‹ L'universChapitre 185 sur 212 · La mer Morte dans les grottes du Mammouth · texte numérisé non relu

La mer Morte dans les grottes du Mammouth

ment où le feu grisou éclatait, on les avait vus, disait-on, comme des chevaux à la crinière enflammée, traverser les décombres et l'incendie.

Cependant, de pacifiques esprits effaçaient partout l'œuvre de ces génies du mal; c'était une croyance enracinée dans tous les districts métallifères, abrutis par l'isolement et la plus dégradante superstition. Le vénérable père de la minéralogie, Agricola, subjugué lui-même par les récits des ouvriers, dans son célèbre ouvrage, décrit ces esprits aussi minutieusement

que s'il les eût tenus sous sa main : rien n'y manque pour la figure et le vêtement.

C'était un dernier reflet de la philosophie antique, animant toutes les parcelles de la création d'intelligences invisibles, et leur distribuant la sensibilité et l'harmonie.

Pour les fauteurs de la Cabale, il existait d'innombrables légions de Gnomes qui se trouvaient disséminées dans les entrailles de la terre. Pour l'obscur mineur allemand, c'étaient des Cobales éparpillés dans les moindres détours des cavernes, travaillant silencieusement et répandant partout l'activité et la vie ; de véritables Homoncules de montagnes, vêtus en mineurs, dont l'instinctive prévoyance forgeait les métaux ou entassait les pierreries dans les filons, puis rassemblait mystérieusement dans l'ombre ces curieuses pétrifications appelées à nous révéler un jour des mondes inconnus. Quoique l'aimant beaucoup, ces Cobales fuyaient cependant l'approche de l'homme. Rarement on en avait rencontré; mais on leur attribuait tout ce qui se passait d'heureux dans les anciennes mines1'0.

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