LES FOSSILES
Si, en terminant cette esquisse de géologie, nous examinons de quels matériaux se sont inspirés les savants pour débrouiller les ténébreuses phases de la terre, nous voyons qu'ils ont pu puiser de précieux documents dans les nombreux vestiges des êtres qui l'animèrent successivement, et qu'on retrouve éparpillés à sa surface ou dans ses couches profondes.
En effet, les Roches fossilifères ne représentent que les catacombes des anciennes créations, miraculeusement conservées par les siècles; et les ineffaçables empreintes laissées par elles sur chacune des assises du globe, semblent comme autant de médailles destinées à en retracer les révolutions.
Les diverses couches de notre sphère nous ont fidèlement légué des vestiges de tout ce qui anima leur surface ; rien n'en a été perdu dans ce grand médaillier de la nature. La Libellule, avec ses ailes de gaze, s'y trouve aussi bien conservée que la lourde ossature du Mastodonte. La carapace d'un Infusoire microscopique gît à côté de la boîte osseuse d'une
Tortue gigantesque. On a retrouvé, sinon dans toute leur fraîcheur, au moins avec toute la délicatesse de leurs formes, quelques-unes des fleurs qui parfumèrent les premiers gazons du globe. Certaines sécrétions végétales ont elles-mêmes échappé aux ravages des cataclysmes. Ainsi, nous découvrons la résine de quelques Conifères antédiluviennes, et, au milieu de ses amas transparents, gisent encore des insectes ailés qu'elle emprisonna en s'écoulant: tel est notre Ambre jaune 128.
Pour ceux qui savent sonder les plus mystérieuses révé-