DE TOUS LES PEUPLES
DE LEURS REUGIONS, MOËUKS, COUTUMES, sic.
PROVIX CES-UNI ES DU RIO DK I. A PLATA. (BtÉ.\a&.AYaESy PARAGUAY^ URUGUAY.)
PAR M. CÉs^R l AMIX
Ijv vîrr-rovnuté de Buénos-AyreB, érigée en 1778 , comprenait non'swileinent toutes les provinces de la république argentine, mais encore la Pataponie, le dictatorat du P.inimiay, et même les provinces du H^ut-l'erou ,
Sli ont furiiié, depuis, la république de Olivia.
li ne sera que«;tion ici ni de ce dernier pays, ni àc li P.'tigonir. I n Paraguay , qui n'a été detaclië de la ▼ice-royaute qu'en 1808, et la république orientale de rUru^aay , qui ne Ta ét»' qu'en 1814, rrntrent dans le domaine de cette histoire.
^AT PHYSIQUE FT POI ITIQITE AVANT LA COliQUÉTS.
Topographie. Cette vaste partie de
rAnioriquR du Sud, dési:j;n<^P actuellement sous le nom de Confédération du Rio de la Plata , s'étend du Si/ au 7T degré de longitude occidentale , entre le 20'ctle4 r degré de latitude austr.de. Sa p!?"; i:rntii!o lon<;uPiir du nord au 6ud ebt de .320 lieues (do 2â audffiré), et sa plus grande liirgcur d luviron 400 lieues.
Sf< limites snn! : nn nord, la répubjiqiie de lîolivia et Tempire- du
Brésil; h Test, le Brésil et rocëan AflantiqiK ; à Touest, leCtiili; au sud^
la Palagojiie.
Le pays est presque entièrement composé 'de vastes plaines; les seules véritables montagnes appartiennent à des rajnific<itions de la cordiliere du Chili et des Andes, à roccident des provinces de Cordova , de Salta et de Tiicuman. Sel; n M. de Humboldt, la \!\i\']ur (lu Rio de h Plata n'a pas mr)ins de 13.>,000 iieucs carrées. Toute la partie comprise entre Buénos-Ayres et le Chili est connue sous le nom de Pampas ^' elle est couvfrfe de hautes graminées. Sa largeur égale sa longueur ; l'une et Tautre sont d'environ 800 lieues, et, sur cette grande surface, à peine Iromo-t-on une seule ville, Iiii)Ja , et une seule rivière, W^iHjualusta.
Min^rahçie. A 85 lieues de Rioja, du coté de l'ouest , il existe une célèbre mine d'or et d'argent, aj)pe!ée dans le pays l-amatina. L'or estdeplusde 23 carats; les filons d'argent donnent jusi]u*à 600 marcs par caxon de 50 touueaux (*). Les mines d'argent
(*^ Warden. Citronologî» histori^ttê de
V Amérique.
V UvraUon. (Bukïos-Atbes, Pabaguay, Uavguàt.)
di' UspaUacU» , dans la province de
Mciulo/a, uo I(> (H-di'iit p;is à ce.Ue de * Fajnatnia. Dans la oartie septentrionale des provinces de San>Juan et de Sas-Luû, ou trouve aussi plusieurs
nnnes d'or, dont la |jriniipale, celle de .lâcha ^ donne un produit annuel évalue à 400,000 francs. Les plaineâ ini-oniinensurables du grand Cliaco, situées eiitre le l*arngnay et le ILiutl'eroii, lourni.ssent aliondanirnent lui sel i ristallise, que Ton recueille à l'époque où les lagunes viennent à se des>éclu'r. Ou y ( rouve également une
mine de iVr n ilit'.
A^ara aiwnue qu au nord du Rio de la Plata, ainsi que des pbiiies de Moiir* tevideo, on trouve, dans les fossés, une ^l;ii>o snlee, app<dée 6a/'mo. Les troupeaux la mangent avec avidité, et si eHe vient à leur manquer, ils périssent infiiilUblemeût au bout de quatre mois.
Clinuit. Une contrée aussi vaste doit être nécessairement soumise à riniluence d'un climat fort varié. A Buenos- \yres. la température moyenne est de 2 1 degrés centigrades. Le nom de cette ville lui vient de la lK)nté et de Jn douceur de son climat. >< Le ciel présente ordinain inent le plus bel aspect. L'air a une transparence parfaite, qui ranime tous les sens et excite l'imagination. Kn 1 823, on put voir, à Tœil nu, au tîiiîieii du jour, la planète de Vénus, qu'on ;i\iu't deja aperçue en IHMJ. La transparence de l'air jieut s'expliquer, en ce que la disparition des vapeurs est toujours tres-conipl('îe , connue cela doti être sous la lem|)erature élevée (jui se maintient en tout temjjs; et, par la même raison, les pluies doivent être subites et abondantes aux c!i:u)!4ements de vents, surtout au pr m temps. La première (qualité de l'air y produit , sur les Itabitants, un effet plus facile à sentir qu*à expli-
auer : nous l'appellerons une confiance ans la vie. Quelques étrangers nous ont entretenu de celte sen.sation exquise. L*auteur de cet article Ta comparée avec une seiisailon d'une nature entièrement opposée, qu'il a ressent ie daus d'autres pays malsains de i^Uuc-
riqne, oiH il trouvait, au contraire,
une défiance de la vie, et un avertissement, prei>que conliuuei, de la nécessité de mourir. Il semble que les habitants de fiuénos-Ayres, de même
que la jeunesse ailleurs, ne peuvent avoir aucune idée de la mort (').
Les ouragans ne sont pas communs à Buénos-A yres , mais leur effet y est terrible. Le 21 janvier 17*.»:5, jour néfaste, pendant «pje bi ciipilale tlu paya le i»lus civilisé de l'Lurope était boulexiTsee par les tempêtes politiques, la foudri' tombait ;>7 lois dans Huenos- Avres, et y tii.iit l'J persoiui»'s. Au ui'ois d'avril sutsaut, le paj/ipijo, ce redoutable vent d^ouest , qui , depuis les Cotdilières , traverse , sans obsta^ de, '200 lieues d'un ^)ays uni, soulevait les eaux du Rio de la Plata^ et les chassait h 10 milles au loin* Pendant trois jours le lit de la rivière fut mis à se*', et on put y voir, à découvert, des navires qui avaieot sombré depuis un quart de siècle* Toutefois, le seul reproche que 1*081 puisse faire au cliuiiit si renommé de lliu iios-Avres , c'est une grande hunudile. L'obstination des" Espagnols à y élever des maisons sans clives ni cheminées, entretient ce vice de localité, d'où résulleat souvent de graves maladies.
Le climat du Paraguay est génér»> lement chaud et sec. L'hiver y est marqué par des torreiits de pluie ^ qui tombeut pendant trois ou quatre mois, accompagnés de grêla et de bruyants éclats de foudre. L^ neige y est inconnue, si ce n'est conmie |)lieuomeue météorique, a da longs intervalles.
Fieitves. Mille courants d*eau fertilisent les provinces de la confédération argentine ; (jueiqiies-uns ne sont désignés que par dts numéros. Farini les autres , il en est quatre qui méritent une mention spéciale , ce sont : le Hio do fa i'iaia, ïeÂ^araim, le Paraguay et ÏLruiguay.
(*) Ignacio Nuûez. Esquisses lii>tori<fuet r/ niienos'Jyrei, u-aduiiM ^ M. ¥«r
raiguc
BUÉNOS-AYRES, PARAGUAY, URUGUAY
Le Rio de la Plata est formé par la reuiùon du l'ar.ina et de Tl ruguay, sous le ZA' degré dr latitude australe. Sa largeur est si considérable , qu'elle lui donne l'aspH-t d'un bras de nier.
Il passe par IJuéiios-Ayrcs, Montevideo et Maldonado. C'est du Rio de la Plala y o\\ fleuve d^arfjenl^ que sont venues, à divers» <,lesdriioininations de c^tj "m aryenline, république cLj >'\ etc.
Le Parana n'est que la branche principale du Rio de la Plata. Il prend sa source dans la province brésilienne de Minas-Geraés. Ses eaux, bourbeuses et rapides, accrues par de nombreux alfluents , se dirif^ent vers le S.-O. jusqu'au 28" parallcle; là elles entrent dans les missions des Guaranis, et forment un arcl)i{>el, où , indépendamment des ilôts et des écueils sans nombre , on cx)fnpte plus de cent îles princi^iales. Au-dessus de Corrientes , ce fleuve se grossit des eaux du Paraguay et reprend alors sa course vers le sud, justpi'au Hio de la Plata , pour épancher ses omjes dans l'océan Atlantique.
