‹ L'UniversChapitre 45 sur 60 · MO&UB VERTE · texte numérisé non relu

MO&UB VERTE

MOaUE .SÈCHE.

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La pèche de la morue n'est pas la seule ressource qu'offireot les parages de Téarre-Neuve. On y foit aussi la chasse aux phoques qui , pendant Thiver, viennent en troupes nombreuses prendre leurs ehats sur les champs de glaces ou pntkies, formés le long des rt?a|^es de Ttle. Autrefois on y prenait aussi la baleine; mais on a renoncé à cette p^e qui est beaucoup plus chan-

ceuse, et dont les périls effrayaient des gens accoutumés à des traTanz plus p u iGques.

Terre-Neuve, par son importance commerciale et politique, méritait sans doute une description plus détaillée

2 ne celle qu'on vient de lire; mais les ornes que nous nous sommes impoli*) Publié par le libraire OuiUaumiii.

DES ILES DE L*0GEA1T

sées nous ont obligé à une concision contre laquelle protestait notre désir

de faire connaître ù nos Iprtnirs une île si intéressante. Il nous reste encore Quelques mots à dire sur les possessions firaiicalses voisines de la oolonle britannique.

Saint-Pif.rbe et Mîqtielon. Voici la description que Cassini donnait, en 1770, des îles Saint-Pierre et Mique- Ion:

« L'île Saint-Pierre est fort petite :

elle n peut-être deux lieues dans sa plus grande lonfrupur. L'île .Miquelon est un peu plus grande, et peut avoir environ ci no lieues. Saint-Pierre est néanmoins le chef-lieu de la colonie ; la bonté de son port y attire un plus grand nombre de bâtiments et y a fixé la résidence de son gouverneur : cette seule raisor) peut avoir décidé son choix, car l'île Miquelon, sulvntif ce que l'on m'a (lit, serait beaucoup plus agréable à habiter. On y vante les ag^réments d*une plaine , espèce de prairie ou de pelouse d'une lieue de longueur, où Ton peut jouir du plaisir de la promenade. On n'a pas à beaucoup près le méuieavantagc a Saint-Pierre, qui n'est u'un amas de montagnes, ou plutôt e rochers escarpés, couverts en mielues endroits d une motisse aride et 'autres mauvaises herbes, tristes fruits de la stérilité d'un sol pierreux. Je me suis quelquefois enfoncé dans Ttle Saint-Pierre pour y prendre connaissance du local et en examiner les productions; je n'y ai trouvé que montagnes qu*on ne peut escalader sans danger ; les petits vallons qui les séparent ne sont pas plus faciles à parcourir : les uns remplis d'eau forment plusieurs lacs; les autres sont embarrassés de méchants petits sapins et do quelques bouleaux, les seuls arbres, a ce qu'il m'a paru, oui croissent dans ce pays; et même, dans toute la partie de rile que j'ai parcourue , je n'ai pas trouvé un seul arbre qui eut douze pieds de hauteur. L^tle Miquelon est un peu mieux fournie en bois.

« On peut juger par ce détail du

f)eu de ressources que l'on trouve pour a vie dans ces pajrs où Ton ne peut

semer aucun grain , où Ton est obligé . de tirer de France les moindres provisions. I,es habitants ont établi leurs habitations daiia une petite plaine, le long du rivage. Ils ont de petits jardins où Us cultivent avee peine quelques laituds, qui ne parviennent jamais aune p/rfaite maturit»^, mais qu'ils mangent avec délice lorsqu'elles sont encore toutes vertes. »

Depuis l'époque du vovage de Tillustre savant, la situation de ces ties s'est améliorée. Le progrès se fait surtout apercevoir dans la petite Miquelon, où l'on comptait, en 1831, huit établissements agricoles, vingt-huit cbevaui, trois cent quatre-vingts bœuiil ou vaches, quatre cents moutons ou chèvres. La population de la ville était de huit cents individus sédentaires et de deux cent vingt^cinq marins, en tout mille vin^t-cinq.

L'ile de Saint-Pierre est située par Ô8*'3â de longitude ouest, et 46»46 30" de latitude. Pendant cing mois de l'année, on y est enveloppe de brumes épaisses, qui laissent rarement voir le soleil, et, pendant cinq mois, la neige couvre presque toujours la terre : septembre et octobre, quelquefois novembre, sont très-clairs. Dans les beaux jours, on voit [larfaitement les entes de Terre-ISeuvc, qui sont a huit lieues dedistance, et la monla^uedu Cha/jeau roiuje, qui en est à seize. Pour toute défense, la ville a cinq gendarmes, et trente honmies embarqués sur le Stationnaire; en outre, il y a une petite pointe de terre, nommée Pointe aux cano?is y entourée de fagots et de gazon , d'où percent trois pièces d'artillerie, servant à rendre les saluts aux bâtiments étrangers qui entrent ; les Anglais, dans leurs traités, nous défeniiai( lit d'en avoir un plus grand nombre. Les maisons, bâties toutes en bois, sont pour la plupart faites à Brebt. Celle du gouverneur est la plus belle; elle a un étage et des mansardes ; on y arrive par un tapis de ga* zon, entouré d'»me palissade à hauteur d'appui, et traverse par une allée qui conduit au perron : quatre pierriers en défendent rentrée. Les armes dt

iS2 L'UNI

France sont peintes sur la porte, et entourées de tonneaux, d'ancres, pic. , ce qui lui donne nsscz l'apparence d'une enseigne de bureau de tabac. 11 ) a une église et un hônital, où les malades sont soignés par des sœurs de Saint- Jo&epli; (jnciques l)oiiti(|UPS, trois billards et un calé, où se tiennent ordinairement les officiers de marine.

