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vage , qui donne une idée exacte des mœurs faroncfaes des hommes du Nord. Ragnar « quand il prononce le
nom de sa femme, ne s'attendrit pas à son souvenir; il ne [)ense a elle que pour se dire qu'elle a donné de nobles cœors à ses enfanfs, et que ceux-ci vengeront assurément leur père. Dé* chiré par la morsure des serpents qui s'acharnent sur son eorps, il ne sonf^e u'à ses victoires sur ses eniieiuis et la gloire que lui ont acquise ses exploits. Puis, quand il sent la mort qui s'approche, il se réjouit à l'idée qu'il va là où vont les héros ; enfin il expire le sourire sur les lèvres. C'est là Je type du euerrier et du scalde des
Krenliérs siècles ; aussi Ragnar Lodrok est-il célèhre dans le ?îord et comme souverain et comme poêle.
La poésie des scaldrs resta pendant plusieurs siècles ce qu*elle avait été dans l'origine, c'esl-à-dire, claire, précise, hardie, énergique; mais elle unit par perdre ces qualités distinctives ; elle devint prétentieuse, ampoulée et presque inintelligible. Les scaldes des derniers temps redoutant la popularité, surchari;eaient leur langage de néologismes, d'images de mauvais goiU, de tournures inusitées et de mots empruntés à des langues étrangères. Dès lors le peuple cessa de les comprendre, et leurs œuvres 'levenues aussi fastidieuses que celles de leurs devanciers étaient attrayantes, ne servirent qu'à la distraction des savants qui en faisaient l'olijet d'une étude approfondie, et des grands dont l'oreille était habituée à ce singulier jargon.
Si Ton voulait a|)précier en queloues mots les œuvres des sraldes dans leur ensemble, il faudrait dire qu'cilns ni;t un double mérite, la valeur liîteraire et la valeur historique. Sous le ra{>port littéraire, elles ont un caraetère essentiellement épique, et elles unissent la force de la pensée à l'éclat de la versification. Sous le rapport historique, elles constituent une série de documents îndis|)ensables pour la connaissance des antiquités du Nord. C^t aux inspirations ries scaldes que nous devons les récits authentiques dont
Snorre Sturleson et Saxo le grammairien ont fait la base principale de leurs chroniques. C*est encore aux chants de ces trouvères que Ton doit le tableau de la tiieogonic et de la cosmogonie Scandinaves, c'est-à-dire toute la magnilique épopée de TEdda. Sans eux, les traditions des peuples septentrionaux auraient été perdues pour nous, et la littérature islandaise des temps postérieurs aurait ttc vide d'enseignements et de révélations sur le pa^.
Caractère de la lUtératurc isiati' daise à diffcrenfrs époques. La littérature dont nous venons de parler, c'cstàdire, ceiie dont les scaldes étaient les organes ambulants, n'appartient pns i roprement à l'Islinde. Les poètîS du Danemark , de la Suède et de la Korwege peuvent en revendiipier us e large part. Tout le >'ord a eu ses guerriers chanteurs, et ceux qui venaient d'islajîde n'avaient rien ni dans les niées, ni dans les formes du l:'rtî:a;::e,
âui les (ii>.tingu;lt de leurs coniren s es autres pays. 11 est donc tenjps que nous nous occupions de la littâratùre island iise proprcuient dite.
On a dit, à tort, suivant nous, que cette littérature relletait plutôt la vie intime et individueUe que la société au sein de laquelle elle se produisait; qu'elle ne portait pas le cachet de la spontanéité et de i inspiration, et que, par conséquent, elle ne pouvait pas avoir sur le peuple l'influence qu'ont exercée sur les nations européennes en général leurs grands poètes ou leurs rands écrivains. L'KiMa et la plupart es sagas, indépendamment des chants des scaldes nationaux , prouvent la fausseté de cette assertion. Quelques ouvrages de mathématiques et quelqties volumes d'annales positives, publiés en Islande, ne suffisent pas pour motiver une opinion aussi tran(»ée, car ce n'est pas sur un petit nombre de productions que l'on peut apprécier la tendance littéraire d'un peuple, >io!is n'hésitons pas a alllrmer que la littérature islandaise est essentiellement marquée au coin de Tinspiration et de la vraie poésie ; les œuvres dans h squelies régne une grande sécheresse de
RÉGIONS CmCOMPOLAIRES
pensée doivent être classées ù part et reléguées, pour la plupart, dans les ouvrages scientifiques. Ce jugement est fondé sur les produits les plus justement célèbres du uénie islandais , et mémesur les travaux des chroniqueurs, dont le plus grand nombre rentre dans la règle générale que noas venons de poser.