Le débonlement du Parana cornmencc ordinairement dans les derniers |ours de décembr»', et continue, sans interruption, Jusqu'au mois d'avril.
Cette crue des eaux , pendant le^ qua> tre mois de Tannée où le soleil est le plus rapproché des tropiques, parait provenir des torrents de pluie aui tombent, à cette époque, dans les contrées de la zone torride. La décrue se prolonge jusqu'au mois de juillet.
Les eaux , en se retirant , laissent à découvert des chanijps jonchés de cadavres télidcs. Les tigres, les renards, les tapirs, et d'autres animaux, cherchent un refuge dans les îles, h l'cpo({ue où conunence le déliordement; mais plus les eaux s'élèvent, et plus le champ où s'est réunie cette population hétérogène, se resserre dans d'étroites limites. Les phis faibles deviennent alors la pâture des plus forts, jusqu'au moment où ceux-ci en sont réduits , pour subsister, a se faire la guerre entre eux : inutile ressource! le fleuve inexorable grossit et monte
incessamment. Les captifs chercheraient en vain à se sauver à la nage , l'impétuosité du courant s'oppose à toute fuite.
Le Parana est entrecoupé de récifs et de cataractes qui rendi'nt la navigation impossible, hors poùr ces* légere-s embarcations d'une seule pièce de lK)is, que les indigènes transp<irtent sur leurs épaules au-delà des passages |)erilleux. Le saut de Gvaijra^ entre le 24* et le 25* parallèle, est l'une des plus fornndables cataractes du monde. Les denses vapem's i\m s'exhalent de ce gouffre, apparaissent à plusieurs lieues de distance, et reflètent les brillantes couleurs de l'arc en ciel. Ln innnense volume d'eau .
dé\elop|Mr sur une largeur de plus de douze mille j)ieds, se trouve subitement resserre en un canal de moins de 200 pieds, qui se précipite, bondit sur les rochers , et tombe ilans l'abîme avec un fracas plus assourdissant que celui de cent tonnerres qui éclateraient simultaitément. Les trente lieues de désert qu'il faut traverser pour parvenir à ce merveilleux caprice de la nature, sont dépourvues de toute vi'igetalion , à l'exception du capimgordura ' trisfegis (flulinosa ) , graminée de couleur grisâtre, qui donne à ces vastes plaines un aspect âpre et sauvage, bien fait pour attrister le vovageur. On n'y rencontre aucun être vivant, hors le ferocejaguar,quisenible n'exister la que pour ajouter un nouveau danger a ceux que doivent braver les intrépides amis de la science.'
Quelques écrivains, et notamment le P. Clu»rlevoi\,ont pensé que le nujt Paraguay signiîiait, dans la lan.uue des aborigènes, y/fw/'é' couronné , attendu que ce courant d'eau a sa source, disent-ils, dans un lac de forme ronde, qui paraît lui servir de couronne.
Avec de pareilles étymologies , il est aisé de tout expliquer. Le Rio-Paraguay ne sort point d'un lac, à moins que les premiers voy;igeurs ne se soient mépris sur la nature de ces débordements périodiques, qui forment, pendant quatre mois de l'année, sur l'une et l'autre de ses rives, des la-
. rUNIYERS.
giines immenses, dites xoroyes, qni laissent à déeouvert, en s'éeoulant, des champs liérissps de joncs et dt^ glaïeuls. On ne saurait voir raisonnablement, dans le nwt Parap:uay, autré cliose qu'une dérivation, devenue peu intelligible, d'une dénomination tu'ée du vocabulaire des pciij)l»'s indii;ènes. Les Espa{;nols qui visitèrent pour la première fois cette contrée , y trou* vèrent une peuplade sauvage qui se donnait à eîlr-nif'mp le nom de PaijaguaSy qu'elle porte encore auiourdliui. Le fleuve dont elle habitait les rives, était, dans si inniitie, le Paya(iuay , dont ia corruption a fait Parciguajf,
Les principaux affluents du Rio-Paraeuay sont : à droite , le Pilcomayo et le rennrjo, qui, tous d<Mjx, vienneat du liant-Pérou: à fiaîiche, le CorrienfêSf VypaHét^K Tapira g uai/.
UUruguay prend sa source dans la province brésilienne de Saint-Paul, se dirige vers le Parana , et coule, en ligne parallèle, à côté de ce fleure, jusqu^au Rio de la Plata , dans leauel ils versent, tous deux, leurs onde-<.
L'I'mguay a un voUune d'eau cnnsidérable, et n'est, toutefois, navigable
3ue pendant soixante lieues, à cause 'une petite cataracte, qti'ïl serait facile (l'éviter au nmyen d'un canal.
Les autres courants d'eau , que nous ne pouvons que nommer, sont : le Rio- Colorado y ou Mendozn ^ dans la pntviiice de ce nom : il desccnd des Andes et rei^oit le Rio-Diamanle ; 2» VÂmfafgdla, qui traverse l'état de TUcuma'n et aboutit dans une lagune; 3" le liiO'Oolcf, qui sort des hautes montagnes du Tucuinan , prisse auprès du San-Iago et se perd dans les lagunes salées de Los-Ponchoa,
f'égf't/tf 'nn. ^ V rbzm véiiétal déploie, sur le soi des provinres-uuiesdu Kio de la Piala , des richesses dontrénumération complète est impossible pour le c:idrr de rrttc nntire '*!. [| est cepend uiî jilusicurs plantes utiles, que nous ne i>aurions passer sous silence ; telles
{*) La pl. i'*" poti! donnrr nno idée «uf- Itsaïunient evarle 4'une forêt vivige.
sont : le cacaoyer , la vanille, fananas^
<à roiironiie, le quinquina, la rhubarbe, If tninarinier . !p rnonfrliotic i^hevea (jmancnsis)y le tabac, le manioc, les céréales, les patates, le chanvre. If lin , le riz, et enfin le maté, qui a[)ji)rtient plus particulièrement au Paraguay.
1 ^ W7 a/é \ y erra do tn afr), ce m m u nément ippelé thé du Paraguay, n*cst )as , ain^i q i" tmiis atn-ons birjitôt 'occasion de le réiieter, le seul point de ressemblance entre ce pays et la Chine. L*usace de la i)oissôn prodtiif'' pnr riitfnsion du i/infr ikms l'eau bouillantf, est, proportionnt'Iicment,
Ïius répandu ici que le thé ne l'est aux odes ou en An^eterre. On retrouve cet usage au Hrésil , h Buénos-Ayres et au Chili. La pré|)aration de cette plante ne se t'ait pas absolument comme celle du thé; elle consiste à faire rôtir les feuilles, en passant la bran<M)(* h travers l.i flaujinp;
ou les brise ensuite, polir les conserver dans une eriveloppe, où elles sont fortement pressées. Quand on veut s*en servir, ou en jette une pincée dans une petite cab'basse, remplie d'eau très-rliaude, et à l'instant ménie on boit cette eau , en l'aspirant au moyen d'un tube, (lettr boisson peut se prendre avec ou sans sn( rr. A l'épi que •ù écrivait Félix d'A/.ara, qui s'ei>t spécialement occupé de Thistoire du Paraguay, sa patrie, l'export^dicm du 7uafi'- s'élevait anniifiirment à 50,000 quintaux. Ce n'est pas que le Brésil , et d'autres contrées voisines , ne produisent également cette sorte de thé, mais la plante du ParaL'unv est d'une qualité tort supérieure, et se prépare avec plus d*art. Le maté y connu en plusieurs localités sous le notnd'ffruore (£<i Co77f/onha , a été Itiiiii-t^Mops une source d'erreurs pour les naturalistes, qui l'ont confondu avec le gonre jjsoralier {psoraieaglandulosn , — fidca de I inuf " : mais V. \. dr St-Hilaire a d»MMontré qu'il app:»i tipnt au grnre i/^.r, et il en a lait , eu conséquciuT, le houx du Paracuay, itcx parnrjuariensis. C"\ arlire ci'oît en cr:t!uîe abondance, notannuent au.x environs
BUÉKOS-ATRES, PARAGUAY, URUGUAY.
de Villa-Ilica ^ au iiuiicu des boi^ qui bordait les nvières. Sa grosseur est celle d*ua petit chêne; il forme des buissons, qu*on éiiionde tous les 2 ou 3 ans (voy. pl. 2 ).
