‹ L'universChapitre 78 sur 212 · Phalène pinivore. VhaUcna bombyx piaivora, Ratzcburg · texte numérisé non relu

Phalène pinivore. VhaUcna bombyx piaivora, Ratzcburg

a dû le nom de Tordeuse du pin, sous lequel les forestiers la désignent communément.

Certains ravageurs, au lieu de cette guerre déclarée au grand jour, opèrent sourdement et dans l'ombre ; ce sont des ennemis cachés que rien ne peut dépister; on ne se doute souvent

de leur présence que lorsqu'ils ont tué leur victime. Les uns vivent de bois et s'y creusent de vastes et tortueuses galeries, qui bientôt altèrent si profondément les arbres, que les plus robustes y succombent. D'autres travaillent entre l'é-

122. Tordeuse du pin. Tortrix Turionana, Ratzeburg. Chenille et Papillon grossis et de grandeur naturelle.

corce et l'aubier , en œuvrant des matériaux moins rebelles à leur dent.

Dans la première catégorie, il faut placer les Cossus, ardents menuisiers dont nous avons déjà parlé. Dans la seconde, vient se ranger la nombreuse légion des Typographes, des Calcographes et des Sténographes, surnommés ainsi à cause de l'apparence des ciselures dont on les voit ornementer si déplorablement la surface du bois. Chaque espèce trace toujours le même dessin, de manière qu'à l'œuvre on reconnaît l'artisan; sans le voir, on sait à quel ennemi on a affaire.

Presque tous ces travailleurs sont des Coléoptères de fort petite taille , appartenant aux genres Bostriche et Hylésine.

Leur dent, d'une activité funeste, creuse de nombreuses galeries entre le bois et l'éeorce, en entamant à la fois l'une et l'autre de ces parties. Ces infimes ravageurs n'ont souvent pas plus de quatre à cinq millimètres de longueur; aussi, comme leur corps est grêle en proportion, nont-ils besoin que d'un

123. Bostriche typographe. 124. Bostriche à dents recourbées.

bien étroit boyau pour s'y promener tout à l'aise. Cependant, comme chaque Insecte procrée beaucoup, le nombre des galeries creusées par une seule famille couvre parfois une large surface de l'arbre ; et si l'espèce s'est multipliée à l'entour de celui-ci, son travail en détache totalement l'éeorce et la fait tomber en poussière.

Presque toujours, comme l'ont révélé les observations attentives des forestiers, le couple de Typographes entre dans l'arbre en perforant l'éeorce; et, ce premier travail accompli, il y creuse une galerie centrale qui n'est pour les deux époux qu'une véritable chambre nuptiale. Là, s'efforçant de se rendre la vie le plus agréable possible, à cet effet, ils pratiquent, à travers l'éeorce, deux à quatre trous qui ne sont autres que des espèces de ventilateurs destinés à aérer la chanibrette, et peut-être aussi à en éclairer les détours. La femelle pond ses œufs tout le long de cette cavité ; elle en produit de cinquante à cent, et c'est après en être sorties que les jeunes larves creusent, pour se nourrir, toutes les petites galeries qui rayonnent le long du réduit de leurs parents. C'est vers leur

extrémité qu'elles se métamorphosent, et qu'en arrivant à l'état parfait, leur vient le désir d'aspirer l'air pur ; alors ces insectes percent l'écorce et se répandent au dehors.

De tous ces graveurs de bois, c'est le Bostriche typographe qui est regardé par Ratzeburg comme le plus dangereux. Il

125. Chambrette nuptiale de l'Hylésine du pin, de grandeur naturelle; et Hylésine du pin grossie. Hylesinus piniperda, Ratzeburg.

dit qu'il ravage de telle sorte les forets d'Épicéas, que souvent pas un arbre n'échappe à ses atteintes. C'est sans doute pour peindre l'étendue de ses déprédations, que ce savant donne à ce tout petit insecte le nom effrayant de grand rongeur du Sapin. Près de lui il faut aussi mentionner le Bostriche à dents

recourbées et l'Hylésine du pin, qui ont à peu près les mêmes mœurs.

Chaque organe a son ennemi. Que nos pommes et nos prunes soient rongées et labourées par des vers, leur tissu mou se prête à merveille à leurs dégâts; mais des fruits aussi durs

I2fi. Pyrale des Cônes. Tortrix strobilana, Ratzeburg. Chenille et Papillon grossis et de grandeur naturelle. Coupe d'un cône d'Epicéa pour faire voir le travail de la Chenille.

et aussi bien protégés que ceux des Conifères sembleraient devoir être à l'abri de telles attaques. Il n'en est rien.

La progéniture de quelques infimes papillons, celle des Pyrales des Cônes, se fait un jeu d'en ronger et d'en détruire les robustes écailles. Elle se creuse des galeries dans leur axe, et de là se rend dans les interstices des squammes.

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