que rejioiiue de la découverte ( 21 janvier 15.jU ). De retour de cette expédition, don Garcia de Mendoza se dirigea sur le pays des Huilliches, et y fonda In ville (l ()sorno par le 40*" degré 20' de latitude, à qumze lieues de valdivia. Vers la même époque, le commandant de Canete, Alonzo Reynoso, parvint à découvrir le lieu où se C-aehait Caupoliean. Il y envoya un détachement de cavalerie qui ï> empara de ce chef et Tamena à Canete , où Reynoso le condamna à être empalé.

L'espoir d'obtenir la vie porta le toqui prisonnier à teindre une conversion à la religion'chrétienne ; il se laissa baptiser, et n\ ii fut pas moins conduit au sup* pliee. A la \ ue de i'iustruiitent de sa torture et du nègre qui devait faire l'oflice de bourreau, Caupohcan ne put contenir son indignation ; il renversa le nègre d'un coup de pied, et s'écria : « N'y a-t-il donc pas une épée « et une autre main plus digne de « tuer un homme de mon rang? Ceci « n'est pas de la justice, c'est une « basse vencrennee (*).

Après la mort de ce chef, les Araucans choisirent son iils aîné pour le remplacer, et, de Tavis des vieillards , ils le nommèrent ^généralissime de toutes les années de la confédération des Molouchcs, des Puelches, des Cunches, des Huilliches et autres tribus. La guerre continua pendant plusieiirs mois avec des alternatives de succcs et de revers pour les deux partis. Enfin une bataille décisive fut livrée à Quipéo le 19 septembre 1559; les Araucans, complètement battus, laissèrent deux mille njorts sur le cbainp de bataille. De ce nombre

(') Ovalle, liv. v; Molina, lib. ut; Ercilla, ch. xxuv.

CUiLl.

fbrent les chefs les plus renommes, Tucapel,Ongolo, Lincovnn , M.in'jntu, et plusieurs autres. Le jeune C.aupolican lui-même , poursuivi de près par la ea?alerie espagnole , aima mieux se donner la mort que de toinber vivant entre les mains de ses ennemis.

Après cette victoire, Mcndoza put enfin prendre Quelque repos , et donner ses soins à d'autres intc-rels. Déjà, dès le mois de Juillet , il avait expédié du port de la Conception deux navires , sous lesordres de LadriIléro,pour explorer les côtes de la Patagonie. Maintenant il fit reprendre les travaux d'exploitation des mines; il releva les fortitications d'Arauco, de los lafantes et de Villarica , et envoya une division de son armée, commandée par don Pédro Caslillf), pour achever la conquête des provinces de Cujo et de Tucuman. Castillo soumit les indigènes et fonda deux villes : San-Juan de la Fro(itér;i et Mendo/n LcTucuman fut réuni à In vice-royauté du Pérou par décision de la cour d'Espagne.

Tant de travaux et de succès méritaient à IVIendoza une éclatante récompenFC. Le roi le nomma vice-roi du Pérou en remplacement de son père , et François de Villaffran fut choisi par la cour, de préférence h son compétiteur Afîuirre, pour lui succéder en qualité de gouverneur du Chili. De leur côte, les Araucans avaient élu un nouveau général ; c*était un cacique nommé Àntiguénu , que sa force et sa bravoure avaient déjà rendu formidable à ses ennemis. Ce nouveau chef convoqua les débris de sa nation dans les marais de Lumaco , où Villagran ne tarda pas à venir le li in eler. Y aincu dans une première rencontre , le général des Araucans prit sa revanche à Mariguéna , où il Ht un grand carnage des EsjMtgnols , et tua même le

(*) San-Jnan csl situé à 3o licties nord de Meiidoza. Cette dernière ville repose sur le revers oriental de la CiMr^lère, dans une plaine où coule une rivièi*u du nume nom; elle est située par S-î" Si' . Toiitt s deux npparliennent à la confédcralioa de Bueuus-

fils de Villagran qui les commandait.

De là il marcha sur Canete dont les habitants se réfugièrent partie à Impériale , et partie u la Conception.

Antiguénu entra sans coup férir dans cette ville abandonnée, et la détruisit de fond en comble. Villagran, accablé

J)ar tant de revers , succomba à la doueur immense qu'il éprouvait comme père et comme général (l.'')C>3). En mourant, il désigna son fils aîné Pedro nour lui succéder. Ce jeune homme combattit les Araucans avec succès pendant deux années entières; Antiguénu périt dans l'une de ces actions sur les bords du Bio-Bio. Les historiens espagnols ne nous ont pas appris les motifs qui portèrent rmalfe»cia reale de Linia à faire arrêter le fiJs de Villagran et à le faire conduire au Pérou. Ce fut sous soti admiiustration que le pape Pie IV érigea en évêcbés les villes de Conception et d'Impériale; Santiago l'avait été déjà en 15G!. Son passage au pouvoir fut également signalé par la découverte du groupe de Juan-Fernandez, due à un Castillan de ce nom qui, du Pérou, se rendait à Valdivia.

Le successeur de Villagran , don Rodrigue de Quiroga , ne fut pas heureux non plus. Son administration durait à peine depuis un an, qu'un successeur lui fut donné d ms la personne de Kuiz Gamboa, qui revenait d'une expédition aux ties de Chlloé, où il avait fondé les villes de Castro et de Charao (IfîfiG). On ne voit pas que des règles précises fussent établies pour la nomination des gouverneurs du Chili.

