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IV. CLIMAT ET NATURE DU SOU

Le climat de la Chine, ainsi que nous l'avons déjà observé, présente toutes les variations de la roue tempé ■ rée , et il participe aussi de celles de la zone torride et de la zone glaciale. Les rovinces du nord ont des hivers semlables à ceux de la Sibérie , et celles du midi des étés semblables à ceux de la péninsule de l’Inde, quoique à Canton même le baromètre descende quelquefois jusqu’à plusieurs degrés au-dessous de zéro. Mais, dans cette dernière contrée, au rapport des Européens, 1rs grands froids , comme les grandes chaleurs, ne durent guère, et la tem-

Férature y est délicieuse le reste de année. Il y a des rennes dans le nord et des éléphants dans le midi de l’empire. L’air est généralement très-sain, et on n’y voit pas régner ces maladies pestilentielles qui dévorent les populations dans beaucoup de contrées de l’Orient ; ce qui est dû sans doute à la puissance de tout genre que l’industrie et l’activité humaines ont exercée sur cette immense surface de terrains les plus variés , et peut-être aussi à la conformation des montagnes et des bassins qui donne un libre cours aux vents généraux, surtout aux vents d’est et nord-est. Aussi les exemples de longévité ne sont pas rares en Chine.

Des voyageurs arabes, qui visitèrent l’Inde et la Chine dans ie neu-

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vième siècle de notre ère , et dont la relation a été traduite en français par l'abbé Renaudot, parlent ainsi du climat de ces deux pays : « I,e climat de la Chine est plus sain que celui de l’Inde, et on y trouve moins de marécages : l’air y est aussi beaucoup meilleur, et à peine y peut-on trouver un borgne ou un aveugle , ou quelques personnes affligées de semblables incommodités. Il y a plusieurs provinces de l’Inde qui jouissent de ce même avantage, l^es rivières de ces deux pays sont fort grandes et surpassent nos plus grandes rivières.

« Il tombe beaucoup de pluie dans ces deux pays. Dans les Indes il y a quantité de pays déserts, mais la Chine est peuplée dans toute son étendue. »

Cependant M. le capitaine Laplace a vu récemment beaucoup de mendiants aveugles dans les rues de Canton ; mais cette circonstance est peutêtre due aux influences de cette localité; elle ne s'étend point à tout l’empire.

On connaît encore fort peu la constitution géologique de l’empire chinois. La science qui s’occupe de déterminer la nature et le caractère des éléments qui constituent notre globe terrestre , est assez récente , et le petit nombre de voyageurs qui ont pu parcourir les provinces de la Chine , n’ont guère dirigé de ce côté leurs observations. Cependant on doit croire u’un empire qui forme à lui seul près 'un dixième du sol habitable de la terre , renferme de nombreuses richesses géologiques et une grande variété de terrains. « La province de Peking et la côte du sud-est du côté de Formose, a écrit M. Rémusat, paraissent de formation secondaire. Le terrain

firimitif, qui vraisemblablement forme a base des montagnes situées à l’occident, s’étend dans le Chan-si , le Kiang-sou et le An-hoeï : les provinces du nord contiennent d’immenses amas de houille et de sel gemme , et l’on trouve en différents endroits des ossements fossiles. On ne connaît aucun volcan actuellement en ignition dans la Chine ; mais on est assuré que

les terrains volcaniques y occupent un espace considérable. Il y a un grand nombre de solfatares dans la province de Chan-si , où les habitants même les emploient à des usages économiques, et il est question, dans les annales, d’une montagne qui jetait des flammes dans le Yun-nan. La Chine estsujette aux tremblements de terre, surtout j dans les provinces septentrionales , et l’on a tenu très-exactement note des phénomènes de ce genre , ainsi que de tout ce qui concerne la météorologie et l’astronomie. » I

Il parait qu’à l’époque du voyage en Chine des deux Arabes que nous avons déjà cités , un volcan était encore en ignition dans ce pays. Voici ce qu’ils rapportent : « On dit aussi que près de Zabaae (?) il y a une montagne appelée la montagne du feu , de laquelle personne ne peut approcher ; que le jour il en sort une épaisse fumée, et pendant la nuit elle jette des flammes. Il sort du pied de cette même montagne deux fontaines d’eau douce , l’une chaude et l’autre froide. •>