La littérature islandaise a eu trois phases distinct! ves , son apogée, sa décadence et son réveil. La première période est comprise entre le onzième et le treizième siècle. C'est dans cet intervalle de temps que cette littérature n enfanté les œuvres qui constituent ses titres de gloire. On sent qu*elle était alors pleine de séve ( t d'ardeur, qu*elte puisait largement à In source du patriotisme et de la liberté, et que. le peuple dont elle formulait les sentinictits avait encore toutes les vertus primitives qui faisaient sa force. Sirnumd célébrait Oiiin dans l'F.dda, et traçait' d'une main hardie le tableau de la mythologie et de la cosmogonie Scandinaves. Les ehroniqueurs composaient leurs plus belles sagas. Snorre immortalisait son nom et sa patrie par SCS travaux sur les rois norsvcgiens ; Arœ Frodd faisait Thistoire de son pays dans ses Shedsc, et rappelait les origines iskind.iises dans son Lnndnama-Iiok ; le Ilymbegla ou calendrier ecclésiastique, et le Miroir du roi { Kongs skugç-sio) , publiés à la même époque , prouvaient que le génie islan* dais avait un côté essentiellement positif; eiilin les itremières sngas, toutes parfumées de la poésie des scaides , inauguraient une série de productions nouvelles, particulières à rlslande.
La seconde phase de la littérature islandaise, celle de sa décadence, date de la iindu treizième siècle et du coni' mencement du quatorzième. La petite république était devenue tributaire de la IS'orwége; elle avait perdu dans les guerres civiles son ardeur et son énergie; déjà découragée par la perte de son indépendance, elle avait été cruellement frappée par des fléaux qui l'avaient jusqu'alors épargnée. Les volcans et les tremJ[)lemeats'de terre avaient boule-
versé le sol détruit les richesses des colons, et jeté l'épouvante dans tout le pays ; une effroyable maladie épidémlque avait enlevé les deux tiers delà population; enfin, pour eonibledeealamites, des corsaires anglais avaient pénétré dans l'intérieur de Tile, et n'avaient laissé sur leur passage que sang et ruines fumantes. Tant de manlheurs , éprouvés couj) sur coup , avaient jeté • une sombre tristesse dans le cœur des Islandais , et détourné leur attention des occupations qui avaient fait autrefois le délassement de leur esprit. La poésie et l'histoire furejit négligées; toute émulation s'éteignit chez les hommes les plus capables de suivre l'exemple des génies des siècles précédents. ï>'influence du christianisme, qui avait etc lente à se faire sentir, contribua aussi à perdre la littérature islandaise. Le petit nombre de ceux qui , au milieu de ce désastre intellectuel, essayèrent de ranimer le flambeau de la noésie nationale , préoccupés des légendes et des prétendus miracles des missionnaires catholiques, ne produisaient que des œuvres sans originalité et sans couleur. Les saints avaient usurué la place des iiéros païens de Tantiquité Scandinave. Le moine Eystein acquit bien quelque célébrité par la publication de son poënie du Li/s ; mais ee long cantique en l'honneur de la Vierge iMarie n'avait aucune des qualités qui constituaient la valeur des productions littéraires d'autrefois.
Cependant cette période n'était qu'un temps d'arrêt dans le développement du génie islandais. Les descendants des scaides devaient , plus tard , se réveiller de leur léthargie, et se reprendre à la vie intellectuelle. I>a réforme de Luther avait ranimé le nord de i'Lurope, oui se mourait do langueur; elle galvanisa aussi l'Islande.
Klais cette résurrection littéraire n'enfanta aucun homme de la taille de ceux qui avaient autrefois chante Odin et les héros. Les œuvres sorties de la plume des écrivains islandais furent tontes empreintes d'un caractère de froideur et de sécheresse qui contrastait singulièrement avec la tière énergie
des inspisatioiift des anciens poètes.
