ABSORPTION
C'est aux Racines et aux Feuilles que la nature a confié l'absorption, cette source absolue de nourriture.
Les feuilles pompent l'air humide par toute leur surface, par tous leurs pores, tandis que ce n'est qu'à l'aide de leur fine chevelure que les racines s'imbibent de l'eau du sol. Et encore, sur la racine l'absorption se trouve absolument localisée : elle ne se produit même pas sur toute l'étendue de ses filaments capillaires, mais seulement par la spongiole microscopique qui termine chacun d'eux et fait l'office d'un suçoir; aussi Linnée a-t-il pu comparer les racines aux vaisseaux chylifères des animaux.
Les grosses racines des végétaux, auxquelles le vulgaire a dû naturellement attribuer la principale fonction de la vie, lui sont cependant presque absolument étrangères. Une expérience bien simple le démontre. Si vous placez dans du sable sec le corps radical d'une plante, tandis que vous mettez seulement son chevelu dans une terre propice ou dans l'eau, elle continue de végéter en étalant la plus fraîche verdure. Mais si, au contraire, sa grosse racine se trouve entourée d'un