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TRANSPIRATION DES PLANTES

La physiologie végétale se rapproche beaucoup de celle des animaux. Ainsi qu'eux, les plantes exhalent, par toute leur surface, une abondante transpiration. C'est cette transpiration qui, condensée sur les feuilles par le froid des nuits, y forme les limpides gouttelettes d'eau que le vulgaire croit à tort provenir du dépôt de l'humidité atmosphérique.

Ce fut à l'un des professeurs qui ont le plus contribué à illustrer l'Université de Leyde, à Muschenbroeck, que vint l'idée de démontrer que les plantes transpiraient tout comme les animaux. A cet effet, il environna d'une plaque de plomb tout l'alentour d'un Pavot somnifère, afin d'empêcher les vapeurs de la terre d'entraver son expérience. Ensuite, la plante fut recouverte d'une cloche de verre, que l'on mastiqua sur le plomb. Après cela, lorsque chaque matin le physicien venait observer son pavot emprisonné , il s'apercevait constamment que, même durant les nuits les plus sèches, ses feuilles étaient recouvertes d'une innombrable quantité de ces gouttelettes d'eau auxquelles on donne le nom de rosée ; et que les parois de la cloche en étaient elles-mêmes toutes brouillées. Ce n'est donc pas de l'air que provient la rosée des prairies et des gazons, mais bien, comme le reconnut le savant

hollandais, de la transpiration des végétaux ; la rosée n'est que leur sueur condensée.

Ce fait étant parfaitement établi, il ne restait plus qu'à évaluer l'importance de la transpiration végétale. Mariotte tenta à ce sujet une expérience tout élémentaire. Ayant coupé une branche, et en ayant enduit la section avec un mastic imperméable, il reconnut que les feuilles, en se fanant, avaient perdu deux cuillerées d'eau en deux heures, pendant un temps

215. Découverte de la transpiration des plantes. Expérience de Muschenbroeck.

assez chaud. Ce physicien en conclut qu'en douze heures la branche en perdrait douze cuillerées.

Mais une telle appréciation était loin d'être rigoureuse. Guettard fit mieux : il eut l'idée de ne point séparer la branche du végétal, et de l'enfermer dans un ballon de verre terminé extérieurement par un col qui se rendait dans un flacon. Lorsque le tout était hermétiquement mastiqué, la transpiration, en se condensant peu à peu sur les parois du ballon, tombait ensuite goutte à goutte dans le vase situé au-dessous, où l'on pouvait la recueillir, sans qu'il y ait eu la moindre déperdition. Ainsi la nature était abandonnée à elle-même.

Enfermée dans cet appareil, une branche de Cornouiller qui ne pesait que cinq gros et demi, distillait chaque jour une once trois gros d'eau. C'est-à-dire qu'elle transpirait en 24 heures presque le double de son poids. On était loin de s'attendre à de tels résultats.

Lorsque dans les détours d'un parterre , par une brûlante journée d'été, exténués et ruisselants de sueur, nous contemplons un Soleil des jardins, nous admirons sa lourde couronne

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