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L'ANATOMIE DES PLANTES

Trois hommes de génie, Grew, Malpighi et Leuweuhoeck, disséminés en Angleterre, en Italie et en Hollande, fondèrent presque en même temps l'anatomie végétale. L'antiquité n'en avait eu nulle connaissance, car comme ce n'est qu'à l'aide du microscope, ce grand révélateur, qu'on en pénètre les intimes secrets, la découverte de cet instrument devait nécessairement précéder celle de la structure des plantes.

Le Microscope nous apprit, bien rapidement, que tout l'édifice végétal dérivait de la Cellule, et que celle-ci n'était que l'élément créateur des divers organes de la plante, malgré leur diversité.

Les Cellules ne sont que de petites vésicules microscopiques d'abord globuleuses, mais qui, en s'accroissant et en se déprimant mutuellement, deviennent polyédriques. Et ces éléments, qui se dérobent à nos yeux, animés d'une inconcevable force plastique, en se multipliant d'une façon prodigieuse, créent des mondes nouveaux, a Donnez-moi un levier et un

point d'appui, et je soulèverai le globe, » disait Archimède. Presque en paraphrasant le géomètre de Syracuse, M. Raspail a pu dire : « Donnez-moi une cellule animée, et je reproduirai toute la végétation. »

Cependant, ce sont ces cellules, ces atomes vivants, ayant à peine un centième de millimètre de diamètre, mais doués d'une mystérieuse et incommensurable force de production, qui à chaque printemps couvrent notre sol de verdure, et font surgir l'effrayante savane ou l'immense forêt vierge.

Ces vésicules créatrices, en s' allongeant, deviennent des libres ou des vaisseaux ; et ces éléments anatomiques, en se groupant, forment des racines, des tiges, des feuilles ou des fleurs. Leur multiplication se fait avec une si prodigieuse rapidité, qu'un de leurs amas, presque invisible et qui n'a pas la centième partie du volume de la tête d'une épingle, produit parfois, en une seule nuit, une plante qui atteint la grosseur d'une citrouille ! C'est ce qui a lieu pour quelques champignons.

Malgré l'extrême exiguïté qu'offre l'intérieur des Cellules, celles-ci n'en contiennent pas moins des corps de nature fort variée et qu'on est parfois même tout surpris d'y rencontrer.

Dans les feuilles, elles sont toutes remplies de petits granules verts, qui donnent à la végétation la couleur qu'elle étale partout. Parfois on y observe de fins cristaux. Vaucher et Morren y ont «même rencontré des animalcules parfaitement vivants, sur quelques végétaux aquatiques. Enfin , Trécul a démontré récemment à l'Académie des sciences que le tissu cellulaire des Caladiums était parfois envahi par de nombreux végétaux rudimentaires, dont, selon ce savant, au milieu de ce tissu si profond et si parfaitement clos, il est impossible d'expliquer l'apparition autrement que par la génération spontanée'5.

Mais ce que l'on rencontre le plus souvent à l'intérieur du tissu cellulaire, c'est notre fécule alimentaire. Chacune de ses

utricules microscopiques en est parfois toute bourrée. On en observe dans tous les organes, les racines, les tiges et les fruits.

Nous nous étonnons, lorsque les navigateurs nous racontent que les insulaires d'Otahiti confectionnent un véritable pain en plaçant tout simplement sur un brasier quelques tranches d'un gros fruit de leur île, qui, aussitôt qu'elles sont enlevées du gril, offrent absolument le goût du produit de nos boulangeries. Cela s'explique facilement. Les fruits de l'arbre à pain, car c'est ainsi qu'on le nomme, parvenant à un volume énorme,

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