Les DOIS de construction abondent au Paraguay. « Cest là » , dit M. iNuoez, " qu'ont ('t<'' r(>Hs(ruils la plupart des petits vaisseaux eniploses au couiluerce de toutes les rivières intérieures, et quelques gros navires qui ont descendu le Parana, sur leur lest, jusqu'à IJuénos-Ayres, à plus de quatre cents lieues. Alèine, dans l'arniée 1834, un de ces navires a tait un voynLie a i.itna, après cu avoir lilitplih sit urs »*n Kurope. »
Zuoluyic. Le dut être un merveilleux spectacle pour les premiers naturalistes qui i cnt'trrrent dans rintt'ricur du nouNfau uuiiiJe , ((ue ct tte iuiiiiense variété d êtres nouveaux, couverts de riches fourrures, de cuirasses luisantes ou de brillants plumages, cjui envahirent les eadres dt' l'Iuston-e naturelle et renversèrent subitenieut les s^'stètnes en a^iparence les mieux établis. Trois siècles d'études et de rccherehes n'ont pus épuisé la Ionique nomenclature de la zoologie américaine; et, pour ce qui concerne les provinceS'Unies du Kio de la Piata, il est peu de pays qui, à cet éfjard, orir-^tit une aussi {grande iVroudité.
Forces de choisir, nous nous LiorneroAs à mentionner les genres qui paraissent ici le plus spécialement affectes au sol. De re fioinbre est le tapir {tapir americanus de Linné), singulier pachyderme, qui , au premier aspect, ressemble au cociion d'Kurope, mais qui se rap[>roche de l'eliphant, par une trompe tort mobile et percée par les narines (voy. pl. 3, n" 3.) Le tapir vit solitaire, dans les contrées orîibrn^ées et humides ; il ne sort que la nuit, et va se vautrer dans les marécages voisins. 11 est robuste et courageux, mais, réduit à Tétat de domesticité, il devient doux et timide.
Les naturels lui donnent plusieurs noms : unia j uiaipouri et mboréOL
Les Paragua vs le cliassent à l'atf dt, et le tirent avec oes balles de cros calibre.
Les grandes espèces de chat fréquentent les bords des ruisseaux : tels sont le jaguar , yagmarcU des Indiens, dont le manteau, richement orné de taches symétriques, sert de parure aux guerriers (voy. pL 3, ;i" l); le guazouara, sorte de tigre qui s'apprivoise, sans qu'on puisse, pourtant, lui accorder trop de coniianee; la vhirifjoKazou y (\m se cache, !e jour, sous les hautes ^raminees, et rude toute la nuit auprès des habitalioiis de r homme; et lecouguar, aue sa robe fauve a fait surnommer le lioD d'Ameriipie (voy. /)/. 3, M" 2).
L' u(jouuiU-uuuz,ou est un loup rouge, qui s élance de la lisière des bois sur le bétail de la plaine. Les talousarmadillcs, les cachicames et nlusieurs es|)èces de sarigues abondent dans les lieux secs ^ un peu élevés.
Parmi les autres quadrupèdes, on remarque le couate (ursus-nasua)^ Tours- raton, le crabier, les singes, le renard, le fourmiller, le sanglier^ et plusieurs espèces de lièvres.
Les amphibïes , qui abondent dans les lacs et les rivières, sont le crocodile, Vammra, le loup des rivières»
le tigre d'eau , OU yguaro^ la loutre^ l'ao et l'yguane.
Les iir.uules plaines appelées pasconoies suul sillonnées par d'immenses troupeaux de juments et de chevaux sauvagfis, de cerfs et d'autruches.
Le phd nieo[!tere à manteau de feu, décrit par M. d'Orbigny, les hérons, les troupialfs, les toucans, les jacanas, les aigrettes et les spatules recherchent les lieux bas et inondés. L'aigle couronné , rémérillon , la buse et le roi des vautours planent sur les solitudes brillantes de la partie montagneuse, tandis que les sombres forêts attaent, par leur fraîcheur , des liions de perroquets aux couleurs éclatantes , des nianakins ronges, des itndo verts , bleus ou dorés , des oiseaux-mouches, des coiiliris , des guit-;:uits couleur du ciel , des forestiers dores , des grives.
Sa chair, médiocrement bonne, est des gros^becs , des habia ponoeau, et leoouTerte d*une couche de graisse, le ndriri pointillé. -
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e L'UNI
Les Insectes ft les reptiles se raj)- ]iroflienttrop de eeux des répons voisines pour mériter une mention parti-
ti<'"li''r('. ^ !!•< frdiTf'ttroim pas toutefois (!«' inenlinniKT l.i mièpe leciiei^tiaita {poilstes lechegiiofw ) , la(jiielle on attribdc ce miel enivrant nui , pris à nnerertnine d se, est m; poison (1r< plus dangereux; c'est surtout dans le nouvel î^tat de ri'ruuuayque se trouvent <je8 insectes m ; i ! fa i sa n ts . Les a u t <• r el les se tuoritrf'Tit a des Intervalles de plusi^-urs années, ordinairement 5, (i ou 7 ans. Kiles arrivent <lu nord par des nuées épaisses , et dé|K)sent letirs œufs sur une étendue de tnrrain dont la rireonférf-nrp est queUjuefnis de plus de C4'nt lieuet^. Les larves sont (X>nsid<Ms, avee raison, oomme on des plus redoutables fléaux de ragricultuf e.
Après avoir glané, autant que nous le permettaient les bornes de cette notice , dans le champ de riiistoire na-
frurcllr, nous arrivons enfin à ce qai coueerne rhonuiie.
L'Aontme. Les Européens araient trodré snr le wA da nouveau monde pltisieiirs nations indicènes, dont trois seulement, les Mt.ricuins ^ |ps PnntvicTUiv.t les y/ffi/.scasy ollraient les traces d'une ancienne civtlîsation : les autres rt:ri"n^ pI^nK" s rl i;:'< im état de barbarie et d'ignorance dont le commerce de^s peuples policés n'a pu les tirer, m^me après plusieurs siédes. Noos te di^^on*: à regret , la plujiart de ces peuplades sauvaires o;it jviru, jusqu'ici, uniquement susceptibles de recevoir ee genre d*éducation que l'on donne aux'animaux les plus intelltgefrts. sans pouvoir atteindre à notre perff . tilMlité. Le mélange seul de leur espèce avec celle des colons européens a pu produire nne nouvelle race, à laquelle
cette observation n'est pas aussi rigoureusenjent applic^ible. Les conquérants et les missionnaires ont, tour à tour, essayé remploi de la force et relui de la persuasion ; ils ont tenu plusieurs génération^- d indiens parué^ comme de vil.>, troupeaux penant de longues années ; ils leur ont iàit oonnattre Fusage de nos vêtements,
celui de nos armes et de nos meubles; letir ont enseigné ragricultute et les
arts- ; ils en ont rait souvent même d^CEX-
cellcnfs ouvriers en professions niér:iniques : enlin ils ont tente de les faire participer aux trésors de la science...
Peines [terduesl i la pret^iiere occasion l'Indien r^'ini^nait les forets <:»ù ses pères avaient f^oiHe les biens de l'indépendance, n'emportant, de nos so<"iétés, que les armes perfectionnées et rns;><:!* de ré(|uitatiin\ La, so.n instinct l'avait bientôt taconne au\ mœurs natives, et il retrouvait avec joie tous les secrets de la vie saiiva^. l'einarquons encore que les jésuites ne parvinrent a tenir en tutelle que les seuls indiens (îuarauii, nation agricole, natureUement douée, timidé et soumise, tandis que les Charmas ^ le< /frpnncs^ les liot^cudos , et trénéralement toutes les tribus çuerriercs
Sul ne vivent que du produit de la liasse , qui manyï^ la cnair humaine, qui méprivent les peuples p-istenrs et sédentaires , ne nurent jamais se soumettre atix sacrinces que la civilisation exiiigeait d'eux.