C'est un triste séjour pendant rhiver. Toutes communications sont interceptées, non-seulement avec TEurope, l'Amérique et Terre-IVeuve, mais encore avec Miquelon et Langlade (petite Miquelon). La chasse est la seule distraction qu*on puisse se procurer alors; mais vers la fin d'avril arrivent les bâtiments de p<*clie. J^es Basques sont iienéralement les premiers arrivés ; la division de guerre y vient vers la moitié de mai, commandée pnr une corvette. On y envoyait anciennement une frégate , mais oh y a renoncé, les petits bâtiments étant plus commodes dans ces parages. Le commandant de la division est aussi inspecteur des îles, et il expédie ses l)àtiments sur différents points de Terre-Neuve, pour protéger nos pécheurs contre les An* glais, s'il y avait lieu; il s'y transporte aussi, et retourne en France vers la fin d'octobre, laissant une goélette qui ne peut en uartir qu'après les derniers bfltiments de pêche, vers la fin de novembre.

Depuis le mois de mai jusqu'à celui d'octobre, Saint-Pierre est trcs-vivant : an grand nombre de bâtiments nommés' bantiuiers , parce qu'ils font la pécbe sur le Grand-Banc , viennent y sécber leurs morues. Ceux de tçuerre, soit français, soit anglais, y viennent ulusieurs fois, et le gouverneur a toujours à sa table des officiers qui lui font oublier l'ennui de l'hiver. Les bâtiments de la station de la Havane • quittent cette ville pendant l'hivernage ' et remontent jusqu'à Saint-Pierre, où les morues et l'oseille rétablissent en peu de temps les équipages, qui y arrivent presque toujours malades. Cette colonie a sur toutes les autres, telles que le Sénégal , la Guyane et les An«

tilles, l'avantage d'être parfaitement

saine.

Quant à la société de la ville, elle se compose de quelques négociants et de quelques employés du gouvernement (*).

!\li(jnelnn 'est la plus grande des trois lies, et aussi la plus froide en hiver. Son bourg se compose d'une cinquantaine de maisons alignées sur le rivage, tcMitrs en bois, comme celles de Saint-Pierre.

Pendant la mauvaise saison, on y est exposé à la poudrerie , espèce de météore peu connu en d'autres climats.

«Cest,d!l le voyageur quenous venons de nommer, une neige d'une extrême subtilité, nui s'insinue dans les lieux dont la clôtureest la plus exacte; elle s'y introduit par les moindres interstices que laisse le mastic dont les vitrages sont enduits; elle est emportée horizontalement par l'impétuosité du vent , qui en accumule quelquefois des monceaux auprès des mnrnillos et (les éminences , et comme elle ne permet ni de distinguer dans les rues les objets les plus voisins, ni même d'ouvrir les yeu.x , qui en seraient blessés, on peut à peine s'y conduire, et on perd même la respiration. Plusieurs personnes surprises par ces tempêtes se sont égarées , et ont été trouvées plus tard ensevdies sous la neige. Le meilleur parti , lorsqu'on est surpris par la poudrerie, e>-t celui employé '

fiar les Indiens : ils s'asseyent et se Bissent couvrir de neige, qu'ils secouent de temps en temps par le haut.

De cette manière l'on a beaucoup moins froid que si Ton restait exposé au vent; et q.'and la tourmente a cessé , on sort de sa retraite. •

I/insuffisance de documents sur ce^ lies dont la possession est si pré-

(*) Ces dôinlls sont extraits de l'arliclo de Bf. Ney, déjà cité.

(**) L'ouvrage officiel sur nos edoniM, rédi(^é par ordre du ministre de la mariae,

n'est pas encore entièrement pii!)!iô. II manque |)réciséu)eut la |iartic riiati\e à Saint- PioTo et à Miqnelon. 11 y « lien de s'élmi-

DES ILES DE L'OCÉAN

cîeuse à la France , ndlis oblige encore à mettre à contribution Partlclo dont oous venons d'extraire ce qui précède. Aussi bien, nous ne saurions mieux faire, car cet opuscule est aussi intéressant qu'exact :

« A deux lieues de Saint-Pierre est Langlade, ou la petite Miq^iielon ; il s'y trouve plusieurs sites pittoresques, entre autres la Belle Rivière, remplie de saumons, et sur les bords de laquelle le nouveau gouverneur a fait bâtir une ferme. La végétation de cette tle est surprenante : on y élève maintenant beaucoup de bestiaux, et des agriculteurs venus de France savent tirer

ner que le gouvernement n'ait p.is pensé plus tdt à une publicaiîon si ulile.

parti de cette terre, qu'on avait regardée longtemps comme incapable 4,étre

cultivée.

« Les cartes marguent encore Langlade comme séparée de Miquelon par

un détroit où l'eau aurait trois ou quatre brasses de profondeur, mais c'est une erreur : elles ont été séparées, et ne le sont plus; la preuve en est que j*ai passé de l'une à fautre à pied sec sur de petites collines de quinze à vingt pieds au-dessus de la mer et couvertes de la plus belle verdure du monde. Un bâtiment anglais, qui allait de Québec en Irlande, se fiant à ses cartes, voulut passer dans ce détroit, s'y perdit, et la cote est encore joncbee de ses débHs. »

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