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Sommet et cratère de POrizaba

ce cratère, qui est à peu près circulaire, a un diamètre de 5000 pieds dans sa plus grande largeur, selon Boscovitz. La gueule de ce géant n'a jamais été agitée depuis la découverte du Nouveau-Monde, mais dans les temps antérieurs elle a dû vomir d'abondantes flammes, car aux environs, à plus de vingt lieues de distance, on trouve d'épaisses couches de ses cen-

dres. Là où elles ont pu s'accumuler, leurs amas offrent parfois une profondeur de plus de 50 mètres. La coupole de ce volcan est couverte d'éternels frimas, et, par un contraste frappant, sa cime autrefois embrasée et presque éteinte aujourd'hui, est devenue l'emblème de l'alliance des rigueurs de l'hiver et de l'empire du feu. Le cratère du Popocatepetl a une profondeur d'environ 1000 pieds. On y descend à l'aide d'une corde enroulée sur un treuil, pour y aller chercher du soufre. Arrivé dans son fond, on trouve une masse de neige et de longs stalactites de glace qui pendent de ses parois ou occupent le sol, dans tous les endroits où le soleil ne parvient pas ou qui ne se trouvent point échauffés par les brûlantes fumerolles qu'on voit s'élancer de place en place. Quelques érudits pensent que Cortez tira du soufre de cette montagne pour fabriquer de la poudre lorsqu'elle lui manquait. Ce qui est plus certain, c'est que ses audacieux compagnons tentèrent de parvenir jusqu'au cratère, mais qu'une première fois ils échouèrent.

Le cratère de Massaya, qui frappa de terreur les premiers conquérants, paraît encore avoir plus d'étendue. Oviédo, qui le visita, en fut lui-même épouvanté. Il rapporte qu'il existe dans sa profondeur un espace tellement vaste qu'une centaine de cavaliers pourraient y manœuvrer en présence d'un millier de personnes. Alors on y apercevait une fournaise dont le flot embrasé montait et descendait successivement à des intervalles que le pieux explorateur du Nouveau- Monde compare au temps qu'on serait à répéter six fois le Credo. Et, en s'éloignant de ce précipice, tout stupéfait, il s'écrie : « Je ne saurais croire qu'un chrétien pût contempler un pareil spectacle sans penser à l'enfer et se repentir de ses péchés. »

Les bouches ignivomes ont toujours effrayé les habitants des contrées volcaniques. Et partout on les a comparées aux gouffres du Tartare. Le cratère de la montagne dont nous ve-

nons de parler était appelé Y Enfer de Massaya par les anciens Caciques Américains.

« L'île de Java, dit M. Elisée Reclus, devait à la beauté et à la fureur de ses volcans d'être tout entière consacrée à Siva, le dieu de la destruction, et c'est dans les cratères mêmes des montagnes fumantes que les adorateurs de la terreur et de la mort avaient construit leurs temples. » Actuellement encore quelques pieux adorateurs de la terrible divinité se fixent aux environs de ces cratères et à certains moments leur font des ovations de semences alimentaires, qu'ils versent dans leur gueule embrasée et mugissante. Mais ces redoutables dieux volcaniques ne s'apaisant pas toujours par de telles offrandes, demandent des sacrifices humains par la voix tonnante et les flammes qui s'en échappent. « D'innombrables sacrifices ont été offerts aux volcans pour apaiser leur colère, continue l'auteur de la Terre. Par un mélange d'effroi et de férocité, les prêtres de bien des religions ont jeté des victimes en grande pompe dans les gouffres béants de ces immenses brasiers. Il y a trois siècles à peine, lorsque les sectateurs du christianisme furent exterminés dans toute l'étendue du Japon, on précipita par centaines les adeptes delà nouvelle religion, dans le cratère de l'Unsen, l'un des plus beaux volcans de l'Archipel. Mais cette offrande aux dieux courroucés ne calma point leur colère, car, vers la fin du dix-huitième siècle, cette même montagne d'Unsen et les cimes voisines ont causé par leurs éruptions l'un des plus effroyables désastres dont l'histoire des volcans fasse mention. Par un sentiment d'effroi analogue à celui des prêtres japonais, les missionnaires chrétiens de l'Amérique voyaient dans les montagnes brûlantes du Nouveau-Monde non l'œuvre d'un dieu, mais celle de Satan, et se rendaient en procession aux bords de leurs cratères pour les exorciser. La légende dit que les moines du Nicaragua montèrent sur le terrible volcan de Momotombo pour le calmer par leurs conjurations, mais ils ne revinrent jamais : le monstre les dévora. »

Beaucoup de régions du globe, aujourd'hui plongées dans le plus parfait repos et couvertes d'une vigoureuse végétation, à des époques que nul ne peut assigner, étaient partout boule-

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