Les Indiens de cette partie dn l'Amérique du Sud , vivant par groupes et petites peuplades , cachés dans les forets vierges , ou diss^nés dans les vastes plaines comiu"s sous le nom de Pampas et de i Jauos , difl'èrent peu par les traits de leur constitution \mysiqne , et moins encore par les morars et les usages. L'i , plus qu'ailleurs , l'inspection phvsio!oiriqnrdf*s indigènes fait connaître qu u u existe , sur la vaste sur^icedes deux Amériffue , aucune race d'iKNnmcs autochtlione, en, en d'autres ternies . oWo démontre qtie les Améi'icains descendent U une souche étran{|;ère à leur continent. Or, eii examinant la confi^nintion do ^lobe , après les irrandi-s catastrophes qui Pont bouleversé, en consultant les traditions des peuples asiatiques sur les émigrations de leovs ancèt res , et, aiirtout, en tenant compte des rappoite de mœurs et de pbysiononiie . on arrive à ce grand résultat anthropologique, dont l'évidence avait déjà él6 presaentte, que ia race américain ^
BUÉNOS-ATRCS, -PARAGIIAT, TOUGUAT. T
artient , par une origine commune , la MMiene mongole. La ftoe est large «t flate ; les yeux sent bridés et pla-
cé.s obliquement , de manière n ee que le grand angle s'abaisse vers le ne/ ; les pommettes saillantes, le sinciput œnique , le front bas et aplati , le nez eotirt et les narines !iipfi otivertes, les elieveux noirs et lisses, le jwil rare, et , le plus smivent , manque absolu de barbe. Ajoutons les caractères propres mnt aborigrnes <WV A mérique, dus in plu-
rart à leur habitude de vivre nus sous influenee des iiitnnpt ries atmosphériques. La couleur de la peau varie du brun foneé au rougei^tre clair; elle est ^ure et sècbe : aMs«;i no fnnt-il pas attribuer uniquement a une démontante coquetterie Tusat^e , si répamui parmi c^'s ^.uiva^zes, de s'enduire le corps <! une liuiic letide ou d'une graisse immonde : c'est une précaution salutaire pow empéeher les fercuras et prévenir les effets de Phumidité. La stature, chez qu('l'f»ies-npps des peuplades in- «liennes dont nous aurons à nous ocper, est fort élevée, nais connmmément elle est moyemie ; le corps est trapn , carré et rlnrnu, quoique peu muselé ; les pieds sont aplatis et larî»es.
i/état Fnnvnize, existence pas*;i\ e , l;khe et indolrnte, favorise peu le de- ■velo^pement des forées ph\siques ; anssi l'Américain est-il f^énéi'alejneut tnoins robuste que PEfiropéen.
Tamlis qiw ks aborijîènes du Pérou et de la Clolomliie sont braves , fiers , éléizants et présomptueux , les Indiens des provinces-oiiies de la Piata sont tristes, soml;res et abattus. Insensibles , en apfKirenee , à la joie comme à b douleur, ils offrent, en toutes eircoitstances , tm stoïcisme ^pide :
toute émotion est pour eux une fatij^ne intolérable. L'inndélite conjugale est même regardée, parmi eux, comme di^e à peine de quelques coups de pom^. Il est vrai que le divorce est, dans leurs mœurs, une chose aussi simple et aussi naturelle que le mariage; Jes époux se prennent et se séparent ians formalité. Une femme accepte le pfenrier épeiiz qui se préseate, fût-il
vieux et infirme; elle le quitte sans obstacles dès qu'die en éprouve le désir , on ^uand eon mari ne veut plus
d'elle.
Ces Indiens ont une grande horreur des morts. ChsK eux, lorsqu'un malade' est sur le point d'expirer, «on remporte loin de la {)€uplade pour le de|R)ser dans une fosse creusée exprès pour lui ; ses parents et ses amis laissent à ses côtes de l'eau et des vivres « et ne reviennent , de loin en loin, que pour voir s'il a rendu le dcrin'er soupir. Quand ils s'aper(jx>ivent qu'il ne donne plus aucun si^ de vie, ils jettent dans l;t fossr s<*s nrtnes et ses meilleures nippes, el rclrniMnf eette tombe où le mallieureiix était des- «endu vivout. Cette barliarie à Tégarddes morts est bien rliLriio veux qui , ainsi que nous le verrons plus bas , tuent les entants dans le sein de leurs mères. Les parents du défunt changent aussitôt de nom, afin, disentils , que l;t n)orf , qui certainement en a pris note, ne les retrouve plus quand élkvmriemHra.
Le iKouvernement de ces peuples est une sorte d'obcarehie répunlie.iine facile à oaracteriser. Les guerriers noaiment un chef, que les Enrepéens désignent f;oiis le nom de caeUfite .* c'est un véritable oflicier de pai\ , qui donne des conseils et jamais des ordres; les vieillanis seuls ont un privilège d'auterUé sur les jennes gens , et ces dernirrs sur leurs femmes. Ils jucent leurs difterends à coups de |>oing; la cause est g<Ygnée lorsque Tun des eonibsttnnls a tourné le dos à son adver* snire : celui-ci ne le poursuit jamais, et ne eherrbe pas à faire trophée de sa victoire; il est aussi modeste t]ue levainou se montre pen sensflUe àJa honte. Toute leur-éneigie de haine et de vengeance se coneentre sur les hommes des tribus étrangères : alors ils dissimulent , sMl le ftot , pendant plusieurs années; ils passent des Journées entières dans un jeilne complet, exposés à toutes les intetnperies de Tair, uniquement absorbés dans Tidée de guetter leur ennemi et de le Islra périir sous leurs coups. S*ils liuwiwwiM,
ils reviennent au carbet suspendre le erttne chevelu de Imir adversaire , et distribuer ii leurs amis quelques lambe;nix de son c^idavre , pris dans ks parties les plus ( barnues. /
Sobres ei patients quand ils manquent de nourriture, los Indiens sont voraet's et gourmands lorsque la cb i^se a été productive. On en a vu qui deiroraient, en un seul jour, six ou huit livres de viande à demi grillée , et quelquefois même déjà g;\tée, car le
§odt et rodorat,cbez eux, sont peu éveioppés ; ils ont, en revanche, Touie très-subtile et la vue perçante. Insoutieux (h l'avenir, [>eu memor.ttifs du passé, ignorant tout,jusquu leur âge, ces grands enfants passent leur vie à se balaneer dans des hamacs , à boire l'eiiu-de-vie des K,ijro|M'ens, le mate ou la chica^*). Les ienunes, rentrées de vermine et enduîttt de {graisse , ne se lavent jamais; ellts n*ainient ni jeux,
r»i danser, ni exercices, ni rliansoiis , ni travaux dunie>liques. Les hommes, quand le besoin les presse trop fortement , se décident à aller à la chasse ou à In i^aerre, et reviennent, ,i{;rès une seule expédition , reeonuiitiiicer leur existence léthargique et monotone, lis ont pour armes des massues^ des lances, des frondes, des couteaux formés d'une nierre tranciiante, des arcs et des flèches , outre les armes à feu achetées aux Européens. Ils aiment tous t'ii.ilenient à orî»er leur tète de redatant plunin^e des oiseaux de leur contrée. A peine vêtus, ils satisfont à la fois à un mstinct de pudeur et de coquetterie par un bizarre tatouage et des peintures rllon^trueu.^es, Féroces dans les combats , bospitaiiers pendant la |)aix, on les voit^ tour à tour, prodiguer les soins les plus tendres a l'étranger qui les \iMlp, ou se repaître de sa ciiair vivaiite quand le oasard des combats Ta mis en leur pouvoir. Ladifliculté que ces sauvages trouvent à se [uoeurer des aliments, a introduit panai eux une loi de dé- P^'pulation empreinte d^une atroce bar-
(*) Boi&ioa spûUtteaM faite avec du mid
feriucaté.
barie : les femmes conservent le«r premier enfant, ({quelquefois le seoondy' rarement le troisième, et se font avorter dans leurs grossesses subséquentes.