Dans le principe, le roi se la réservait exclusivement; plus tnrd, le vire-roi du Pérou usa de cette prérogative comme d'un droit oui lui était dévolu. De son côté, Vmuaenda reale de Lima prétendait que, vu l'éloiçnement de la métropole et la nécessité de pourvoir avec promptitude aux besoins d une province dont là conquête était encore mal affermie, c'était à elle à

f)rocéder à cette nomination ; mais 'autorisation accordée aux gouverneurs élus par l'audience royale, de choisir eux-mêmes leurs successeurs^

iolroduisnit une nouvelle causa de discorde , et semblait même trahir la vénalité de relie cliurge.

Quoi quil en soit, Philippe II, frappé des aTanta^es que présentait la possession du Cliili , y nomma une audience rovide indrpendante de relie du Pérou (*). La première mesure de ce tribunal fut de révoquer ia nomination de Rodripue de Quiroga, pour lui substituer Rniz de G niihon , (ju'elle remplarn éiialement , r;uinec suivante, par Melcbiur de Bravo. Gamboa avait pourtant obtenu des succès signalés contre les Araucans , mais il n'avait pu parvenir à les dompter enticrcnîeiit, et ce fut uniquement ce moiu ,ou plutôt ce prétexte, que raudicnoe mît en avant pour lui donner un successeur.

En 1575, nn inspecteur espagnol, nommé Cnidéron , arrivant de la métropole avec des pleins pouvoirs, supprima Vttudiencta du Oiill et rétablit Quiroga dans ses fonctions de gouverneur. Melchior de lîr.ivo n'av.iit pas repondu à l'attente du tribunal qui Pavait porté au pouvoir. 11 n'avait limré qu*une seule bataille aux Araucans, et avait été bnltu si rninplétenient, qu'il avait cru devoir lui-même se faire justice, eu donnant sa démission, après avoir réintégré Gamboa dans ses fonctions. Celui-ci , déposé à son tour par les or-lr-s df riiiNj»! i îcur Calderon, ainsi que nous vrnuiis dt- le dire, se retira ou nioins bonoral»lement. Il n*avatt cessé de faire une «Ufrre nrlininre et presque toujoin-s neun use AniMcuis; il les avait battus, nolannnent a Canete eu lûOU, sur le Bio-Bio, et h Vilinrica en 1674. Parmi les chefs qu'il avait vaincus, se trouvait un métis ncmnié Aionzo Dias, que les Araucans noniiiinient Payiiétiancu, et qu*ds avaient eleve au rang

(*) Vvlah\U^ementAi'Vni/dirn, }n du Chili eut lien le il .'ittnf l'tG-]. C'rl.iil un < onteil de quaUc iiKinlii e^ ou juges 1 1 d Un

Sroriiriiiir fismt. Vaudiructa riait rliat^re e radmmifttiation politique rt iiiilitairede la pruvînre. La (lo'ni'ptiori fiil le premier tiége de ce tribunal (j[ui, ca 1^74 , fui traus- M à aatitiago.

de toqni, dans l'espoîr de rattacher h. leur ciiuse la race, déjà nombreuse à cette époque , des métis issus du cornmeree des Espagnols avec les Gbi* liennes.

Quiroîîa ronser%'a le pouvoir pendant cinq .Huiées; il mourut en l.'>«0, après avoir fondé une ville sur les bords de la rivière Chillan. Gambot qui, à cette époque , fut réintégré dans le gouvernenienl du Chili, s'y maintint pendant trois années, ioujours occupé à guerroyer contre les Arau-~ cens et les Péhuenches O.

V.n t:)83, AI0T170 Sotfnnnvor, marquis (II' \ illn- llermosn , lui nomn^é gouverneur, il poussa lu guerre avec une grande vigueur, et Ôt éprouver de sanglantes défaites aux Araucans; mais il ne démentit pri'^ !a reputa(i<ni de f«'rocité qtie ses prédécesseurs s'étaient acquise. Jous les prisonniers

3u*tl fit pendant les neuf années que ura son administration, furent empales ou pendus; c était une consé-

aucn<e de ce système d'intimidation ont les Espagnols attendaient un effet que le ré.sultat a toujours démenti.

I/ï>;fi:i.:Ti.' f 1 lit ;ilors en guerre nvr-^ rArjfilfUM rc. Francis Druke , amiral anglais, chargé j>ar la reine itlisabeth d'un vovuLie de rirciim-navigatton, s'arrêta à l iie de la Mo( ha le 25 novembre l.')7S. Î,(S r»^l;iti(>ns qu'il «'iitrctint avec les hidicns le uurent a portée d'exécuter un hardi coup de main sur Valparaiso, où il 0)»éra une descente avec tant de prouq)tilude que les habitants eurent à peine le tenq)-» de se sauver. Les Anglais pillèrent la ville et n'épargnèrent pas les "églises. ^Jisabelb accorda , il est vrai , des indemnités aux vii limes de ces déprédations; niais Philippe 11 garda Tariient (Knir lui.

Instruits par cette fiiclieuseexiicriericej les Espagnols apportèrent un plusgranj

(* Noti's n'i'i pnrlé des iVliiicnrIieç, trilai iielli(iiirus(> Je ia luinilie chilienne. Le4 Péhuenches, llioiiisavaMrvtquel«s Araucans dans la %oie de la civilisai ion, vivent Soim des fentes tpi'ils tritisporicnl souvt'ni d'un lien à un anUo. lA-ur principale industrie consiste i élever desbéitiiox (vojr./^ lo).

