‹ L'universChapitre 11 sur 212 · Trichines rongeant un muscle, grossies 200 fois · texte numérisé non relu

Trichines rongeant un muscle, grossies 200 fois

que jour plus de deux mille huit cent fois son circuit, en supposant, à cause des ramifications capillaires et des courbes des vaisseaux chez l'homme, que ce circuit complet n'a qu'une longueur de 4 à 5 mètres, les animalcules mêlés à notre sang sont donc chaque jour emportés par un torrent qui fait avec eux environ trois lieues. Quel affreux voyage pour d'aussi frêles natures !

L'homme lui-même, malgré son orgueil, ne s'imagine pas quelle population invisible le dévore d'une manière incessante, et finit parfois par le tuer. On découvre toujours, dans son

intestin, des masses de Vibrions, véritables Anguillules imperceptibles. La bouche est perpétuellement habitée par des myriades d'animalcules ; et le tartre, qui ébranle nos dents, n'en représente que l'ossuaire microscopique, car souvent il n'est formé que d'incrustations de leurs squelettes calcaires.

Des Vers intestinaux pas plus gros que la tète d'une épingle, en se rassemblant en colonies dans la tète des moutons, occasionnent fatalement leur mort. Ce sont eux qui causent cette maladie, connue dans nos campagnes sous le nom de folie, ou plus souvent de tournis, parce que les animaux qui en sont attaqués tournent continuellement sur eux-mêmes.

Les innombrables légions d'un autre ver, encore plus petit,

14. Trichine femelle émettant ses petits, grossie 600 fois. D'après le Dr Pcnnetier.

envahissent tous nos organes charnus. Celui-ci s'y multiplie parfois tellement, qu'on en a compté jusqu'à vingt-cinq dans l'un des muscles de l'intérieur de l'oreille, qui ne dépasse pas la grosseur d'un grain de millet3.

Ce Ver, sur lequel on en a tant dit dans ces derniers temps, est la Trichine spirale, dont le porc est l'habitat de prédilection. Mais celle-ci s'observe parfois aussi sur l'homme, dans les pays où particulièrement, comme en Allemagne, on mange du jambon et du saucisson crus. Introduites dans notre économie avec ces aliments, les Trichines pullulent dans l'intestin, et leurs petits envahissent à tel point tous les muscles, que l'on en découvre jusqu'à six ou huit sur chaque parcelle qui se trouve dans le champ du microscope. Il en résulte une mort

affreuse; nous sommes rongés tout vivants par ces imperceptibles vers, et aucune puissance humaine ne peut en suspendre l'œuvre.

Ainsi le domaine des Microzoaires n'a de bornes que l'immensité !

Page 1