On a remarque que cet usage était, le plus généralement , établi sur toute la surf.ice de 1" Amérique. Les idées religieuses des aborigènes de ces contrées se limitent à la croyance d'un oonabat perpétuel entre le bon et le mau\;ii^ l>rinci[)e, et ils s'efforcent de venir au secours du prcnuer, soit par des actes d'un grossier feîidiisine, soit par les pratiques les plus ré vol toutes. De là ces atroces cérémonies, décorées ii!!}iro|irrnicrit <lu nom de fèîes , où qu( Iques fanatiques se mutilent euxméines d*une horrible manière, se faisant dans les chairs de profondes în« cisions avec des pieux de bois ou des roseaux traudiants qu ils laissent dans la plaie. Cet usage est encore en vi* g':< 0 à peu près chez toutes les naiioiis du Paraguay. C'est ordinairement vers le mois de juin que se célèbre cette f^te cruelle. Les Temmes et les jeiuics gens jH'u^i'i.î }• assister, mais les cliel's de famille .--euls y prennent part. La veille, les acteurs apportent tous leurs soins à se peindre le corps d*ane façon si bizarre, qu'elle écbap^ à la di'^cription ; ils ornent leur tete de pluwies et de bandelettes , et soignent scrupuleusement tous les détails du luxe américain. Dans la matinée du jour v'tîuuicl, ils boivent autant de iiqueius fortes qu'on peut leur ea fournir, et counneiicent ensuite a se {iiucer fortement les chairs des bras, des jamlje>; et des cuisses ; puis ils les percent d'oiitre en outre avtv des arêtes ef des morceaux de bois aigus, ou les coup! !it avec des roseaux; quelquesuns se percent même la langue et se frottent le visage avec le snng qui en découle. Cette affreuse cérémonie se
{prolonge pendant toute la journée ; es plus famies ou les plus extravagants succombent à leurs blessures. On a vu, diez les nations policées, des sophistes chercher à justifier le droit de la guerre pnr I I nécessité de prévenir une surabondance de po[)ulat!on. On ne peut attribuer qu'à uu préjugé semblable
BUÉNOS-AYRES, PARAGUAY, tRTJGUAY.
Forigine des fêtes de la nature de celles que nous 'venons de décrire; car les Indiens, soumis aux plus pénibles pri* valions , sont j)Prsu;jd«*s que la terre serait insuffisante a nourru* uue société trop nombreuse.
Ces satnages ont des médecins, qui sont également prêtres ou enchanteurs, i/apnlication do (juelqnrs simples , la dièt« et lorce jongleries constituent, (jarmi eux, Tart de la iiîédecinp.
La chasse, la pêche, la na\it;aIion sur des TnoîuwUon ou sur des radeaux (Toy. î)L 4), la confection des ornirs, dés hamacs, ta construction des carbets, la fabrication de quelques ouvraii^es eu uoterie, et la préparation f)remière des peaux , forment a peu près toute l'industrie de ces nations. Quelques-unes, mais en petit nombre , se livrent aux travaux d une grossière agriculture; et celles-là se firent remarquer , à Tépoque de la conquête , par la longue r^si^tanre qu'elles oppo.sèi erit aux Kuropcens, et surtout par une plus grande aptitude à recevoir rinlhiciice de la ciNilisation. L'importation des bestiaux, et notamment celle des chevaux , a opéré dans les mœurs indiennes la seule révolution vraiment digne de Tattention du philosophe.
Les Indiens ii>!nj»Ioient nirharruc, ni bœufs pour l.ibourer ; ils se servent, en guise de pioche, d*une omoplate de cheval enunanchée d'un bilton.
Plusieurs d'entre eux se sont faits pasteurs; quelques-uns ont appris à se servir du poncho, sorte de vêtement fort en usage fiarmi les cultivateurs (lu Paraguay, qui consiste en une pièce d etolTe avec uu trou au milieu pour y passer la téte. Le poncho forme un manteau sans manches qui ne dépasse pas les genoiiv.
Les nations indiennes du Paraguay ont toutes adopté l'usage du barùoL Dès qu*un enfant vient au monde, on lui passe dans In lèvre inférieure un pieu de bois nnnce et poli. Au bout de quelques mois , on le retire pour lui en sul)stituer un nouveau (Tudo plus grande dimeusion, et on augmeate
ainsi, d'année en année, jusqu'à ce que la lèvre ait pris assez de déveloopement pour recevoir un disque de la grandfMir d'ime pléfc de dnq francs, il arrive quelquefois que la lèvre s© déchire, et l'indien est alors obligé de la recoudre autour de son bctrbwt.
il est rare que ce disque s'adapte parfaitement à l'ouverture dans laquelle il est pose ; ce qui entraine un écoulement continuel de salive , et donne à ces sauvages un aspect dc'j:(HUant.
Les ( Jmn ufU) (\oy.pi. 6), race|)res-
2ue entièrement détruite aujourd'hui , talent de féroces brigands qui infestaient la 6a7t(to-orien/a/e depuis le trentième jusqu'au trente-cinquième parallèle. Errants à l'euibouchuredu Rio de la Ptata , sur les bords de IXTuguay, du Rio-jSégro et de l'Vbicuy , ils se réunissaient par troupes de 1 à ÔOO guerriers chaque fois qu li s'agissait de repousser les injustes agressions des Espagnols, dont ils étaient devenus la torn tir et le Iléau. La férocité innée des Charmas était telle , qu'on en retrouve le cachet dans leurs usages les plus familiers. Les femmes mêmes se découpent !n ncau et fhairs des bras et des jamlies en signe de deuil , ou par un inconcevable sentiment de coquetterie. A la mort d'un en^nt , sa mère se coupe la prenîière phalange (lu petit (loii:t , relie du second doigt quand cette jxrtc se renouvelle, et ainsi de suite. Nus, saies et puants, les Charmas ne se lavent jamais. Couchés, le ventre en l'air, sur une peau de bauf, ces truands de l'Amérique n*aiment que le re|)os , le soleil et la liberté; ils ne connaissent ni société, ni mn«s;(|np , ni lois , ni religion. Que leur importent les arts de la vieille Europe? Ile £iut-il pis en acheter la jouissance par le travail, et le travail n'est-il pas, pour un Charmas, ce qu'il y a de ni us cruel au monde? La faim seule, l'inexorable faim, les forée à sortir de cette douce apathie. Alors, le /aço en main , ils courent après les chevaux sauvages, les taureaux indomptés et les autruches agiles. Leur adresse à manier le lacet est vraiment admirable : à l'aide de cette arme, on
les a vus enlever , mi «ilieu des cavaliers e^pa^nolfi, l)ip|io de Mendoza,
le îzénfi 'il Vx/ . pt pliisirMirs riiitres adversaires Itou moins dixtinfines. Depuis que les di» viui\ i<e sont si prodiflieusemeiit fmiltipliés parmi eux, les th.irrtKis soi.t »ff'vt'nus de Irès-iiiiliilcs cavaliers. ]\ourris.<.int une luiim* iniplacable contre les Kuropeens, ils vivent, depuis trois siècles, en état d'hostilité avee eu\ , et n'ont jamais voulu sousci iri' aux conditions de [i:ux qui leur oui été proposées en plusieurs occasions ; aussi leur voistnapse était-îl des plus incommodes poiu- Monte> ideo.
Kn(it) . le prp>.id''i>t d»* h n'[Mihl=(j»ie oriemale du la Mata, I). i'riK-.luoso Rilieni , les a presque entièrement détruits en y)8S. Farini ceux qui ont écJiappé nu v.<inqtirnr. tr(>î>^ hommes et une tbiiune turent conduits en t ramée Tannée suivante, «t amenés à iMs, où ils d<*vini«'nl Tobjet d'iuie curiosité si fatiiiantr, et eti même temps si huoîiliaide,.que l'un d eux, .Sr/iaf/m'', dit le médecin , en mourut de désespoir. Prêt à rendre le dernier soupir, €6 malheuretix rcetieinit forces et s'écriii , d iui ton si douloureux que tous les assistants en turent einus :
Paris! Paris!
faïuinra- Pérou , dit Ir chef, Tncotiafir If jeune iruer i ier, et s.i «vunpague GuywwMiy ont été traînes de viUe «n ville, et livrés partout à l'insupportable indisrréfion decesnïémes Euro|>éens clie/ lesquels ils comptaient trouver une tranche et noble hospitalité. L u journal de Lyon a annoncé dernièrement ( juillet 1834 ) que la jeune (tjitj\in^i^n rt un eiifnnt à la ninfllelle avaient seuls survécu rajoutons ^ne c« serait nn acte di^Mie de la 96nérosité firancaise que de rendre ces mnlheureuK a la terre qui les a ' ▼us iiaitre.
Auprès des Charmas vivent quelques peuplades qui paraissent leur appartenir par iiiie orifiine commune et cles nxrurs identiques. De <'e nomhre sont les Minoaiies et les (.o^itéros.