L*!iistoire sous forme d'niin.iles chronologiques remplaça la chronique animée ; la dissertûtion savante détrôna la saga dramatique et pittoresque. Llslande était devenue raisonneuse , et sacriflait désormais à la logique , comme elle avait s.unlie à l'imagination. iNeaumoins plusieurs esprits supérieurs apparurent durait cette période de rénovation. Plus tard, au dix-huitième siècle , on vit surgir du sein de In foule des Itonnnes d'un mérite non moins éclatant, tels que Olaften, auteur du lexique runique; Magnussen , qui publia une excellente gramm:iire islandaise; Vidalin, ar( hroiogue distmgué , Einarsen , ^ui (il une précieuse esquisse de la littérature de son l)ays,; et plusieurs autres érudits qui Dieritèrent par leurs travaux IVstime et la reconnaissance de leurs concitoyens. Quant aux prétendus poètes
Î[nf se crurent alors destinés à jouer e r6le de scaldes modernes, parmi les soixante-dix-huit noms cités par Einarsen, il n'en est (ju'un seul que Ton puisse rappeler ; c'est celui de Halgrim Petefssen, qui rima des psaumes, de^ venus , plus tard , la lecture habituelle du peuple. Au dix - huitième siècle, l'histoire trouva en Islande des interprètes dont l'intelligence et le talent n'étaient pas au-dessous de leur mission. Toriœus , par sa chronique de IVorwégc et riutniilnrtioti dont il fît précéder sa chroiiol()i;ic des rois de Danemark , se lit une'réputation européenne. Ame Magnussen révéla au monde littéraire les anciens monuments poétiques et historiques de son pays. Finnsen écrivit son histoire ecclésiastique d'Islande, qui est un des documents les plus sûrs. Quant il la poésie, ce n'est qu'à la fin de ce siècle qu'elle retrouva quelques lueurs du feu sacré qui l'avait anim.ée aux anciens jours. Jon Thorlaksen publia une belle traduction en vers du Paradis Prrdu , de VEssaî sur l'homme^ et de la Messiacie de Klopstock ; un fonctionnaire de Reykiavik lit plusieurs poèmes remarquables , et une comédie que Ton dit excellente \ Eggert (Naiis*
sen, savant naturaliste , composa des
poésies qui, par leur caractère tendre et rêveur, se rapprochent de Telcgie ; son frère rima des refrains joyeux où une verve de. bon alol se révèle à chaque page ; Bénédict Grondai se fit aussi une réputation littéraire méritée. Aujourd'hui, on peut citer M. Thorarensen ; celui-là est un vrai poète , et rislande est fière de le posséder. 0 résume à lui seul, et personnifie beaucoup mieux que les hommes d'élite dont on a lu plus haut les noms , le mouvement littéraire Issu de Pavantdernier siècle, et la tendance du génie islandais moderne dans sa sphère la plus élevée. Il aime sa patrie comme Béran^^er, et la célèbre uans ses vers; il est quelquefois aussi tendre que Lamartine, et soupire désaccords pleins d'amour et de tristesse.
Jas deux Lddas. .Nous venons d'indiquer le caractère de la htterature islandaise pendant ses phases de gloire, de décadence et de régénération. Considérée dans son ensemble, cette littérature aduiet deux grandes divisions:
la preniièrc comprend les différeutes parties de TEdda ; la seconde , tous les récits historiaues et fabuleux connus sous le nom de Sagas.
L'Edda (*) se divise elle-même en deu.\ parties, l'Edda de Sœmuod et TEdda de Snorre.
li'Eddade Sflnnund(**)oontieatune
(•) Ce mot \icutdu verbe oda, enseigner. Tcliu c:>l du moins l'opiniou d'ObLiUi , ^ dk» nous paraît la plus admissible. M.
niiertluTclic IVfyniologie d'fi/Ja daii^ otfda, nom d(* la roiraite habitée par SaanuiiUet Snorre Stiirleâou.