CHILI

soin à défendre leur côtes; et, lorsque, en 1586, sir Thomas Cavendish fie présenta dans les environs de Valparaiso avec une division de trois

vaisseaux, ils repoussèrent vigoureusement tous les hommes qui voulaient tenter le débarquement, et en tuèrent plusieurs.

tin clirf indien , nommé Quipotan, sT'tait retiré <ians les Andes où il était parvenu à former un corps d'année assez nombreui; mais étant descendu dans la plaine pour y chercher sa femme Janrqni^o, il y fut surjiris et enveloppé par les Espa;;nois, et se lua pour échapper aux tourments delà torture. Janéfftiéo \urù de venger la mort de son mari, et elle tint paro'e. S'étant nn'se à la t^te d'une (li\ision de l'ucldies, elle s'empara de la fortetesse de Puchanqui , dont elle tua le gouverneur Aranda de ses propres Ui.'ijîs; ellebattit lefrèredeSotomavor, envoyé contre elle, et s'établit dans les environs de Villarica, d*où elle inquiéta longtemps le parti espagnol.

Vaincu enfui , après une longue résistance, elle s'enfuit précipitamment, laissant son frère au pouvoir des vainqueijrs. Celui- ci obtint la vie sauve, après avoir promis <pie Janequéo et Ses Puelches déposeraient Je.s armes; mais en ayant lait la proposition dans Une assemblée de cette nation, un chef, indigné de cette lâcheté, le frappa d'un coup mortel.

Les maurs des indigènes du Chili avaient, à cette époque , subi de grands changements. Ivcs animaux apportés par Tes Knropéetts , ( t échoppes à la acnu'sticité, s'étaient prodigieusement tiniltipliës. Les Araucans combattaient à cheval, et possédaient déjà des troupeaux de ho'iifset de moutons. On vit , devant la forteresse de Puren, un chef indien, le brave Cadéguala, charger, à la tite décent cinquante lanciers, les troupes du gouvertieur Sotomayor, et les repousser loin de la place, ('c uiniic Caile;:ii;tla , niofit.nit un superbe cheval qui avait appartenu au gouverneur, s'approcha des remparts de Puren, et détia le commandant en combat singulier. Garcia Aamon, à qui s'adressait

ce défii, l'accepta sans hésiter, et, étant sorti de la place, il vainquit l'audacieux Indien et lui passa sa ianoe au travers du corps.

Sotomayor poursuivit avec succès cette guerre d'extermination jusqu'en 1503. A cette époque, étant tombé dans une embuscade que lui tendit te toqui Paillaéco, il éprouva une perte si considérable, qu'il crut devoir se rendre immédiatement au Pérou pour y solliciter des renibrts. Mais, en arrivant à Lima , il apprit que le gouvernement du Chili lui était retiré, et qu'on en avait investi don Martiu Garcia Onez de Loyola. Ce nouveau gouverneur était neveu du fameux Ignace de Loyola, fondateur de Tordre des Jésuites. Il avait puissamment contribué à Tarrestation du dernier Inca du Pérou, Tupac-Amaru; et, pour récompenser un service aussi important, Vaftrffcjtcia rtnle l'avait nouuué gouverneur du Cliili.

La giierre sembla se ralentir aprèa la nomination de Loyola, diaque parti étant occupé à répairer ses pertes et à se préparer à une nouvelle lutte.

Scrrra bBS iévbiibme.its de la

GUERRE. FAPÉEITIONS HOLLARDAT-

SES (1594-1 «40). Ce ne fut qu'en 1694 que le nouveau gouverneur se mit en campagne. 11 fonda, près du Bio-Bio, Une ville qu'il nomma Coua, en Thonneur de sa femme. Clara-Héatrix Coya était iille de l'Incn Snyri-Tupac.

Ce fut à la suite de ce neveu de saint Ignace oue les jésuites pénétrèrent au Chili. Il s'en établit des collèges à Saritiii^o, à Valdivia, ri Arauco, et auti es villes (•). Ce fut dans le courant de c ette même année l;>i>'l que le capitaine Hawkins, envoyé par la reine Elisabeth, parut sur les côtes du Chili, où, à runjtationde Krancis Drake, il

Silla plusieurs magasins, et s'empara e cinq navires dont il rançonna les propriétahrei. Après œ coup de main ,

(*) Nous donnons plus de détails sur les jéâiiiles duiis notre ÎSolice siir le P.irngiiay «t le Rio de la Plata, qui, dans Tordre dé c(> recutiil, dem èu« placée à la auita dn

Digitizùu by C(.)0^1e

L^LMVERS.

il se dirigea vers les cdtes da Vér lou (*).

Le toqtii que les Araiicans reronnaissaient alors pour leur géiiéml en chef, était un vieillard nommé P aillamachUy robuste encore, entreprenant et brave jusqu'à la témérité. Loyola le combattit en plusieurs rencontres sans avantage décisif. Au moment où F Espagnol se croyait certain de l'anéantir, Paillamachu lui échappait, et rentrait dans les gorges des montagnes où on n'aurait pu le suivre sans imprude^jce.

Las de cette manière de guerroyer, Loyola fit construire deux forts, Tun à Puren, Tniitre sur remplacement de Lumaco, dans l'intention d'observer et de contenir l'ennemi. Après y avoir laissé une forte garnison , il envoya le reste des troupes au'il avait fait venir du Pérou fonder la ville de San-ÎAiis de Loyola, dans la proviuce de Cujo f 1597). A peine le gouverneur 8*éta!t-il éloigné, que Paillamachu revint sur ses pas , et s empara du fort de T,iminro. Celui de Puren serait également toinbé en son pouvoir, si un lieutenant de Loyola , Pédro Cortez , ne fttt arrivé à temps pour le secourir. En apprenant cette nouvelle, le gouverneur accourut sur les lieux, et, convaincu alors de la nécsessité de rassembler ses forces au lieu de les tenir ainsi éparpillées, il lit démanteler les deux forts de Puren et de Lumaco, et raser les fortifications de Villarica et de Valdivia , dont il transporta les garnisons à Angol et à Impériale. Cette conduite aurait eu sans doute un heureux résultat, si Loyola n'en edt {)as détruit I effet par une inconcevable imprudence. Rassuré mal à propos sur le sort des provinces confiées à son autorité, il congédia son armée , et ne garda auprès de lui qu'une soixantaine d'ofllcîers avec les-

Ïuels il vint camper dans la vallée de nrnlavn, sur les bords du Rio-Bio.

