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Nid de Mégapode tumulaire, vu en dessus

minée, les Mégapodes abandonnent leur chef-d'œuvre et la progéniture qu'il recèle, la Providence leur ayant révélé qu'ils lui sont désormais inutiles.

Doué d'un merveilleux instinct de chimiste, cet Oiseau n'a rassemblé une telle quantité de substances végétales, que pour confier l'incubation de ses œufs à leur fermentation. C'est en effet sur la chaleur que cette fermentation développe, qu'il a compté pour le remplacer : ainsi la mère substitue à ses soins un véritable procédé scientifique.

Réaumur proposait d'abandonner à la chaleur du fumier l'incubation des œufs de nos poules ; mais celui-ci les empoisonnait par ses vapeurs méphytiques. Le Mégapode, plus judicieux que le célèbre académicien, emploie la fermentation des herbes et des feuilles, ce qui n'a pas le même inconvénient.

Tout est extraordinaire dans l'histoire de cet animal. Au lieu de naître nu ou couvert de duvet, et de sortir de l'œuf incapable de pourvoir à sa subsistance, quand le jeune Mégapode brise sa coquille, il est déjà pourvu de plumes propres au vol. A peine libre, il aspire l'air et la lumière ; écarte les feuilles qui l'entourent et l'étouffent ; monte sur la crête de son tumulus, sèche au soleil ses ailes encore humides et les essaye par quelques battements. Enfin, devenu rapidement confiant en ses forces et en sa fortune, après avoir jeté un regard inquiet et curieux sur la campagne environnante, le faible oiseau prend son essor dans l'atmosphère et abandonne à jamais son berceau; il sait se nourrir en naissant !

Un autre Oiseau de l'Australie a les mêmes prévisions instinctives que celui dont nous venons de parler, mais au lieu d'être terrassier, lui, c'est un rude glaneur. Le Talégalle de Latham, c'est ainsi qu'on le nomme, qui a la taille et l'aspect d'une poule, confectionne son nid avec de l'herbe qu'il ramasse dans la campagne, et dont il fait un énorme tas comparable aux muions que nos faneuses élèvent dans les prairies. Mais ce n'est pas avec son bec qu'il travaille, c'est avec ses pattes. A l'aide de l'une de celles-ci, il ramasse une petite botte de foin et l'étreint dans ses doigts ; puis il l'apporte au nid, en sautillant à cloche-pied sur l'autre patte. Quand, à la suite de ses incalculables voyages, le tas est devenu assez volumineux, la femelle lui confie ses œufs. Sachant, ainsi que nous, que le foin s'échauffe en séchant, c'est sur sa chaleur qu'elle compte pour l'incubation de sa progéniture, qu'elle abandonne immédiatement après la ponte. Les jeunes Talégalles naissent également couverts de plumes, et sont aptes à se nourrir eux-mêmes lorsqu'ils sortent de l'œuf. Aussi, quelques minutes après avoir éparpillé le matelas qui les environne, ils prennent leur vol.

Un petit Rongeur des Alpes Sibériennes, le Lagomys, dont la taille n'atteint pas celle du Lapin, amasse de semblables

141. Talégalle de l'Australie, Talegalla Lathami, glanant de l'herbe pour construire son nid. D'après Gould.

monceaux de foin, qui ont jusqu'à cinq pieds de hauteur et huit de diamètre. Souvent les Tartares accaparent le fruit de son labeur, pour en nourrir leurs chevaux. On utilisera peut-être un jour les nids des Talégalles, qui sont encore de plus laborieux faneurs.

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