RÉGIONS CIRCUMPOLAIRES
s'aperçut alors que les étrangers parlaient une langue différente de la sienne: son étonnement fut extrême, et il Texprima par un grand cri de hei^yaal Sackliotise ne paraissant pas découvrir le sons de la liarangue, le capitaine, qui desirait les attirer sur le vaisseau le plus tôt possible, lui dit de les enpeer a raccompagner. Ils y consentindot.
Leurs chiens furent déharnachés et attachés à la glace , et deux des traîneaux furent transportés de i autre odté du onal qui séparait les Anglais des Esquimaux, et sur les bords duquel sYtait passée jusqu'alors la conférence.
On se mit en route et les indigènes rirent beaucoup en voyant les matelots tirer les traîneaux. L'un d'eux, se tenant à coté da c;ipitriine, précédait de beaucoup ses compagnons , et marcha ainsi jusqu'à la distance d'une centatne de vards du vaisseau : alors il s'arrêta. Le capitaine lui fit signe d'avancer, mais inutilement. La terreur qu'il éprouvait l'empêcha de Caire un pas de plus avant que ses compagnons l'eussent rejoint. Il croyait que le navire était une créature vivante. Il regardait les mâts, en examinait toutes les parties, en donnant les ulus grandes marques de crainte et d'étonuement.
Il lui adressait la parole, criant à haute voix et dans un lan;^age que comprenait parfaitement SacKhouse : « Qui étes-vous ? Qu'étes-vous ? D'où venezvous? du soleil on de la lune? * Il fai* sait une pause entre chaque question, et se tirait le nez avec la plus grande solennité. Ses compagnons le rejoignirent alors, et tous manifestèrent une égale surprise. Sackhouse fit tous ses efiorts pour les convaincre que le vaisseau n'était qu'une maison de bois, et il leur montra une chaloupe qu'on avait transportée sur la glace pour la radouber, en leur expliquant que ce n'était qu'un vaisseau plus petit. La chaloupe fixa aussitôt leur attention ; ils s'en approchèrent et l'examinèrent de tous les côtés , ainsi ^e les rames et les outils des charpentiers. Le capitaine donna l'ordre de la lancer à la mer. Elle était montée par un homme qui la dirigeait, et on la tira ensuite
de nouveau sur la glace. A cette vue, la surprise (jes Esquimaux n'eut plus de bornes et ils poussèrent de fjpmûs cris. L'ancre à glace, grande pièce dé fer de la forme d'un S , excita ^ussi leur étonnement. Ils voulurent la porter, mais leurs efforts furent inutiles.
Leur attention se dirigea ensuite sur le câble , et ils demandèrent vivement de quelle peau il était. Les peaux et les os semblaient être les deux substances qui leur étaient le plus familières; et, lor.squ*on leur dit que les mâts étaient de bois , ils ne pouvaient revenir de leur surprise. Il est tout simple , en effet, que des hommes qui n'ont jamais vu d'arbres , ni même d'autre arbrisseau que quelques bruyères ou des tiges de saule nain, ne puissent pas s'imaginer qu'un mât soit fait de lamém^ matière.
Les ofBeiers des deux vaisseaux se
trouvaient alors tous réunis autour d'eux, tandis que l'avant de Vlsabdlc^ amarrée à la glace , était couvert des gens de l'équipage. On ne peut ima^i* ner une scène plus grotesque et plus mtéressanleenmémetempsquecelledont ils furent les acteurs et les témoins. Chacun voulait imiter tes gestes, les cris et les éclats de rire des indigènes; chacun se tirait le nez pour rendre aux Esquimaux leurs politesses , et re mouvement redoublait I allégresse générale.
Mais ce qui absorba bientôt toute l'attention de ces pauvres gens, ce fut un matelot qui grimpait aux cordages; ils le suivirent des yeux jusqu'à ce qu'il fût au haut du mât. Les voiles n'étaient pas tendues , et ils supposèrent que c'étaient des peaux de pboques.
Ils se rapprochèrent enun du vaisseau. Une échelle de corde était suspendue à l'avant, et on leur montra la manière d'en faire usage ; mais on fut très -longtemps avant de pouvoir les décider a monter. A la ûn, le plus âgé, qui donnait toujours l'exemple, monta sur le pont, et fut suivi par les quatre autres. Les nouvelles merveilles dont ils se virent alors entourés, redoublèrent leur admiration; de grands éclats do rire suivaient toujours ces moments d'extase ; leur exclamation la plus fré-