(*) Soemund naquît eo to56. Jeune enrorc, il parcourut !*Ktirope rt fréqiirntn , pondant pliisitMirs années, les écoles de Pari», il revint dans sa patrie en io8a , rapportant de sas voyantes et da sas hngÊtê éf dw, ém connaissnncfs variées et une sricnro qui ne larda j>as à lut attirer U: res|>ect cl i'adniiration du ses cuuipaU-toles. Pour ûxer diios U ménoira du peupla la aoutanir de Ta»* cieniuî poû>ie nationale , prc ic à tiis[viraitre sous riiiflucnee du rliri>liaui:inu* , il rucueillU les chunb de^ ^caiJus cl i*ti Uadiliouft bi»*
loriiiuaB kl plus ancieBim» le pénèMe das
RÉGIONS CI&GOMPOLAIKëS.
collection de foemes mythologiques.
et historiques , entremêlés de préceptes mor.iux. Ces poèmes sont au nombre de trente-imit. En voici les titres, avec ChidicatioD dea natîères qa*ik
traitent :
1. La f 'oluspà (*), ou la prophotie de Vola. C'est le tableau complet de la mythologie des peuj^les du ]\ord. On eroirait lire une série d'oraclea aortia de la i)ouche d'une pythonisse; c'est , en effet, la sibylle Scandinave qui chante la lutte des démons, la destruction du monde et sa régénération. Rien déplus sombre, de plus terrible, de plua myst^ieux et de plus bizarre que ce tableau des temps primitifs. L'auteur des i-ettres sur iislande en a traduit un fragment que nous allons citer pour donner un échantillon de cette ancienne
poésie !
« Au commencement des temps, il n'y avait rien; il n'y avait ni sable, ni mer, ni vent. On ne voyait point de terre et point de ciel, rien que l'abîme vide sans arbres et sans véj^étation.
« Le soleil parut au sud. La lune ouvrit la porte de la nuit. Mais le soleil ne connaissait passa route; la lune ne savait pas où elle devait se poser, et *les étoiles ignoraient leur place.
n Alors les dieux montèrent sur leurs sièges élevés , et tinrent conseil ensemble. Us éomiènol un nom à ia nuit et au crépuscule. Ils réglèrent riieure du matin, le milieu du jour, et partagèrent Tannée.
« La propbétesse sait où s'élève le f rine T^rasil, le grand arbre qui étend au loin ses blancs rameaux. De là découle la rosée qui baigne la terre, et le frêne reste toujours vert.
croyiinc«s du paganisme Scandinave , et compost de ces monuments divers Touvrage qui porte le tiU'e à'Edda. Sœniuod mourut en ïi'^i, à l'àgc de 77 ans. Son œu\Te resta près de cinq siècles inconnue dans son propre pays. Ce ne Ail qu'en i63<j qael'évéque de Skalhoh découvrit et envoya au roi de Danemark le manuscril des principaux poëmcs.
(*) Ce mot vient de wda (sibylle) et spd (pK^iiiétie.)
« Du milieu dea aam* lei tMli fllea
de la Sagesse s'avancent sous oet arbre. L'une s'.'ippelle L'rd, la seconde kerdandi. la troisième SkuUi»àtSQnl elles qni tegleat le destin derboôime, at disposent de sa vie*
« Elle sait que la trompette de Heimdal est rnrl](S' sous les larî;es rameaux de Tarbre céleste. Liie voit les vagues éenmaotes du fleuve de sagesse tomber du front de TAlfader.
« Un jour, elle était assise à l'entrée de sa demeure. Llle voit venir à elle le dieu savant par excellence , et le regarde entre les yeux. «Que me de- « mandez-vous? Qu'attendez-vous de « moi? Je sais tout, Odin. Je sais que « ton œil est plongé dans la limpide « soureedeMimer, qui, cbaque matin, « Tarrose avec Teau de la sagesse. »
« Le dieu souverain lui donna des anneaux , des bAtons runiques , et le don de pcopbétie. Sa vue s'étend au long et au large sur choque monde.
» Klle a vu le sort cruel réservé à Baldt r, fils d'Odin. La branche d'arbre croissait; elle était petite encore, mais belle. Cette brancbe devint uu glaive meurtrier. Hauder s'en servit. <
« Bientôt naquit le fds d'Odin , qui devait venfr^r Palder. En une*nuit il devint vieux , et il ne se lava pas les mains, et il ne se peigna pas les cheveux avant que d'avoir porté aur le bûcher le meurtrier de Balder. Maia Fri^ga pleurait le flsalbeur arrivé dans le Valhalla. »
Line voix crie à la prophelcsse :
Voyez -vous encore quelque cAioae?
Elle répond :
n Les chiens aboient dans les cavernes de Gnipa. Les chaînes sont brisées.
Les loops> sont libres. La propbétesse sait encore beaucoup de choses; elle voit (le !nin le déclin de ramfHre c6leste, la chute des dieux.
