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L'OCEAN. M

est condamné à être penAi} êff^ il est aux pieds de la potence t un ordre da

roi arrive.

« Convaincu du crime de ré»

bellîon, d'abus de pouvoir et de for* faits sans nombre , Patrick , le comte des Orcades, fut exécuté à Edimbourg, en 1614. J'ai vu dans le musée dés antiquaires de cette ville, dit M. Mercey, finstrument de son supplice. On l'appelle the maiden (la vierge); le criminel mie la maiden allait mettre à mort s agenouillait sur un échafaud, fe corps courbé en avant, la téte placée entre deux poutres peintes éa noîr, au haut desquelles était suspendue une hache tranchante , chargée d*un énorme lingot de plomb. Cette hache était retenue par une corde passée dans une poulie. Le bourreau lâchait la corde, In hache glissait le long d'une double charnière .entre les deux poutres, et séparait a*ttii seul ooop fa téte du tronc. On voitoae la maiden n'était antre chose que fa guillotine.

Le relent Morton , le dernier de ces terribles Douglas, l'orgueil et l'cflroi de leur pays, avait fait venir d'HaliftiT, dans le comté d'York , à Édimbourg, la maiden. On s'en servait à Halifax de ternes immémorial , et Morton, qui regardait la tenwur comme le plos sûr des moyens de se mainteoir'aH pouvoir, n'eut G;arde de négliger uQi aussi re(loiital)le invention, u

On reconnait partout dans ce ré* oH, où la fiction occupe al peu place qu'on pourrait aire que tout en est vrai, la trace des mœurs demi-sauvages , demi -chevaleresques , de ses anciens Morwégiens , les pr^ miers maîtres des Snetlaad etdsf Orcades, et des Danois leurs successeurs; mœurs dont nous avons essayé de donner une idée dans la partie historique de la précédente notios* Ces traits caractéristiques sont encore plus saillants dans les innoutbrables superstitions encore en crédit parmi ie§ SbeHandais.

Il est vrai de dire qu'au nombre dt ces dernières il en est qui ont leur origirje dans les conditions mêmes de leur exi&lencc. Ceiit ai^^ ^|Uâ jusr

L*UKITER8

qu'au dix-huitième siècle ils se sont refusés à porter seopurs à un noyé , prétendant que celui-ci portait maloeur à son sauveur. Il est proba- Ûe, en effet , que cette barbarie servit d'abord d'excuse pour laisser périr des malheureux naurraféa dont les dé* pouilles , jetées sur le rivage, apporte» nnient aux Shetlandais à titre d'épaves. Tout iiorrible que soit ce calcul, qu'on nous accusera peut-être de prêter gratuitement à ces insulaires, noos y croyons d'autant plus qu'il est incontestable que plusieurs îles de cet archipel sont tout à fait déchues depuis

Se rétablissement de phares dans irs parages y a rendu les sinistres moins fréquents. D'autres croyances ou pratiques superstitieuses leur sont évidemment inspirées par leur genre doTie. La pêche étant (euroecupation favorite, ils ont dd^, dans leur ignorance, épier Ips moindres inrideiits qui avaient précédé ou suivi une course plus ou rooms favorable , et en faire des pronostics infaillibles.

C'est ainsi que le plus habiie devin est appelé à prédire, d'après les nœuds du bordage d*un canot , si la pêche sera fiivorable ou non. Qnand ils partent, ils évitent soignensement la rencontra de quelque personne que ce puisse être, a moins que ce ne soit quelqu'un qui ait depuis longtemps la réputation d'être heurenx. Lorsque le bateau a été mis à Ilot , on pense qu'on ne pourra le faire tourner avec sûreté qu'en suivant 1er cours du soleil. Marcbcr sur une pfnoMle ou être questionné sur ce 4U*on se propose de faire, sont de suffisants motifs pour ne pas se risquer à la pêche, line fois en mer, les précautions redoublentde sévérité : malheur à qui prononee le mot de mMsire ou celui ae chat, ou qui manque à se servir du vocabulaire spécial . de l'argot , inventé pour ces occasions; il perd tout le irttît des bonnes firomesses du devin.

On peut assigner la mcme origine à leur respect pour les femmes vertes, pour ià JiUe aux maitii rouges j pour ies voyanis, les sorciers , les airnies, Isa tiiMri, qoa nous afons nomméi»

sortes de génies familiers qui habitent lescollînesetles cavernes, et qui, pour délibérer sur les méchancetés qu'ils méditent, se réunissent de préférence dans les lieux où le sang a coulé. Enfin , il n'est, pas jusqu'au paradis luimême, à la porte duquel , en dépit du • catholicisme et de la reforme, les Shetlandais n'aient placé un portier taillé sur le modèle de THeimdal aux dents d'or, qui veille à la garde du Valhalla, le paradis Scandinave.