D'autres, les Mofumes et les iurûs ont été exterminais, et on peut dire dévorés par les Cbarruas. « y
Les Cu&rmnU wasptÊ/t la majeure partie du sol de Para^^uny , et sont répandus enror"d:uis les Missions d'ilJitre Uios, n ii\ gauche du i*arana. Cette famille romprend plusieurs puplades dont les dénominations seraient dîA* cih's il établir, nttendu que, selon toutes probabiiitt^s , elles prennent le iioiu de leur cacique, ou celui du lieu qu*elles habitent. Ce sont les Gvararus r]\\c les jésuites nvnient sntunis à ce iiouveriieiiient tliéoerntique dont nous aurons bientôt a parler avec quelques détails. Les hommes de cette nnlion ont lui peu de barbe, ce qui ies disliufîue des autres Indiens. Ils MMit petits , torts et charnus ; leur couleur est un roux foncé. Ils ont la ph\ sioiMmie triste, l'air avili et le caractère timide. Leurs femmes , peu asré;d>le<; naturelleu)eut , i^^uteot encore a leur laideur pr des usages ridicnies, lais que oehii de sillonner la peau de leur visajze, depuis le tro!it jusqu'à la Ik)Uche , par des ligues indélébiles. Les jeunes filles sont soumises à cette oeératiori dès qu'elles entrent dans Vi^ de puberté'. La lanizue des (iuaranis est la j)ltis répandue sur le sol des provinces du liio de la Plata. « En < parlant leur lan^afçe, dit Azaraf « très-différent d*' tous les autres, on « pouvait \ oyairer dans tout le Brésil, « entrer dans le Paraguay, descendre « ensuite à Buéaes-Âyres, et remonter « au IVrou, iufflu'iuMiiUMidea Cbî- « riiîuanns. »
Les i'ayaguas vivent siur ies deux rives du Paraguay. Ils formaient, à répoqw de la oonqnete , une nation non>breuseet puissante, dont une tribu, appelée Jgaves uar les Espagnols, du nom défiguré de leur cMqne tim^ gnch , joue surtout un rôle important dans l'histoire du temps. Les Payapuas se distinguent de leurs voisins par une stature plus élevée, une taille miei» prise et un air moins farouche.
Ils votif font nus, à l'exerplion d'un mar)teau de coton (pi ils portent (piand ie temps est froid, (liiez c^tte nation les jeunes filles ae compriinentla f^rge au nioyen d'une bandelette qui ne permet au sein de prendre son déve-
BUÉXOS-AYRES, P.^
loppcment quVn se dirîîirnnt vers la eemttire. Les hommes et les femmes se tdtoumt le Ttsage «t les membres, portent le Imrbot^ et coupent lenrclie-
velure sur le Tront, en In I.i!<*;:tnt croître et (lotter |uir «lerriere. lis n out d'autre occupation que la cuerre, d'autre plaisir que celm de s'enivrer.
L<\s Ctio'jntrvs hnhitent 1rs rivr^ clii Haut-Paraguay. Jis sont pasteurs et possèdent d'inu'nenses troupeaux de iKrufs. Habiles eavaliers , ils passent In plus f^rande partie de loiir vie ;i cl; •val, ce qui leur a valu, de la pirt des H.spaj^nols , le surnom de cavaUeiros.
Tjem gonvern^ent est une confédératîon aristocrati'ju'', où l'on trouve des nobh'S , des tiuerri r ^ et des esclave:». La taille des Guayeurus De Je cède pas h celle des Patagoos : elle dépasve qu'^lqucfois six pieds.
Les nations ai:rirn!es des Mbaijan et des Guanos, di.sscminées danî» les plaines du grand ChacD et sttr la Hte orientale du Paraguay , sont des voisins turl)nlents , tort redoutés \r\r l'^s Eupopéeus. C'est surtout pour se préserver de leurs înciirsions que le dictateur a établi ime l ine de postes militaires sur le-s bords du Parn^nny. f' Les Ahiponcs et les Mocobys , anthropopliaces de haute stature et aux formes athlétiques , occupaient Tintérieur du (lli iro. à r«''poqiif' de In conquête, et cniniifaicnt alors au moins 100,000 individus. Mais , ennemies Tune de Tautre , ces dein mrtions se firent long-temps une guerre d>\trrmination. Les Mocobys succoruhfr'^iit, et furent vengés par les Lspaguols ; ceux-ci réduisirent les Abipones et les colonisèrent, 1* sur la rive septentrionale de la rivière Bey , sous le yinî^thuitièine degré de latitude ; 2" sur le bord occidental du Parana , vis-à-vis de la ville de Corricntes; S* dans la plaine de Tunho^ à 70 lieues au sud de l' Assomption, sur la rive droite du" Paraguay ; 4° enfln, sur la rive occidentale dû /{io-Dotce <, h environ 50 lieues de S mtiago, où les p3tura!Z''s frèsal)ondants ont favorisé la ujultiplication des bestiaux. A rexceplion de la deiiiièfe, ces colonies ont été détruites
VAGUAT, nu r.UAY. II
par la |>etite vérole, les guerres q^la désertion (*).
Les Lengms , ainsi appelés par les
Esptjînols , à catise de la nrme particulière de leur barbof, qui ressetnWe à une langue , sont sans doute aujourdliui entièrement détraits , puisqu'en 1794 il ne restait plus de cette natioii îT'îerrière om" vingt-deux individus, dont huit Jemmes.
IjCS Pampas vivent dans les vastes plaines du même nom, situées entre II" trente-sixième et trente-neuviènie de^re <ie bttitude. Ils sont connus ei;alement sous le nom de OtieramUs et BOUS celui de PîÊefeket. Cette nation, moins t':n (Mi(iif f|'t" srs v( 'sincs . fait un commercii d'cctiange avec les Luropéeus.
TjCS airtres prtiplades qui vagabondent sur le sol de la république argent itie ne semblent f'îre- ipie des variété.s des races principales que nous avons mentionnées. Klles sont eonfondues sous des noms diveps, enq>runté8, la pbiplart , à des aH^res , des lleuves ou des ntontagnes. ISous nous bornerons h mentionner les .4uc€tSj les Cfi^ riguanps, les Chanas, les Tvpi/s, les / v/".v, les r:nimaffa8, les Chi^uUos et
les Italincs.
Lorsque ces îndîerî?, décimés par la guerre et ret'oidés dans des solitudes
(MI 1-1 '-n! <:<tance devient trop précaire, en sont réduits:! demander îrrnce et asile aux colonies europeeimes, ou leur concède des terres à cultiver sous In condition d'une redevance en .nature ; ce sont ces établissements qui sont connus sous le nom de liédW' fions.
Le langa!»c de ces peuples est puttural, glapissant et presque impossible à rendre par nos lettres. Les idiomes varient à rinfhii, puisque dans la senle province du Paraguay on en compte plus de cinquante ; mais toiis se ressemblent en un point essentiel , c'est la profusion des métaphores. L'.Indieo,
(•) La pf. S est la rrprésfn talion 'd'une scène irjinlhropriphapipqui peut serappor ti'r à la p!it|)art des xuùons que nous valons dciioouHer*
même dans ses rapports de faniille, ne parie que par allusion, par svllepsc, allégorie, périplirase ou liynerbole, et ce n'est nas pi ur 1rs peuples policés le inoiiidre i>ujet d etonneiuent que €ette richesse de figures oratoires propre aux ahorigènes de TAmérique.
Ciiez eux, U' nom (Vun individu est euiprutilea 1 annual ou a la plante dont il possède les qualités : un brave guergier est ie jaguar féroce, un autre se noinnie le loup rouge , le cerf agile ou l€ grand tapir, line jeune (il le se parera du nom d*une ti<:e ilexihie, ou d*un arbuste aux fleurs Drillantes.
Comme ils ne connaissent pas leur â^e, ou a cité, en parlant de ces ludiens, de nombreux e.\cn)|iles d^une Iotip;évité extraordinaire, qui ne l'eposent sur rien de positif. On a vu, diton, des hommes de cent à cent vingt ans monter à clieval , aller à la chasse et ménie à la guerre. Il est difficile de croire à la trctjupnrp de ces phcnoniènes cliez des iiutiuns que les guern s , le climat et leurs propres mu'urs environnent inoessanu)ient de tant de causes de deslrurtion. II scnililt' [)lus raisonnable d entrcvtiir, au milieu des faits que nous venuui» d esquisser , une amélioration dans la vie sauva^, qu'une marche décisive vers la civilisation, l.cs Indiens sont depuis si lon;^-tcmps stalionnaires, et ont résisté avec tant d'opiniâtreté à toutes les tentatives par lesquelles TEurope a voulu les élever à son niveau, qu'on |>eut en conclure «qu'ils ont l'ait tous les progrès dont ils sont susceptibles. Refoules dans leurs forêts par les empiétements progressifs des nations policées, un jour leur race disparaîtra de la surface du ^lol>e, et leurs dem!r*rii rejetons , mêlés aux es pm*s étrnn^.^res , vivront dans les pam/mi de 1* Amérique, connue les Tatares et le;» Cosaques dans les steppes de la Russie; nomades, bons cavaliers et braves soldats , dormant sons des tentes , \ctus d h;ii)its ad:q»tes au climat et à Ja localité, tributaires et alliés, mais jamais sujets de leurs voisins.
