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ÉPOQUE PRIMITIVE

Lorsque le Globe fut assez refroidi, l'épouvantable océan de feu qui en enveloppait toute la surface immobilisa ses vagues embrasées, et laissa flotter çà et là quelques îles noires et fumantes, premiers vestiges de la croûte terrestre. Bientôt après, celles-ci augmentèrent d'épaisseur et envahirent enfin tout l'espace précédemment en combustion; c'est ainsi que se formèrent les Terrains primitifs. Tous sont d'origine ignée ; tous portent l'empreinte du feu.

Ces premiers essais de solidification du globe ont produit les Granits, qui ne semblent être que le résultat du refroidissement de la masse incandescente du pourtour de la terre; aussi ces roches se trouvent-elles disséminées sur tous ses points. Elles forment comme l'ossature, la voûte de support des autres couches, qui, par la succession des siècles, se sont accumulées au-dessus.

Mais ces Ilots refroidis ne constituèrent, dès l'origine, que des assises peu épaisses et souvent remaniées par la fournaise ardente du dessous : ce qui fait que les Granits offrent de grandes différences entre eux; aussi, comme l'a dit heureusement Élie de Beaumont, « peut-être ne reste-t-il pas une seule page intacte de ces premières archives de notre globe. » Les Gneiss, par exemple, ne semblent être que des granits qui se sont trouvés retrempés par le feu central.

Les terrains de l'époque primitive étant tous le produit d'une niasse en ignition, il n'est pas utile de dire qu'on ne rencontre parmi eux aucun vestige d'êtres organisés ; mais, par compensation, ce sont surtout eux qui recèlent les principales richesses que la nature élabore dans ses splendides laboratoires d'alchimie.

Les gîtes métallifères résident souvent dans les filons, grandes fentes du globe remplies de matériaux divers. Des philosophes, guidés par la seule puissance de l'intuition, Descartes et

262. Premières couches granitiques et premiers soulèvements de la surface du globe.

Leibnitz, avaient parfaitement conçu la théorie de leur formation. Ils admettaient que les minerais et les autres substances qu'on y rencontre étaient venus les combler en se solidifiant, après s'être échappés à l'état de vapeur des brûlantes couches de l'intérieur. Werner démontra plausiblement ce fait , et les géologues modernes se sont ralliés à l'idée du célèbre Allemand, en la modifiant un peu.

Dans son bel ouvrage de la Vie souterraine, Simonin admet que ces émanations métalliques peuvent arriver dans les fissures par deux moyens. « Celles-ci, dit-il, se seront déposées dans les fentes qui constituent les filons, soit à l'état

de vapeurs, par voie sèche, comme dans les soupiraux des volcans ou les cheminées des fourneaux métallurgiques : soit à l'état de précipitation chimique, par voie humide, comme dans les dissolutions de nos laboratoires. »

Cette hypothèse, comme le dit ce savant, répond à toutes les objections, en expliquant en même temps le dépôt, et la formation de la gangue qui l'enveloppe.

Le Granit et le Porphyre doivent être rangés parmi les roches métallifères les plus riches. Mais on rencontre aussi des gîtes à métaux dans les terrains de transition anciens. C'est là que l'or et l'argent se trouvent en place. Les placera de la Californie ne sont souvent formés que par des désagrégations de roches granitiques et de schistes remplies de parcelles d'or, et ayant été déposées au fond d'anciens fleuves qui les avaient entraînées.

La riche famille des pierres précieuses, le Diamant, le Rubis, le Saphir et l'Émeraude, semble avoir dû sa formation aux mêmes causes que les masses métalliques. Volatilisées dans les filons des roches d'origine ignée, ces pierres y ont formé d'étincelantes cristallisations, véritables larmes de la nature, comme les appelle Simonin.

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