Paillamachu, nue Ion croyait caché dans les solitudes les plus éloignées, Pavait suivi de loin. Jugeant le moment ftvorable , il ciMisit deui cents hommes

(*) HawlÛDs, llie observations in his voyage iiitollwtouUiBea, etc. i6aa.

déterminés , et , quand la nuit tat venue, il les conduisit aux environs du

camp. Ces Indiens rusés, pour mieux tromper la vigilance de leurs ennemis , contrefaisaient, en s'approchant , Ws cris des oiseaux nocturnes et des bétes fauves qui ont coutume de rôder pendant la nuit, lis parvinrent ain«^i à entourer le camp sans être aperçus; puis , à un signal donné, ils se précipitèrent simultanément sur ceux qui dormaient en sécurité, et les massacrèrent tous , à Texception de quelques femmes qu'ils emmenèrent avec eux.

A la nouvelle de ce succès , et par les ordres du toqui , les provîm es de l'Arnuranie se levèrent en masse ; la Conception et (^billan , surprises les premières, devinrent la proie des flammes»

tandis que les autres villes étaient investies par de nombreuses divisions ; plusieurs forts détachés furent démantelés-, et les Espagnols surpris hors des garnisons furent tous égorgés. Le sang ruissel.u't de tous côtés, la flamme s'étendait de province en province, et, dans l'excès de leur animosité, les Indiens n'épargnaient pas même leurs propres récoltes. Tant de désastres abattirent le courage des familles espagnoles j plusieurs éniigrèreut pour se retirer an Pérou , et toutes peut*étre eussent suivi cet exemple , sans l*arrivée du général Pédro ne Viscarra , qui amena un corp«^ de troupes assez nombreux pour lui permettre de reprendre l'offensive. Il passa le Bto-Bio, refoula les Arnucniis, et repeupla les villes de Chillan et de la Conception avec les habitants d'Angol et de Coya, Tiscarra était septuagénaire , et peu en état de supporter longtemps les fatigues d'une pareille guerre. Aussi fut-il remplacé , six mois après, par D. Francisco Quinonès, à qui le viceroi du Pérou confia la triche difficile de relever l;i fortune de l'Espagne. Les combats qui signalèrent l'arrivée de ce gouverneur n'amenèrent aucun résultat; mais il y eut une bataille san-

f;iante dans les plaines de Yumpel , où es deux partis é[)rotivèrent une grande perte, ou tous deux s'attribuèrent la victoire, où tous dm enfin égorgèrent

CHILI

leurs {nrisonniers avec un raffinement

inouï de cruauté (octobre 1599). A cette époque, les Araucans étaient

{)arvenus à Tapogée de leur gloire iniitaire. Les armes et les dievaux qu*ils avaient enlevés aux Espagnols avaient opéré une n'volution complète dans leur manière de combattre. Kn effet , peu de temps après la bataille de Yunipel, Paillamacbu fondit inopinément stir In villr dp V;ilitivi;i (fl novpnîbre 1599) avec udc armco ( omj)osce de trois mille lanciers a dievai , trois cents archers , deux cents hommes «ouverts de cuirasses et de cottes de maille, et soixante arquebusiers. Les liabitants surpris n'opposèrent aucune résistance; quatre cents furent emmenés en esclavage; le reste fiit massacré. La ville , livrée nti\ flammes, n'offrit plus, an bout de quelques heures, qu'un amas de ruines. Le butin du vainqueur, outre les prisonniers, fiitestnné deux millions de dollars.

♦Après cet échec , Qtiinonès demanda son rappel , et fut remplacé par le quartter-maitre Garda Ramon.

Pendant qœ le Chili était ainsi le théâtre d'une «guerre d'extermination, les hostilités continuaient entre l'Ks-

Êagne d'une part, l'Angleterre et la bllandede l'autre. Olivier Van Noort, amiral hollandais, vint, en l'année 1600, insulter les cotes du (ihili avec une division de deux vaisseaux et un yadit; il y captura plusieurs navires espagnols richement chargés. C'était le moment où les flibustiers, attirés par l'espoir de surprendre quelques-uns de ces riches galions espagnols qui portaient à la métropole les métaux précieux extraits de ses colonies, commençaient à infester les cotes du Pérou et du Chili. Pour se procurer les rafraîchissements dont ilsavaient besoin, ils relâchaient habituellement à Juan- Fernandez, où ils trotivnient des chèvres sauvages, des phoques, et des aourœs d*une excellente eau (*}.