XSous connaissons maiotenaut la
géographie naturelle ainsi que les peuples indigènes des provinces-unies du
Rio de la Plata; il nous reste encore à étudier cette vaste contrée entre les mains des Européens, avant que de passer à Tbistoire politique.
ÉTAT PHTSIQUE FT POlJTIQOB DEPOIS LA COAQULIE.
Les provincrs nrgentines possèdent»
depiiis la coïKpn-te , une jwipnlation composée d'eiements hel4.^roi;enes. Les Créoles sont les descendants de ractt pure , des Européens qui vinrent à diverses épo<pies s'établir dans le pavs.
Les Mulâtres, issus d'un blanc et d'iiae néçresse, forment à peu près la cinquième partie de la population, l ne moitié de cette race se compose d'hommes libres, l'autre d cidaves. Les ^fétis proviennent du blanc et de l'iadii^ene aincricaiD; les Zaoïôi du nègn et de riiulien.
Il serait inutile de s'étendre lon^^ucment sur les mœurs et les usages de cette |)opulation coloniale : on y retrouve le caractère espa:inol, exai^érc en rertaînes localités par i ardeur du climat, altère, en d'autres lieu.x , par la rar^ des communications, et partout soumis à riniluence du croisement dt s races , à celle de la priv^ition de certains objets d'art ou de luxe, à celle enfin d'une existence que la terre et le ciel voudraient rendre indolente et lipureuse, maïs qui est sans cesse troublée par le voisma^e des animaux malfaisants, par les incursions des Indiens, et par la politique de PEurope. Le caractère de ces colons ressortira suflisamment d'ailleurs des détails historiques dans lesquels nous entrerons à leur sn;et.
Il est encore u-\ une classe d'hommes que nous ne devons pas omettre de signaler; c'est celle des /'éo;w ou pâtres des plaines. Si les Indiens efifrent le triste spectacle d'une race sauvage qui na pu entrer dans les voies delà civilisation, les /'eo/w présentent celui, non moins déplorable, d'une raot
I':!(lis civilisée, que le temps et la soitude ont réduite à Tétat sauvage.
BUK.NOS-AYRES , PARAGUAY, UBUGUAY
Descendants des anciens pMres rspagnoU , les Péons gardent d'innummaDles troupeaux dans les plaines désertes du Tucumnn, du Pnr.ipiiny et de riTupuay. Toujours armes du poignard, toujours montes à chevai, ils se oonnaissent d^autres lois <|ue celles du besoin. La vie de leurs frères est à leur*; yeuxdu même prix que celle d'un luoutôn ou d'une vache , et, pour la .
plus légère offense, ils oommeneot un meuitra. La passion brutale remplace chez eux le sentiment de rmiionr; et quand ils peuvent enlever une iemme fscéoXty ils se livrent entre eux des condiats acharnés pour s'en disputer la possession. l>a marneureiise devient la l'enune du vainqueur , et vit avec lui jusau'au moment où un nouvel assassinat la livrera à un second époux.
Les Prnns donnent sur une peau de bo'ut; ils lie se nourrissent que de viande de vache à demi grillée ; ils boivent dans un crâne de cheval ou line corne de b<euf. Passionnés p<inr Teau-de-vie, ils sedisjiutent à coups de couteau les provisions que les Créoles leur en vendent. Exceltents cavaliers d'ailleurs et fort habiles à manier le /crfo, ces pâtres sauva;;es ont étc titiles aux indé|K*ndunts , a 1 époque de la tévolution , quand Tespoir du butin a pa les attirer sur le théâtre de la guerre ( voy. pl. 8 ).
Les bestiaux, dont Timportation est dae aux Européens, se sont multipliés dans une progression (^ui déconcerte tous les ( tirtils. Uit'ii n est plus commun que de rencontrer des troupeaux de 8 a 10,000 bœufs. Plusieurs propriétaires ont jusqu'à 100,000 bétes à rornrs; mais heau'-oup en posstMJent 20, 30, 40 et ,'»(), uoo. D.ins les missions des Guaranis ou a vu dc^ troupeaux de 80,000 brebis; le plus gros toeuf ne s'y vendait qu'une piastre.
chev:ui\ «rf^ffrent p.is un phénomène de inulliplication moins étonnant, et il n*est pas rare de voir des propriétaires qui en possèdent cinq ou six mille. Génendemerjt ii^ sonî intrrieurs aux chevaux audalous sous le rapport de la taille, mais non pas sous celui dé la force ni de Tagilité.
L'industrie agricole était à peu près nulle dans les premières années de la conquête. La guerre de la révolution en a retardé les progrès; mais il y a lieu d'espérer que la paix ne tardera pas à lui rendre Timpulsion qu'elle, avait perdue. Les oolons cultivent le maté y la canne à sucre, le cotonnier, les principales cer* mIcs, divers arbres fruitiers, dont une grande partie a été importée d*£urope, le tabac, Tindigotier, etc.
Trois états divisent aujourd'hui cette vaste contrée : le Paraguay y la ton,' jédéraJOxm 6iiénof-ayr»iifie et ^Vr^
gnaij.
Le P\R\r,tT\Y est à rAménmie du Sud ce que la Chine est à l'Asie, un sanctuaire également impénétrable pour le commerce, pour la science et
pour l;> politique.
Cette contrée , démembrement de l'ancienne vice-royauté de la Plata, ofire le spectacle, étrange sans doute, mais non [>as inouï, d'une nation qui, courant impétueusement à la liberté, s'est arrêtée, honteuse et tremblante, à la, voix . difn despote.- Un homme s'est constitué dictateur perpétuel dans une république ; il s'est déclaré, sans obstacle, l'arbitre suprême des destinées de son pays ; il a pris dans sa main la vie et' la mort du peuple!
Mais a-t-il agi par conviction ou par ambition.^ dans l'intérêt de ses coui-
rïtriotes ou dans le sien La réponse ces questions sortira d'elle-même des détruis que nous donnerons, sans colère et sans passion , quand nous aurons à parler du docteur Francia.
On a dâ>ité bien des contes sur cet homme extraordinaire, qui, retranclu^ derrière les fleuves et les déserts , au copur de l'Amérique sauvage, met encore en avant ses décrets et ses satellites pour repousser les perfides [)réseals de la \icille Europe, ^(>lls rétablirons quand il en sera temps la vérité à son égard ; et ici elle est d*autantplus imitortante que Plustoire moderne du ParniMiny se résume tout entière dans celle du dictateur, cet héritier de la potitiqae et do pouvoir des jésuites.
Le Pameuay, dans ses limites actuelles, esi comj>ris entre les 20' et 28* degrés de latitude australe, 56* et or (le iotii^itude occidentale. Il se trouve prt^ss^î entre reiiijtlre du nré>il et les plaines iiiteriiiiuabies da gnmd Cnaoo , séparé , de Tun , par le lleuve Pjr.uia, (|ui f^nne une tvonWerc naturelle a I est ft nu sud , vt d» s autres, par le Kio-l^araguay , qu» coule à Touest et lui donne son noin. Sa plus ;^rande longueur est de 180 lieues couiuuaies , sur une largeur d'envirou 100 lieut^. Sa surlace u'ottre qu^une plaine unie, entrecoupée de bois , de lajiunes et d'un petft nombre d't lf\atiou.s , <)ui ne détruisent pas seitôiblemeutriiurizont ilitcdutt rraiu; les plus hautes mont. ..n. s, (]ui se trouvent vers le ?i.-0., relèvent h peine h 200 mètres au-dessus de leurs baàes. Cette plaine u est couiposée que d*une mince croâte de terre, recouvrant la roclie massive, et cependant elle est, en général, d'une grande fertilité; mais, en certaines localités , il n'y a pas assez de bon terrain pour la culture.
Plusieurs aflluents du Bio-Parana charrient des cornalines et des i;angues de cristaux, il existe une carrière d*aloiant prèsYati, vers le degré.
