Nid de Mésange du Cap. D'après Sonnerat
Nous avons dit que, parmi la gent ailée, on trouvait des spécimens de presque toutes les professions. On ne s'attendait guère à y rencontrer de véritables couturières, car le bec des oiseaux paraît assez impropre aux travaux à l'aiguille, et ce-
pendant quelques-uns de ces animaux en produisent d'absolument analogues à ceux-ci.
Je n'entends nullement parler ici des Tisserins, dont les
145. Nid de Fauvette couturière. Sylvia sutoria, Latham. Du Muséum de Londres.
nids en herbes fines, connus de tout le monde, représentent un lacis inextricable, mais de la Fauvette couturière, charmante espèce exotique, qui prend deux feuilles d'arbres trèsallongées, lancéolées, et en coud exactement les bords en surget, à l'aide d'un brin d'herbe flexible, en guise de fil. Après
cela, la femelle remplit de coton l'espèce de petit sac que forment ces feuilles, et dépose sa gentille progéniture sur ce lit moelleux, que berce doucement le plus léger souffle du vent.
147. Nid du Loriot jaune. Oriolus galbula, Linnée. Du Muséum de Rouen.
Ce nid, qui est extrêmement rare, mais dont j'ai vu quelques spécimens au Musée britannique, est un véritable chef-d'œuvre d'intelligence.
Le Loriot de nos climats produit un travail analogue. Son
nid ressemble à une coupe concave, circulaire, et il est formé d'un lacis d'herbes finement entrelacées. L'oiseau le suspend constamment sous la bifurcation de deux branches d'arbres. 11 choisit, à cet effet, celles qui sont étendues horizontalement, et il y coud toujours sa demeure aérienne à l'aide d'un surget exécuté non pas avec de l'herbe, mais avec quelques bouts de orde ou de fil de coton, qu'il a volés dans une fabrique ou une habitation voisine: aussi se demande-t-on parfois, comment il faisait avant que l'industrie inventât la ficelle ou la filature !