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Une des taches du Soleil

Quoique l'existence de ces taches soit on ne peut plus facile à constater, quand on les signala pour la première fois, et même après que le grand Galilée en eut attesté la réalité, certains théologiens, en se fondant sur de fausses idées philosophiques, s'efforcèrent de nier le fait. Ils soutenaient que l'astre pur et radieux était tout à fait immaculé, et que ses prétendues taches n'existaient que sur les verres des lunettes des astronomes.

Cependant, si l'existence de ces maculatures est aujour-

d'hui un fait incontestable, leur nature intime est encore obscurément expliquée. Quelques astronomes prétendent qu'elles ne représentent que des trouées de l'enveloppe lumineuse du Soleil, qui laissent voir ses couches obscures. D'autres croient que ce sont des nuages de vapeur qui errent à la surface de l'immense globe de feu. Quoi qu'il en soit, c'est à l'observation de ces taches que l'on a dû la découverte du mouvement rotatoire du Soleil, mouvement qui s'accomplit en vingt-cinq jours.

Nous ne pouvons nous faire qu'une imparfaite idée de la chaleur solaire, tant elle est puissante; et la plus ardente combustion de nos hauts fourneaux, poussée au rouge blanc, n'offre même rien qui puisse lui être comparé. On a cependant tenté d'apprécier quelle doit être la température de cette formidable fournaise. « Que l'on se représente le Soleil sous la forme d'un globe volumineux comme un million quatre cent mille globes terrestres, et entièrement couvert d'une couche de houille de sept lieues de hauteur. La chaleur qu'il devra déverser annuellement dans l'espace est égale à celle qui serait fournie par cette couche de houille embrasée. » (Camille Flammarion.)

Cependant, quelle que soit l'incompréhensible ardeur de ce foyer incandescent qui nous réchauffe et même parfois nous brûle à une distance de trente-huit millions de lieues, les astronomes ont de telles hardiesses, qu'ils ont été jusqu'à calculer quelle masse d'eau il faudrait employer, sinon pour l'éteindre absolument, au moins pour en étouffer superficiellement l'incendie 159.

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