Garda Ramon ne fit que passer au

(*) Nous nvniT? décrit plus haut l'aspect de Juan-Fernandt'z. Voyez-ea une vue générale prise du cAté du nord, pl, 1 1.

pouvoir. Son successeur, Alonzo Rivéra, s'v maintint pendant quatre années (de 1()00 à 1601). Ce tut dans cette période que les Araucans détruisirent de fond en comble Villarica, Angol, Impériale, Valdivia , Santa-Cruz , Chillan et la Conception. Le siéire d'Impériale fut signalé par le courage d'une Espagnole dont Tnistoire a conservé le nom. Inez A guiléra avait vu périr son mari et ses frères; apprenant que la garnison snni:eait à se rendre, elle s'opposa à ce projet par l'énergie de ses discours et par son exemple. Toujours sur la brèche, elle dm'gea les opérations de la défense jusqu'au dernier moment. Alors seulement elle abandonna la place, suivie de l*évéque et de la majeure partie des habitants.

La cour d'Espagne lui accorda une pension de deux cents dollars. Sa fiile avait épousé le gouverneur iUvéra; mais ce mariage a^ant eu lieu sans l'autorisation du roi, Rivéra fut révoqué de ses fonctions et remplacé par ce même Garcia ilamon qui l'avait précédé. Ramon amenait un puissant renfort de troupes nouvellement arrivées d'i^urope; mais le toqui Iluénécura, nui commandait alors les Araucans, nattlt ce corps, et le détruisit complètement.

Tant de d( sa^tres appelèrent enfin la sérieuse attention de la cour d' Espagne, et le roi ordonna, en 1608, que l'effectif de Tarmée d^observation sur les frontières de l'Araucanie serait maintenu sur le pied de deux mille hommes; que la ^ice-royauté dii Pérou oontribuerait à Pentretien de ce corps pour une sonune de 292,279 dollars (1,461,395 francs); et que l'audience royale serait rétablie à Santiago. Cette ville, éloignée du (iieàtrc de la guerre, avait déjà, a cette époque, acquis Tîm* port a née convenable à son rang de capitale (*).

Ramon obtint quelques succès sur le toqui Huénécura. La mort le surprit au milieu de ses victoires, le lO^aoÛt 1610. Don Luis Merlo de la Fuente,

(*) La Conception et Coquîmbo lui ont, depuis f disputé ce tilro.

L'UWIYERS.

son successeur, eut h combattre Aillavila second, l'un des meilleurs rapitaiues araucans. Sous radiuinistration de don Juan llanMiiiéniada , qui trait remplacé Merlo, leroid*£spagne, alors Philippe III, envoya au Chili Luis Valdivia, chargé de né^çocier la paix avec les indigènes, et de leur proposer la concession du territoire méridional depuis l'nrchipel de Chiloé jusqu'au fleuve Hio-Hio. Valdivia échoua dans cette entreprise par suite de Tirrîtatlon que eatisa au toqut Aneanamon la fuite de sa femme qui vint se mettre sous la protection du jonvprneur. C'était u»ie Kspagnoie enlevée qui avait converti à la religion catholique les deux fliles d*Ancanamon et deux de ses concubines, et s*était en*

fuie avec, elles.

Les Hollandais se montrèrent de nouveau, en 1615, sur les cdtes du Chili. L'amiral Joris Spiliiergen débarqua sur l'île Santa-Maria, ainsi <ju'à la Conception. Dans l'une et I autre place il incendia plusieurs maisons, et enleva des moutons, du blé, de Torge et autres provisions. Ccei se passait sous le gouvernement dWlouzo Aivéra qui avait été réintégré au pouvoir depuis quelques années. Ce fut lui qui uitroduisit au Chili les hospitalifTs de Saint-Jean de Dieu , qui oheissaietit à un commissaire dépendant du provincial du Pérou , et avaient la direction de tous les hôpitaux. Rivera mounit en 1617, et fut reinpîaeé parîfcriKuidoTal iver;ino, qui se retira dix mois après, pour faire nlace a Lopez de Ulloa. Les revers uueramiéeespanoie éprouva sous l'administrabon 'Ulloa furent si grands qu'il en mourut de chagrin le 20 novembre 1620.

Christophe de la Cerda Sotomayor, auditeur principal, don Pédro Sores de lillon y Léma, chevalier de l'ordre d'.Mcantar.i , ( tdon Francisco de Al. i va y ISoruena furent successivement nommés gouverneurs du Chili depuis 1621 jusr^u en 1635, et SOUS leur administration la guerre continua avec If int'^me acharnement. Les deux derniers eurent, en outre, à surveiller les opérations d'une flotte hollandaise, commandée

par Jacques ITIermite, qui croisa pendant huit mois sur les côtes du Ciiili, et causa de grands dommages au commerce espagnol. A Francisco de Alava succéda un neveu du vice-roi du I^Tou, don îjtis de Cordova , qui conserva l'autorité jusqu'en Ifi.'îO. II fut le premier à permettre aux créoles, descendus des concpiérants espagnols, l'ae( ès aux fonctions publiques. Sous sou adim'nistration, la guerre continua avec le même caractère de férocité et la même opiniâtreté. Le nouveau toqui s'appelait alors Putapiehon; c'était un jeune homme plein de hnvoure et de capacité, qui, dans son enfance, avait été esclave des Espagnols.

Don Francisco Lasso de la Véga , ni avait servi avec distinction pennnt lesizuerresde Klandre,fut nommé ouverneur du Chili en remplacement e Alava. Le p^rti espagnol fondait de grandes espérances sur ce choix, mais pendant la première année la fortune ne lui fut pas favor.ihle. Le quartier-maitrc de l'armée fut battu et tué dans une embuscade où Putapichon l'iivait attiré; les Indiens auxiliaires eux-mêmes avaient, dit-on, trahi en cette circonstance. L'année suivante. Lasso de la Vésa prit une éclatante revanche, et Ut éprouver aiw Indiens des pertes ronsiderahles. Deux de leurs généraux, Qtiéropoante et Longomilla, quipartaueaient avec Putapicnon le commandement suprême, périrent dans cette lutte. Depuis cette époque jus(|u'en IG IO, les és enements de la gtierrc n'oflrent plus aucun intérêt. C'est une suite non interrompue de sièges, de surprises, d'embuscades et de massacres, où la fortune passe alternativement de l'un à l'autre camp.

