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Microscope servant aux réactions chimiques

acquis un degré de précision qui surpasse tout ce qu'on pourrait imaginer. On possède des micromètres en verre sur lesquels chaque millimètre est divisé en cinq cents parties ou lignes, d'une telle finesse que l'œil le plus exercé ne peut les apercevoir. Ce travail s'opère avec un instrument d'une délicatesse extraordinaire. Celui-ci ne fonctionne qu'au milieu de la nuit, aux heures où, tout étant endormi, rien ne l'ébranlé et n'entrave la précision de son tracé. L'ouvrier lui-même, à cet effet, n'entre point dans son atelier; un mécanisme d'horlogerie, au moment propice , met la machine en mouvement. Les invisibles divisions de la lame de verre sont burinées à

l'aide d'un éclat de diamant excessivement fin, qui, quand sa tâche est accomplie, se trouve totalement usé.

Mais là ne s'arrêtent pas les moyens d'investigation dont dispose le micrographe. Dans des observations d'une extrême délicatesse, il appelle à son secours des micromètres presque merveilleux, composés d'un ingénieux mécanisme, pouvant diviser un millimètre en 10 000 parties, en faisant mouvoir des fils d'araignée à l'aide d'une simple vis. Enfin, il utilise aussi, de mille manières la lumière simple ou polarisée et les réactions chimiques, pour venir à son secours. Et comme ces dernières, par les vapeurs qu'elles dégagent, altèrent l'instrument et embrouillent les verres, pour éviter ces inconvénients, les savants emploient des microscopes particuliers dont les lentilles sont placées au-dessous des objets soumis aux manipulations.

Après l'exposition des ressources dont elle dispose, accusera-t-on encore la micrographie de ces vaines illusions que se plaisent à lui reprocher ceux qui ne se livrent pas à ses patientes investigations? Peut-être! car cette science n'a jamais cessé de rappeler les dissensions interminables qui obscurcissent ses premiers jours; la dispute de Leuwenhoeck et d'Hartzœker n'est point encore apaisée.

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