Parmi ces croyances bizarres , en voici une d'autant plus plaisante que les pauvres Shetlandaises, menant une véritable existenoe de liêtes de somme, ne valent guère que le diable s'occupe d'elles. Brownie, le patron de l'agriculteur, a perdti presque tout son crédit. Les fees et ies esprits ont leurs coudées franches, et on ne saurait dire combien ils font de mauvais tours aux pauvres Shetlandais qui les voient très-bien voltiger çà et là sur leurs têtes, montés à cheval sur un roseau. Il n*y a pas de jour , pas d'instant dans une Journée, où quelque noble et riche princesse ne se trouve en mal d'enfant ; une Shetlandaise est donc sûre d*aoco.ucher à la même minute qu*une princesse, nMmporte laquelle. L esprit s'empare alors de la partie immatérielle de la paysanne destinée à allaiter l'heureux prince , et la partie maté« rielle reste au logis, pftie, inerte, sans volonté, sans existence extérieure, jusqu'à ce que la sorcière ait conjuré l'esprit et l'ait forcé à remettre la partie spfritttdie en -son lieu et place, sauf au jeune prince à s'accommoder d'une nourrice moins extraordinaire.

De tous les usages de leurs ancêtres ies Scandinaves , celui qu'ils ont conservé le phis religieusement est la danse connue sous le nom de dante dusahrp, et qtii est encore pratiquée dans la petite île de Papa Stroum.

"Walter Scott l'a décrite dans sou Pirate. Gomme toutes les choses de ces temps reculés, elle est plus symbolique que carastéristique : les danseurs sont au nombre de sept, tous hommes, et chacun d'eux rennsente un deseham* pions du cathoudame, tel que saint

DJËS 1L£S D£ LOCÉAN.

George d*Âng1eterre , saint Denis de France , saint Patrick d'Irlande , etc.

Saint George est le maître du ballet, qût consiste en diverses passes de sa- £re, tantôt en arrière, tantôt en avant, mais qui n'ont pas , comme la pyrrhique des Grecs, le mérite de représenter un combat ou une action dramatîqoe.

induiMe, Commerce, Ce peuple si

mallieureux , si ignorant et si snperstitieux, n'est "pourtant pas sans industrie. Il fabriquait, pour sa consommation , des draps grossiers , des toiles communes , des bonnets et des gilets de laine, avant de savoir apprêter les peaux de pboque , dont il compose les harnais et m couvertures de ses chevaux. Les Shetlandais tricotent des bas si fins, que quelquefois on

Eeut les faire passer au travers d'une ague.

Le commerce de ces tles n*est pas très-étendu, comme on le pense bien.

Le plus important et le plus continu est celui qui se fait autour des bâtiments pécheurs qui s'aj)prochent des côtes. Il consiste principalement en échange de matières ou d'objets fabriques ; on remarque surtout , dans ces transactions, le talent que déploient les Shetlandais pour appitoyer les chalands. Ils commercent aussi par l'intermédiaire des stewards, qui en ont tout le profit. Ils exportent ainsi environ mille tonneaux de morue sèche on salée et d*autres poissons; cinq cents tonneaux de soude , extraite du varech, de l'huile de baleine, des plumes d'oiseaux rares, et enfin différentes espèces de peaux. Dix navires,

jaugeant ensemble sept cent soixantehuit tonneaux , suffisent , année commune , à ces exportations , qui ont principalement lieu pour Leith , Lon* dres, Dublin et Barcelone, d'où ils rapportent du blé , de la farine d'avoine, des liqueurs spiritueuses , des tabacs, des étoffes, des outils, des qoîneailleries, etc., etc.

Espérons gu*ttn jour rhcrédité du fief sera abolie sur cette terre désolée, et que la chétive population de ces douze paroisses, à défaut d'un soleil plus vivifiant et d*aile terre ph» fé»

conde , trouvera dans la justice et la libéralité de la mère patrie ce qui assure la prospérité des nations, la liberté et les lumières de la civilisa* tion.

Nous sommes obligé , faute d'es-

f)ace, de terminer ici cette notice sur 'archipel des îles Shetland. C'est à regret ^ue nous avons négligé une foule ae détails intéressants, réunis dans les matériaux qui nous ont servi de guide. Ceux de nos lecteurs qui seraient curieux de les connaître, pourront consulter avec fruit Laing, Beliii, Edmonstone, Mihbert , Pennant, {Jrctic zoologij) ; le grand dictionnaire géographique de Picquet, Malte-Brun, Finlertoo; VEncyciopidie britannique y au mot Sheuana; Biot ^notice déjà citée et insérée dans les Mémoires de i J codé mie des sciences): John Ross {Premier voyage a la recherche tTim passage au nord-ouest^ 1818); Fréd. Mercey (article publié dans la Berup des d'eux mondes) j et Waltec Scott dans son Pirate,

L'UiSIVERS

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