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LES COMÈTES

Parmi ces myriades d'astres dispersés sur la voûte du ciel, il n'en est aucun qui ait autant exercé l'imagination des savants que ne l'ont fait les comètes. Souvent elles ont donné lieu aux hypothèses les plus opposées et les plus ridicules. Descartes

croyait que ce n'était que de vieilles étoiles devenues encroûtées et malades, et qui, trop faibles pour conserver leur place, se trouvaient entraînées dans les tourbillons des étoiles voisines.

Le mouvement régulier des Comètes avait été pressenti par Sénèque ; mais c'est à Newton qu'on doit d'avoir enseigné la méthode pour le calculer. Cependant ces astres vagabonds trompent souvent par leur marche toute la perspicacité des astronomes. On se rappelle à ce sujet que Jacques Bernouilli avait annoncé pour le 17 mai .1719, le retour de la comète de 1680; elle devait alors rentrer majestueusement dans le signe de la balance. Voltaire dit que pour voir ce beau spectacle aucun astronome ne se coucha cette nuit-là ; mais la comète ne parut point. Aujourd'hui encore, ces météores errants nous font parfois la même impolitesse 160.

Les savants ont amplement prêté la main à toutes les er reurs que le vulgaire a débitées sur ces astres singuliers; les astronomes, mais plus rarement que tous, y ont également apporté leur contingent. L'apparition des Comètes inspirait un tel effroi, à une certaine époque, que l'on se renfermait chez soi pour se soustraire à leur horrible aspect ; aujourd'hui, au contraire, on se précipite hors de son habitation pour mieux en admirer les gerbes lumineuses. Comment les populations ignorantes ne devaient-elles pas être effrayées elles-mêmes, lorsque les hommes les plus éclairés, tels que J. Bernouilli, prétendaient que, sinon le corps, au moins la queue des Comètes, pourrait bien être un signe de la colère céleste.

A l'égard de ces astres nébuleux, l'imagination de Maupertuis s'abandonnait à toutes les fantaisies. Il ne s'éloignait pas de l'idée qu'ils pouvaient être peuplés d'une certaine race d'hommes : et, dans leur queue phosphorescente, cet astronome ne voyait qu'une éblouissante traînée de pierreries. En supposant qu'une Comète vînt à choir sur notre globe, il s'ex-

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prime ainsi : « La terre jouirait des raretés qu'un corps qui vient de si loin y apporterait. On serait peut-être bien surpris de trouver que les débris de ces masses que nous méprisons seraient formés d'or et de diamants ; mais lesquels seraient les plus étonnés, de nous ou des habitants que la comète jetterait sur notre terre? Quelle figure nous nous trouverions les uns aux autres. » [Lettre sur la comète, 1752.)

Si le vulgaire ne sonde' pas tous les mystères du ciel, par

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