Nid du Colibri à plastron noir. Lampornis mango, Gould
pace d'Afrique, le Serpentaire, sans cesse occupé à combattre les reptiles, d'un coup d'aile étourdit une tortue ou un robuste serpent. Le Cygne, avec la même arme, casse la jambe
d'an homme, ou, comme on Fa vu parfois, le précipite dans l'eau. Le Vautour gypaète, à ce que rapportent quelques zoologistes, attaque à l'improviste les chasseurs dans les passages dangereux des Alpes, et, quelquefois, les embarrasse fort. L'Aigle, dans son vol audacieux, enlève des enfants à travers les plaines de l'air et les brise dans les précipices des montagnes39.
Si nous examinons la forme que nos architectes ailés donnent à leur couche nuptiale ou les matériaux avec lesquels ils l'édifient, nous voyons qu'ils varient infiniment. Quelques oiseaux, tels que les Aigles et les Autours, qui placent leur aire au milieu des solitudes et des rochers, ne font entrer dans leurs constructions que d'abrupts fragments de bûchettes entassées en désordre ; d'autres y emploient des feuilles ou de la mousse qu'ils arrangent avec art. Mais de tels matériaux sont encore trop rudes pour le corps délicat de la ruisselante armée des Colibris. Ceux-ci, à l'exemple du Bec en scie, se confectionnent souvent une moelleuse et charmante petite coupe en coton, pour y abriter leur écrin d'émeraudes, sans en ternir l'éclat. D'autres espèces du même groupe, tout en employant d'aussi doux coussins, garnissent de fragments de Lichens tout l'extérieur de leur nid, sans doute pour mieux le dérober aux animaux carnassiers, au milieu du feuillage; tel le fait le Colibri à plastron noir, de Buffon.