L'historien Tessillo en a rapporte les détails, et son livre n*est, en quelque sorte, qu'un journal que les limites de cette notice ne nous [)enn»'ttent pas de reproduire Ch On vit ncanmoiaa,

(•)Tc«i1Io, nnemi de Chîîc, causas de

$ti (liii iirioji médias pni asu fin i \i'rn|iliii( ado en cl gnvieriio ili* »lon Francisco Ijisso de la Ycga. per v\ inae.sU'o de caiii|H> Sautiago de Tessillo , etc. Madrid, 1647.

CHILI

pendant cette période, un assez prand nombre d'ulmenes, dont les enfants et les femmes avaient été emmenés en GaptiTité, faire leur soumission afin

de racheter leurs familles. De son côté, le roi d'Kspasne afrrrinchit les Indiens soumis des services personnels

3 ui, jusqu'à ce jour, avaient été exigés *eux dans kes commanderies.

Traité de paix de Quillepï;

rïOUVF.Ll FSF.XPÉDITIOIVS HOLLANDAI- SES ( I04U- 1665). Le marquis de Baydas, don Frandsco Lopee de Zuniga, nouveau f^uvefneur du Chili, conclut

enfin cette paix dont les deux pnrtios belligérantes avaient un égal besoin.

Il en jeta les bases dans une entrevue qu'il s'était habilement ménagée avec Lincoplchion, alors genéml en chef des Araucans, et la rntilicntion en fut faite solennellement, avec échange de prisonniers et sacrifice de plusieurs lamas, dans le village de QuHlen, dépendant de la provifti-e de Puren. Par ce traité, il lut convenu que If Meuve Bio-Bio servirait de limite aux territoires espngnol et araacan, le premier Ters le nord, le <;eeond vers le sud.

Les déserteurs devaient T-tre rendus de narl et d'autre; les forts d'Arauco et de Paicavi , sur le territoire des Indiens, devaient Hre évacués par les Kspagnols. I^es missionnaires niirnient la liberté de prêcher la doctrine clirettenneaux Araucans, et reux-ci, quoique libres et indépendants, reconnat* traient la suzeraineté dti roi d rspa^fie. Cette dernière eondilion avait surtout pour objet de jjrevenir les envahissements dfes nations européennes alors en cuerre avpc In métropole. De ee nombre était la Hollande, dont l.i marine inquiétait fortement le commerce espagnol. En 1643, Tamiral Hendrfck lîrouwrr s'anproi ha des cotes du Cliili dans l'intention d'y contracter allinnce avec les Indiens indépendants. Son escadre se composait de quatre vaisaeaux et d'un yacht. Mal reçu d*abord

Sar les indigènes de Chiloé", lîroiiwer éharnua plusieurs conipa;:nies dans cette Ile, et y lit eideverdes hommes et des bestiaux. De là, il passa sur le continent et pounuifit le eoiirs de ses

déprédations pendant plusieurs mois.

Il revint ensuite à Chiloé, dans le port qui portait alors sou nom , et qui est connu aujourd'hui sotts celui de San-Carlos. Il y mourut le 7 aodt , et fut enterré un mois après à Valdivia.

Elias Harckmans, qui lui succéda dans le commandement de l'expédition ^ lit voile immédiatement pour la rlfière de Valdivia ; et là, plus heureux que ne l'avait été lîrouwer, il réussit à réveiller l'antipathie des naturels du pays eontreles E8pa;;nols; il contracta m(^ine an traité d*alltance avec ces Indiens, mais sans obtenir aucun avantage décisif. Le 18 octobre suivant, il s'éloigna des côtes du Chili (*).

La paix de 1640 dura quinze années sans interruption, pendant les-

3uelles Lasso de la Véga et Martin e i!^Iu.\ica se succédèrent au pouvoir.

Rerowkllehent dës RosTttirés;

PAIX DP. Nér.p.KTE; fom)atio?î de PLUSIEURS VILLES ((<>•>•>- 1 76G ). Si

la domination des Es|)agnols avait paru intolérable aux Chiliens^ fl en fut

bientôt de même de leur voisinage.

Les premiers cherchaient constamment à empiéter sur le territoire des indigènes; tantôt c*était une maison de plaisance qu'ils demandaient à y construire; d'autres maisons s'élevaient auprès et formaient un village, puis un nourg , et alors il fallait bâtir

une forteresse |><)iir la sdreté des lia* bitants. Tari! »! ( 'cl ait une concession de terrain (Icin hidce par les jésuites en faveur de leurs néophytes. Ces religieux élevèrent ainsi successivement phisieurs bon ruades de qticique importance : la Mociia, Santa-Juana^

O Après «voir rappelé suceinrk'mrnt les princi|NiIfS expédilinns nnpiaivs d liollaaaaise», il dous resto à indiquer les stiuit^ éiixquellps on pmf puiser pour obienir plas de détails sur rcl ol)j»'( : t's vo> npp.s,

volume IIl*"; rollechiin (les voyages, de Cliiirchill, toni. f'; TesNillo . Ouerra de Chile, etc. ; Miroir oost Kt west Indical , etc. Ams- Irrdnni, ifiai; Hi iidiik<; î'rmnvri \fnngie, elcAmst., 1 643; hume) '»voynge, etc.; Hiltoira du Chili « par Jean lancx ( holl.) , Amsterdam, 1619.