Les niiiicrnuK sont d'ailleurs fort rares, t ! , qu.mt au sel, les habitants se le prom urent en ramassant les elfloresi'euies blanches qui couvrent les vallées dans l;i saison de la stu lieresse. Ils les font dissoudre, les Idtrent ensuite, et eu font bouillir la lessive , |)our opérer la cristallisaticNi.
Le coton, les pistaches, la cmue à sucre, le manioc, le blé et le tabac sont des articles importants pour raericulture du pays; ils pourront même lui procurer de grandes ressources quand il aiûra recouvré sa liberté.
Le diCtatorat 4a Paraguay possède une population d'environ 2i>0,000
ames. Sur ce nombre, V .f^sont/ifion ^ capitale, y est comprise pour 12,000, et Villa-Rica, pour 4000. Le pays des JHiuions^ sur la rive droite €tt Parant, au S.-£. de i'AssoiDj^n,
comprend huit peuplades d'Indiens , ^ quelques nuUiers de blancs, qui y ont iicquis des terres, depuis l'ex* pulsion tit s (',>uifes.
I " \sxirupiion , sur la rive jiauche du Paraguay, est ui>e ville Ibrt irregulière, dont l'asiiect a été entièrement iKJUÎcvcrsé par le docteur Frnriria. On y remarque la ratludrale, plusieurs casernes , le séminaire et le i)alais de Pévéque.
Les autres villes principales sont Curuquaty y .\eeuibiici< ^ ou f ilia dal PiLaiy Conception, f Uia de :>an- Pedro, Ytopm, et Tétfégo, fondée par le dictateur. Chacune de ces \illcs, ou piutn! chacun de ces villaj:rs, est le cbet-heii d'un cercle du uième nuiu. Tévégo , située dans les vastes eoliludes du nonl , est un lieu d'exil pour les malheureux qui ont encouru la disgrâce du docteur Francia; /nw, dans le territoire te Miasiooi, a acquis une oertaine Importaneey depuis rpTruie dounne y n (^té établie.
La LO.\l-El)KUVllON BLK?IC»-ii¥-
Ri£>.\B comprend quatorze provinoes, dont chacune, à rexoeptien de la seconde , reçoit son nom de cHui de son chef-lieu : 1" Biiénos-Ayres, 2" Kntre-Uios , Corientes , 4" Santa-fc, S* Cordova, fl» Santiago del Estero, 7»
Tucuman, 8" Salta , 9".Jujuy, 10° C:itamarca, 11» llioja, 12" Sau-Juau, 13" San-Luis , 14° Mendoza.
Nous verrons, dans la suite de cett»
notice , que , pendant l'aduiinisfration éclairée vt ] lîeriK-'lle de Kivadavia, ces provinces se réunirent, soiis la dénomination de Bépubiique argeti' tine. Cette union ne devait pas être de lonpie durée; aussi M. Jialbi faitil observer, avec raison, qu'il ne faut pas prendre, cette fois, lemotdccoii- Ji'iii Kilitm dans un sens absolu, niais relatif à l'état oi'i se trouvent ces pays , état qui ne laisse aucun moyen d*en déterminer, avec exactitude , û le titrt, ni les divisioiis administra* tives.
• La population de cette confédération peut être évaluée, très-approiîmativement, de à 700„eM
ames.
BUÉTfOS-ATRES, PAJ
Buenos- Ayres est le sie^çe U un éfé* ché, d'une université, d*uiMî académie de jui is[)rtideiM e , et d'une socict»' littéraire, tufi(l<*t' p;ir Ni. r«i\ ia.
X.a vdie eî>t siiuee sue ia ri\e droite du Rio de la Plata. Sou |>ort, encombré par plusieurs bam.s de subie, ne j)eut donner aerès aux uraruls navires; ceux-ci s'arrêtent a la baie de i^arragan. Parmi ses édifices les plus reii)ar(;:i u ! on peut meatioiuier la cathédrale, 1 liotri des monnaies , le
Érand hùpital, la bauuue, l'égiise de amt'Fraiiçob, celle de la Merci el la elianilNre des députes. Klle possède plusiejirs eollé-jes potir les deux sexes, un laboratoire de ebunie , des cabinets de pbysique et de nnnéraio^ie, et la plua riche bibliothèque de toute TAiiiérique méridionale, le noM lue (!i s volumes s'v rle\ ant à •20,0iM>. iai l«HU, on publiait dans cette ville 17 juur-
Les deux pins belles rues sont celles de Santa- Tnnidud et Ihlla-l ic/oria.
La première traverse ia ville dans presque tonte sa longueur, et aboutit au portail de la cathédrale. Les maisons , assez bien bâties , sont sénera- Icuieot situées entre deux jar(|m5. La quantité de boue qui obstrue les rues a rendu indispensable Tusa^ des trottoirs ' \(n\ /;/, l;} et 14 \
La population de iînenos- Ayres Hotte actuellement entre 05 et 70^000 ames. Son l ommeree est fort important, et en t'ait, sous re rnpfwrt, une des prin<'ipales pl ires du nouveau iiKinde. il consiste , pour les exportations , en espèces monnayées d*or ou d'ament. pour une valeur movcnne (Je l'0,«>oo,0(M) de francs; en cuirs de ixjfuls, vaciies et taureaux, pour lâyOOOvOOO; en peaux de cheval , de tîfçns, de loups, de chinchillas et autres; en vianaes salées, pl-HOfs truches, suit', graisse, cornes, metiicaments, etc., ensemble pour 5,000,000 de francs , ce qui porte à dO,000,000 ' :\ valeur totale des exportations, (lelle de^ importations surpasse la première do 4 à a millions.
Ce mouvement si important a atliié à BuéooflhAyres environ 4000 «
AGUAY, tAUGlIAT. tfr
Anglais etautantde Français. Ln traité de commerce et de navltïalion, conclu, le '2 fevrit-r lS2ô, entre les pro- \ inces-iiriies dt* la l*lata et la Grnndeiirelai;ne , assure aux sujets de cette dernière puissance des avantages dont les Kran<^'ais ne jouissent pas; rf («pendant, nr) estimahe eerivaiii du pa^s al'lirme que ia dt^po^ition naturelle des esprits de ses compatriotes les porte a donner, sur plu.sieurs points, la prélereoce aux lioiîts et ,nix usages de la l- rance ('). Le commerce avec les Indiens Pampas surpasse la socmne de 100,000 dollars ( .iOi),noo t'r. ); il consiste en pkiiMes, brides» sel et laines (**).
On remarque, dans la même pro- * vilioe, la petite ville de fkinoyan, avec une belle baie, où s'arrêtent les ^ros navire> . (pji ne peuvetit aborder a Biicnos-A \ res ; le lort /iulejjemknda et la BahtO'JSÎattca» Le groupe des îles Malouines appartient à cette provinee; le gouvernement de HuenoS- Ayres y a i'uudé une colonie (**•;.
(*) Oii lit dans le Journal de la manne et dts coUmicit du omms d'auiil t^J4. •* La couviiotioa préliminaire à tin miré de commerce et d'aniilié entre ]>iii rio.<>. Ayres et ta France, a •'•lé le i ;ï m.-ii di-niicr par
M. MeM(le\iili' , euiiNiti générai fraïK^ais, et par M. Ir général Oiiido, r«HiMnissaTre du i;<)n\«Tiieni«'nl ar^i ntin. On alli ful la nililirnlion de la rh.imbre de-i dépiiUs de la lépnl>li(|iie; aiissiiol qiiVllf sera ol>leiiue, la coiiv«>nlioii leni asiimise à la ralifinMioii de noire ;;onvt»rni*n>eiif. On a«'»nrc qtif la population fraa^i«e el notre coiuinrrce, eik btrirc de laiiiea les garauties déiiniMes , oui olt^enn. par «cite roii^enlion pi éliniinaire, le<i u\an(ti(;fs dont jnui<>s<Heut l*-s uanouk qui IfS prenueivs reeonnurenl oflicielleiucnt riade|H;ndauee d<' l'.uénov A>reA.
ÎMiiis l'on s.nil di |.i <|ue l,j prrscnlation de ce traité a ex* île la pluji opfiokitiua dans le sroal arf^niiii , ri'mpli de dispositions llOSti1«-> I oiiiie la France, disposilioiis qui parai -sent hn être inspirées par les intrigue» df.h iigents anglais. »
(") ^o)*"' à la ' S unebouti<|ue de marchand indico «le Buénot-Ajres.
(***) Ymres ponr la description de» ika MakMiinrs te Notice nw la Patafonia^