( Anciennes relations, p. 16. )

" I,a plupart des montagnes de la Chine, dit le P. Le Comte, ne sont pas pierreuses comme les nôtres; la terre en est même légère, poreuse, facile à couper , et, ce qui est surprenant, si profonde en la plupart des provinces, qu’on y peut creuser trois et quatre cents pieds sans trouver le.

roc. Cette profondeur ne contribue pas peu à l’abondance , parce nue les sels qui transpirent continuellement renouvellent le terroir et rendent le pays toujours fertile.

« Mais les montagnps de toutes Ips provinces ne sont pas de la même nature , surtout celles de Chen-si , de Ho-nan, de Quang-tong et de Fo-kien.

Ces dernières , qu’on ne cultive guère, portent des arbres de toute espèce , grands, droits, propres pour les édifices , et surtout pour la construction des vaisseaux. L’empereur s’en sert pour ses bâtiments particuliers, et fait quelquefois venir de trois cents lieues, |>ar eau et par terre, des colonnes d’une prodigieuse grosseur, qu’on

emploie en son palais et dans les ouvrages publics.

» Il y a d’autres montagnes qui sont encore plus utiles au public par leurs mines de fer, d’étain , de cuivre, de mercure, d'or et d’argent. Pour ce qui est de l’or, les torrents en entraînent beaucoup dans la plaine. On le trouve dans la noue et parmi te sable »

S V. PTITS DE FEU (Ho- «IB»),

ET PUITS {mHTl.

Il existe en Chine des puits de feu ( Ho-tsing ) qui descendent à des profondeurs considérables. Ce phénomène, u’Aristote dit avoir existe en Perse , ans dés souterrains où les anciens souverains de ce pays faisaient cuire leurs aliments , est très-commun dans certaines provinces de la Chine, où on l’emploie à des usages économiques bien plus productifs. On est meme étonné de tout le parti que les Chinois ont su tirer de ces immenses mines de feu souterrain, ou feu fossile, comme on pourrait l'appeler, et dont une étincelle révèle l’existence. On en trouve la mention dans les poésies du célèbre Tou fou, poète chinois, qui vivait sous les Thàng , dans le milieu du huitième siècle de notre ère. Ce poète, que M. Abel Rémusat appelait le Byron de la Chine , cite , dans une comparaison , la flamme bleue qui sort des puits de feu , et les commentateurs conîirment l'existence de ces phénomènes , en les décrivant plus au long que le poète, et en indiquant les provinces de l'empire où ils se trouvent.

Le P. Semedo en a fait mention, il y a près de deux cents ans , dans son Histoire universelle de la Chine (p. 30) , où il dit : « Comme nous avons des puits d'eau en Europe , ils en ont de feu à la Chine pour les services de la maison : pour ce qu’y ayant au-dessous des mines de soufre, qui déjà sont allumées , ils n’ont qu’à faire une petite ouverture, d’où il sort assez de chaleur pour faire cuire tout ce qu’ils veulent. Au lieu de bois , ils se servent communément d’une espèce de pierres, qui ne sont pas petites , comme en quelques-unes de nos provinces , mais

d’une grandeur considérable. Les mines d'où l’on tire cette matière qui brille si aisément ( c’est notre charbon de terre ou houille ) sont presque inépuisables. En quelques endroits , comme à Pékin , ds savent si bien la préparer , que le feu ne s’éteint int ni le jour, ni la nuit. » Le Trigault dit aussi : <* Pour le feu , ce royaume fournit non seulement du bois , des charbons , des roseaux et du chaume, mais il y a une sorte de»1 bitume, tel que celui qui se tire aux Pays-Bas , principalement en l’évêché dc'Liége. Il est plus abondant et meil- ' leur aux provinces du septentrion. On le tire des entrailles delà terre, lesquelles, estendues en grande longueur, ' en rendent l’usage perpétuel , et par la modération du prix le tesmoignent être si copieux qu’il fournit de matière aux plus pauvres. » Ce phénomène géologique , qui s’observe aussi , mais avec de bien moins grandes proportions, dans plusieurs mines de houille en Europe , et dans des lieux où il se produit naturellement, comme en Italie, sur la pente septentrionale des Apennins , est confirmé par la lettre d’un récent témoin oculaire , insérée dans les Annales de l’association de la propagation de la foi (janvier J 829). M. Imbert parle ainsi des puits salants et des puits de feu que l’on voit à Ou-tong-Kiao , près de Kiating, département du même nom, dans la province de Sse-tchouan (des quatre fleuves), au pied des hautes montagnes appartenant aux chaînes du Thibet, à 112° 11' de longitude méridionale et 29" 33' de latitude septentrionale. Nous croyons ces détails trop intéressants pour ne pas les rapporter ici :