L'LMVtKS.

Snnta-Fé, San-Ciiristoval et San-Pédro. La nouvelle religion , en im|>ofiaot à ses adeptes la monogamie, Tégalité des sexes et le pardon des injures , heurtait do front les antiques préjugés de la nation des Araucans, et c'était pour ceux-ci uu motif de plus de haine et de jalousie.

En 1055, sons l'administration d'Antonio Acugna , les indigènes coururent aux armes , et , guidés par le ^oqui de la province maritime ou Lauquen- Mapu, ils s'emparèient des forts d'Arauco, de San-Pédro, de Coirura, de San-Rosendo, d Kstancia de! lleyet de San-Christoval. Ils battirent le gouverneur Acugna lui-même dans les plaints d'Yumbel, incendièrrnt la ville de Chillati , et soutinrent bravement les efTorts des Espagnols sous les deux gouverneurs qui succédèrent à Acugna, Pédro Porter de Casanate et Francisco Ménésès. Ce dernier enfin leur fit éprouver de sanglantes défaites; il rebâtit la plupart des forts et des villages qu*ils avaient incendiés, et gouverna avec éclat jusqu'en 1668.

A cette époque il fut defxxsé par le vice-roi du Pérou , pour s\;tre marié contre le bon plaisir de YawUeneia reale. L'année suivante, on vit paraître sur les côtes du Chili une expédition anglaise aux ordres de sir John Narborough. Elle relikha successivement à iSostra Senoradel Socorro,au golfe de Santo-Domingo et ;i \ ;il(iivia, mais sans pouvoir communiquer avec les habitants. iXarborough perdit même son lieutenant et trois hommes qui furent faits prisonniers. Le flibustier Barthélémy Sharp s'empara de Coquimbo en l(k>0, et livra cette ville au pillage.

Les hostilités avec les naturels continuèrent jusqu'en 1724 , année où le ouverneur, Gal)riel Cano de A^)onte, t sa paix avec eux. Le traité tut ratifié dans la ville de Négrète C). Il y

(*) Nôgi'èle , où se passent ordinaîremeat

les transaclion^ entre les Espagnols et les Araucaus, est siluée entre le Uin-I)ii([ii,'ro et le Ilio-Ctilabi, deux atlliieiUs du Jîiu )'>io, par 370 lu' de lat sud et 73» ao* de long, oocideutak.

fut stipulé que les clauses du traité de Quillen seraient maintenues, et , de plus , que les Espagnols supprimeraient les capitaines de paix, magistrats de cré ition récente qui , sous prétexte de veiller aux intérêts communs dans les vîlla^ où les missionnaires s'étaient établis, commettaient de graves abus d'autorité, et vexaient les Indiens de mille manières. Cano de Aponte mourut à Santiago en 1728, après avoir exercé pendant quinze années les fonctions de gouverneur. Son neveu, don Emmatuirle Salamancni, lui succéda par disposilioQ du vice-roi du Pérou; mais ce choix ne fut pas confirmé par le roi , qui nomma à ce poste don José Î^Lmso. l es instructions du nouvcnti gouverneur lui prescrivaient de se borner a rassembler les Indiens soumis et ceux qui voulaient vivre en paix , tX à les réunir en société dans les villes qu'on leur InUiraient, ou lieu des'épar-

Siller dans les campagnes. Manso s'aonna avec ardeur a rexécution de ces ordres, et fonda, en 1742, les terres oti bourgs de Copiapo sur la rivière du méuie nom; Aconc^igua, dans une vallée du même nom; San-José de Lo-> grono, aussi appelé Melipilla, près du Blaypo ; Rancagua , ou Santa-Cruz de Triana, simple hourgade à 26 lieues sud de Santiago; San-Fernando , ou Colchagua , où vint s'établir promptement un collège de jésuites ; San-José de Curico dans la province de M aide; Talca, chef-lieu de la même province; Tutuben et Angelès. En récompense de ses services, Manso fut nommé vice-roi du Pérou en 1746. Don Domingo Ortîz de Rozas, marchant sur les traces de son prédécesseur , fonda Sainte-Uose sur le Rio-Quillota, Guasco-Alto sur la rivière du même nom, Casablanca sur la cote de la province de Quillota, Rella-Isia, Elorida, Cou- Icmu et Quirigua (17Ô3). 11 envoya enfin une colonie dans nie déserte de Juan-Fernandex. Én 17i>4, ce gouverneur retourna en Espagne, et y mourut. Il fut remplacé par don Manuel A mat, qui fonda une ville près de la source du Bio-Bio , et la plaida sous rinvocation de sainte Barbe; il y fit

CHILI

construire également Talcamavida H Giialqui sur la frontière du territoire araucaii. La \iile de la Conception avait été incendiée par les Indiens, et détruite plusieurs fois |);ir des tremblements de terre. Le 1*1 novembre 1764, les habitauts se retirèrent entre le fleuve Bio-Bioet la rivëre AndalleD, et y fondèrent la ville de Mocha, ou Houvelle-Conception.