« Les frères combattent Tun contre l^antre at te tuent. Les parente ronjpant leurs liens. On viole la foi du mariage. On brise les boucliers. C'est un temps de fer, un temps de loups et d'oraL;es, et avant ^e le monde s'écroule y les hommes ne s'épargnent plus.
« Les chiaw aboiaail «aM kt eater-
oesdeGnipa. Les chaînes sonl brisées; les lowps sont libres. Du côté de l'est s'avance lirym. La mer déborde; les serpents s'enflent avec colère. L'abîme des eaux s'entr'ouvre. L*aigle pousse (les cris de joie auprès des cadavres qu'il déchire, et le Naglfar flotte sur les vagues.
« Il vient du midi. Les fils de Mus* pell le montent; mais Loki le gouverne. Tonte h rnce des monstres accourt avec les ioups , et Loki marche ù leur téte.
« Surtur vient du sud et apporte rincendie. Son épce flamboie. Les rochers se fendent. Les trottes errent avec anxiété. Les hommes prennent le cJicmiu de la mort. Le citi se dc- • cliire.
<* L'inqniétude saisit le OOeur de lllyna (*\ lorsque Odin s'nvanen contre le loup. Le vainqueur de Bela combat contre Surtur. Mais l'époux chéri de Frigga succombe.
« Alors le fils du maître de la victoire, le puissant Vidar, s'avance pour lutter avec le loup monstrueux. D une main il saisit cette progéniture de
Séant, de Tautre il lui enfonce son épée ans le cœur.
•« Purs vient le noble fils d'Odin 0 hor). Il attaque vaillamment le serpent Mid^ard, et lui poHe le coup ' mortel. Mais il recule de neuf pas , renversé par le monstre.
•« Le soleil s'obscurcit; la terre s'nbîmc dans l'eau. Les étoiles brillantes disparaissent. Les nuages de fumée enveloppent les arbres. La flamme s'élance jusqu'au ciel.
« Kt la prophclesse voit une nouvelle terre, une terre verte et riante, sortir du sein des eaux. Les vagues se retirent. L*aigle qui prenait le poisson dans les champs s'enfuit.
« Dans la vallée d'Ida, les ases se rassemblent, et parlent de la destruction du monde, et rappellent les gran* des actions du passe et les leçons du dieu suprême.
«Ils retrouvent rtr»ns le gii/.on les merveilleuses tables d'or que le pre-
{*) Une des grandes dctne^
mier des dieux et la race de Fiolmr avaient possédées avant le temps.
« Les champs se couvrent de fruits sans qu'on les cultive. Le mal est anéanti. Balder revient, et demeure av( c son frère Hauder dans le palais d'Odin.
« La prophétesse voit la salie de Gimle toute couverte d'or et plus brillante que le soleil. Les justes doivent y demeurer et y vivre neureux à jamais.
* « Du fond des lieux ténébreux , Ntdhug, riiorrible dragon, s cleve por»
tant sur ses ailes les cadavres des morts. Il plane au-dessus des vallées,
tombe, et disparaît. »
2. Le f 'aj'tlirudnismâl. C'est un chant cosmogonique où Ton voit le
Séant Vaftlirudner pro{)oser à Odin es questions sur la création du monde; et le dieu y répond dans un laiiEaiie assez clair:' c'est le complément de la Voluspâ.
3. Le Grimnismâl; autre complément de la Voluspâ. Odin , caché sous le nom de Grimnir, est en prison , et y compose ce i)oëme, dans lequel il se platt à énumérer les noms et les de* meures des dieux.
4. l'Jlrismâl. Quatrième fragment sur la cosmogonie. Un y trouve les denominations données a différents objets dans le langage des dieux, des géants et des hommes.
5. Le Havamûly ou le sublime Discours d'Odin, contient un grand nombre de maximes et de proverbes anciens qui peignent merveilleusement les md'urs et les idées des Scandinaves. C'est un cours de morale éloquent et précis qui peut figurer à cùté de ce que les autres peuples ont produit de plus remarquable en ce genre.
G. Le Solarlind^ ou Poème solaire.
C'est une ctiivre bien plus moderne, et dans laquelle on reconnaît des traces évidentes de la doctrine chrétienne.
7. Le Skinùsfory ou le Voyage de Skirnir a )otunhcim, la demeure des izc ants. C'est une peiuturedes amours lie i icya.