<* Il y a, dit-il, quelque dizaine de mille de ces puits salants , dans un espace d’environ dix lieues de long sur quatre ou cinq lieues de large. Chaque particulier un peu riche se cherche quelque associe et creuse un ou plusieurs puits. C’est avec une dépense de 7 à 8000 francs. Leur manière de creuser ces puits n’est pas la nôtre. Ce peuple vient à bout de

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ses desseins avec le temps et la patience , et avec bien moins de dépenses que nous. Il n’a pas l’art d’ouvrir les rochers par la mine , et tous les puits sont dans le rocher. Ces puits ont ordinairement de quinze à dix-huit cents pieds français de profondeur , et n’ont que cinq ou au plus six pouces de largeur; voici leur procédé : si la surface est de terre de trois ou quatre pieds de profondeur, on y plante un tube de bois creux, surmonté d’une pierre de taille qui a l’orifice désiré de 1 cinq ou six pouces : ensuite on fait 1 jouer dans ce tube un mouton , ou tête ; d’acier, de trois cents ou quatre cents . livres pesant. Cette tête d’acier est crénelée en couronne, un peu conj cave par-dessus et ronde par-dessous.

IJn homme fort, habillé à la légère, monte sur un échafaudage, et danse toute la matinée sur une bascule qui soulève cet éperon à deux pieds de haut, et le laisse tomber de son poids: on jette de temps en temps quelques seaux d’eau dans le trou pour pétrir les matières du rocher et les réduire en bouillie. L’éperon , ou tête d’acier, est suspendu par une bonne corde de rotin, petite comme le doigt, mais forte comme nos cordes de boyau :

cette corde est fixée à la bascule; on y attache un bois en triangle , et un autre homme est assis à côté de la corde. A mesure que la bascule s’élève, il prend le triangle et lui fait faire un demi-tour, afin que l'éperon tombe dans un sens contraire. A midi, il monte sur l’échafaudage pour relever son camarade jusqu’au soir. La nuit , deux autres hommes les remplacent. Quand ils ont creusé trois pouces , on tire cet éperon avec toutes les matières dont il est surchargé (car je vous ai dit qu’il était concave pardessus ) , par le moyen d’un grand cylindre qui sert à rouler la corde, lie cette façon, ces petits puits, ou tubes , sont perpendiculaires , et polis comme une glace. Quelquefois, tout n’est pas roche jusqu’à la fin ; mais il se rencontre des lits de terre , de charbon , etc. : alors l’opération devient des plus difficiles, et quelquefois in-

2' Livraison. (Chine.)

fructueuse ; car les matières n’offrant pas une résistance égale , il arrive que fe puits perd sa perpendiculaire ; mais ces cas sont rares. Quelquefois le gros anneau de fer qui suspend le mouton vient à casser; alors il faut cinq ou six mois pour pouvoir, avec d’autres moutons, broyer le premier et le réduire en bouillie. Quand la roche est assez bonne , on avance jusqu’à deux pieds dans les vingt-quatre heures. On reste au moins trois ans pour creuser un puits. Pour tirer l’eau, on descend dans le puits un tube de bambou , long de vingt-quatre pieds, au fond duquel il y a une soupape; lorsqu’il est arrivé au fond du puits , un homme fort s’assied sur la corde et donne des secousses ; chaque secousse fait ouvrir la soupape et monter l’eau. Le tube étant plein, un grand cylindre en forme de dévidoire, de cinquante pieds de circonférence, sur lequel roule la corde, est tourné par deux , trois ou quatre buflles ou bœufs, et le tube monte :

cette corde est aussi de rotin. L’eau est très-saumâtre ; elle donne à l’évaporation un cinquième et plus, quelquefois un quart de sel. Ce sel est très-âcre ; il contient beaucoup de nitre.