Gl'ehbe de 17(»G; paix de San- TiAGO(l766-1786). Don Antonio Guill Gonzaga, voulant faire plus encore

3ue ses prédécesseurs, conçut le projet e contraindre les Arimeans eux-mêmes à se construire des \ iiies. Les moyens

3u*il devait employer pour cela étaient e deux sortes : la persuasion et la force. Le soin de la première devait être confié aux missionnaires et aux chefs des Indiens soumis ; en cas de nonréussite, lui-même se réservait Texécution de la seconde. Les Araucans, informés de tous ces détails par leurs espions, convoquèrent leurs ulmèncs, ainsi que les principaux d*entre leurs fnierriers, en conseil national, pour délibérer sur ce qu'il y avait à faire en cette circonstance. Les contraindre à abandonner leurs champs, leurs prairies et leurs forêts, pour s'entasser dans des villes, c'était porter une j^rave atteinte à leur indépendance, c'était insulter à la mémoire de leurs pères et aux mœurs de la nation. La délibération fut digne de ce jieuple sérieux et résolu. On y convint (jue, dès les premières ouvertures qui seraient faites par les Espagnols , on tenterait de traîner Tafiieure en longueur et de gagner du temps par des promesses équivoques; puis, si les Européens insistaient trop tortemeut, on leur demanderait tes mstruroents et les matériaux nécessaires à la construction des villes; que, s'il le fallait ensuite, on en aj)pellerait à la force des armes, mais seulement dans les provinces dont les habitants seraient requis de travailler, tandis que les autres offriraient leur médiation, et que, dans le cas oii cette médiation ne serait pas acceptée, on en viendrait à une levée génârale. H fut convenu de plus que les missionnaires ne seraient

point insultés, mais qu'ils auraient la liberté de se retirer tranquillement, et enfin l'assemblée procéda à l'élection d'un toqui général. Le choix du conseil se porta d'abord sur Antiviln, apoulniènc de la province de M.Kpiégua; mais celui-ci ayant fait observer que sa tribu était comprise parmi celles qui ne prendraient pas les armes, s'il n'y avait pas lien d'en venir n une levée générale , les suffrages se portèrent sur Curignancu , appartenant a la province d'Angol.

Les choses se passèrent ainsi que les Araucans l'avaient prévu. A la première intimation , les Indiens opposèrent des moyens dilatoires et des réponses cvasives; ils demandèrent ensuite des outils et tout ce qui leur était nécessaire pour exécuter les travaux qu on exigeait d'eux ; mais quand on eut rassemblé sur les bords du Bio-Bio les hommes de quelques-unes de leurs tribus pour y fonder une ville, ceux-ci rejetèrent au loin les outils qu'on leur avait apportés, et coururent à leurs lances. Les Espagnols surpris n'opposèrent qu'une faible résisUmee, et furent pour la plupart égorgés. A cette nouvelle, Gonzaga, profondément Ir^ rité, refusa la médiation que lui offraient les tribus neutres, et entra immédiatement en campagne. De leur coté, les Araucans se levèrent en masse à la voix de Curignancu , et la guerre recommença avec les mêmes alternatives de sua^^is et de revers, et la même férocité ^ue les précédentes. Gonzaga n*oniit non pour dompter une résistance aussi opiniâtre; plus heureux même dans ses négociations que dans ses combats, il détncîia les montagnards péhuenclie:> de la cause nationale, et contracta avec eux un traité d'alliance offensive et défensive. Fidèles n cet enjLçagement, les Péhuenclies envoyèrent à Gonzaga une forte division d'auxiliaires; mais Curignancu fit tomber ce corps dans une embuscade et le tailla en pièces. Dans cette action , Coligura, général des Péhuencbes, fut fait prisonnier ainsi que son lils, et tous deux furent mis à mort jpar les ordres du toqui des Araucans. Cet évé<

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nement,qni aiirnit i]ù établir une haine éternelle entre ces deux nations, servit au cuntrairc a raïueuer la bonne harmonie pamil elles, et, depuis lors, les Araucnns n'ont pas eu d'alliés plus fidèles, et les Kspagnolsd'enneniis plus acharnés. Déia malade et souillant, Gonzaga ne résista (MS au chagrin que ces événements lui causèrent; il mourut en 17C.8, et fut remplacé par François Xavier de .Morales.

1^ historiens mentionnent encore, 88ns en donner les détails , une affaire sanglante qui aurait eu lieu en 1773.

Lasses enfin de cet état de guerre, les deux parties belligérantes convinrent d*une trêve, et se rapprochèrent ensuite pour en venir à un arrangement délinitif. Curii;nanru, pour première condition de la paix, demanda 1" auc les plénipotentiaires se réunissent à Santiago; 3** ((ue, pendant la durée de la paix, la n.itiiui des Araucans eut la permission d entretenir a Santiago un «nniblre ciiarge. de la représenter et de défendre ses droits et se^ intérêts. Les chefs de I armée espaisnole repoussèrent d'abord ces propositions avec indignation; mais le gouverneur leur ayant fait observer que la présence du ministre araucan serait un excellent moyen de s'entendre désormais et d'éviter réciproquement de n(»nveaux motifs de collision, ils (luirent par céder. Les traités de Quillen et de Négrète furent donc ratitiés de nouveau à Santiago, et Curignanen , nommé nn'nisfre des Araucans dans cette ville, s'installa au collège de Saint-Paul, autrefois occupé par les jésuites.

Mateo de Toro Zambrano,qui, deux fois déjà, avait occupé par intérim le poste de gouverneur, avant Tinstallation de uonzaga et après sa mort, y fut appelé une troi>ieme fois par disposîtmn de l'audience royale, et remplacé presque immédiatci'nent par don Augustin de Jauregui, chevalier de Santiago, qui, en 1782, fut appelé à la vice-royauté du Pérou. l)nn Ambrosio de Hénavidès, qui recueillit sa succession, tenait les rênes du gouvernement à l'époque où écrivait Tbisto* rienlloiiaa.

Administration d'Ambr. O'Hifi-

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