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Rhubarbe palmée. Rheum palmatum, Linnée

sait à l'ombre de l'autre. C'est ainsi que, sur le bord de nos ruisseaux , les épis amaranthes de la Salicaire ornent constamment les alentours des Saules. D'autres plantes, au contraire, paraissent éprouver quelque aversion les unes pour les autres, et si l'homme s'efforce inconsidérément de les rapprocher, elles languissent ou elles meurent. Le Lin, par exemple, semble avoir une manifeste antipathie pour laScabieuse.

On attribue aujourd'hui ces singuliers faits à ce que les racines émettent des produits favorables à certaines espèces et nuisibles à d'autres : produits que Plenk, avec la crudité d'un médecin de Molière, appelait excréments des plantes.

Déjà Duhamel s'était aperçu, en faisant abattre des Ormes, que la terre dans laquelle se trouvaient ces arbres avait subi une certaine altération ; elle était onctueuse.

Un observateur de Genève, M. Macaire, alla plus loin. Il reconnut qu'en mettant des racines de Chicorée et d'Euphorbe dans de l'eau, elles y versaient un produit extractif coloré, qui ne pouvait être qu'une excrétion.

Enfin, Brugmans, professeur à l'Université de Leyde, fit encore plus ; en recueillant cette substance sur des racines de Violettes, qu'il avait placées dans du sable fin et pur, il vit qu'elle agissait à l'instar d'un poison sur d'autres plantes.

Ainsi se trouve démontrée la cause de ces curieux rapprochements instinctifs, déjà entrevus par Mathiole qui les nommait les amitiés des plantes. En effet, ce vieux botaniste dit, dans son œuvre, qu'il y a tant d'amitiés entre les Cannes et les Asperges, que si on les plante ensemble, elles prospèrent les unes et les autres à merveille.

En Allemagne, guidée par la science, l'agriculture apprend à tirer parti de ces mutuelles affections ; et dans ses savants ouvrages, Schwerz indique comment il faut allier les Céréales sociables pour augmenter le produit de nos champs.

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