« L’air qui sort de ces puits est trèsinfiammable. Si l’on présentait une torche à la bouche d’un puits quand le tube plein d’eau est près d’arriver , il s'enflammerait en une grande gerbe de feu de vingt à trente pieds de haut, et brûlerait la halle avec la rapidité et l’explosion de la foudre. Cela arrive quelquefois par l’imprudence ou la malice d’un ouvrier qui veut se suicider en compagnie, li est de ces puits d’où l’on ne retire point de sel, mais seulement du feu ; on les appelle puits de feu. Je vais vous en faire la description. Un petit tube en bambou ( ce feu ne le brûle pas ) ferme l’embouchure des puits et conduit l’air inflammable où l’on veut; on l'allume avec une bougie, et il brûle continuellement. La flamme est bleuâtre , ayant trois ou quatre pouces de haut et un pouce de diamètre. Ici , ce feu est trop petit pour cuire le sel. Les

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grands puits de feu sont à Tsé-Lieou- Tsing (*) , à quarante lieues d’ici.

• « Pour évaporer l’eau et cuire le sel , on se sert d’une espèce de grande cuvette en fonte , qui a cinq pieds de diamètre, sur quatre (>ouces seulement de profondeur ( les Chinois ont éprouvé qu’en présentant une plus grande suriace au feu , l’évaporation est plus

prompte et épargne le charbon ) :

elle a au moins un pouce d’épaisseur.

Quelques autres marmites plus profondes l'environnent , contenant de l’eau qui bout au même feu et sert à alimenter la grande cuvette ; de sorte que le sel , quand il est évaporé, remplit absolument la cuvette et en prend la forme. Le bloc de sel, de deux cents livres pesant et plus , est dur comme la pierre. On le casse en trois ou quatre morceaux pour être transporté pour le commerce. Le feu est si ardent que la grande cuvette devient absolument rouge, et que l’eau jaillit à gros bouillons , au centre de la cuvette , à la hauteur de huit à dix pouces. Quand c’est du feu fossile des puits à feu , elle jaillit encore davantage, et les cuvettes sont calcinées en fort peu de temps, quoique celles qu’on expose à ces sortes de feu aient jusqu’à trois pouces d’épaisseur en fonte.

« Pour tant de puits, il faut du charbon en quantité ; il y en a de différentes sortes dans le pays. Les lits de charbon sont d’une épaisseur qui varie ( depuis un pouce jusqu'à cinq. Le che- ' min souterrain qui conduit à l’intérieur de la mine est quelquefois si j rapide qu’on y met des échelles de bambou. Le charbon est en gros morceaux. La plupart de ces mines contiennent beaucoup de l’air inflammable dont je vous ai parlé , et on ne peut pas y allumer de lampes (**). Les mineurs

(*) Cette expression chinoise signifie: le puits qui coule de lui-même.

(**) On voit par là que les Chinois ne connaissent pas encore l’usage de la lampe de Davy , ou lampe de sûreté des mineurs, dont les propriétés miraculeuses, quoique simples , ont élé récemment découvertes par le grand chimiste dont celte Providence des

vont à tâtons , s’éclairant avec un mélange de sciure de bois et de résine qui brille sans flamme et ne s’éteint pas. En ouvrant les petits puits de sel, ils trouvent quelquefois, à plusieurs centaines de pieds de profondeur , des couches de charbon fort épaisses; mais ils n’osent pas ouvrir ces grandes mines, parce qu’ils ne savent pas se servir de la poudre pour cet usage , et qu’ils craignent d’y trouver de l'eau en quantité , ce qui rendrait leur travail inutile.

« Quand ils creusent les puits de sel , ayant atteint mille pieds de profondeur, ils trouvent ordinairement une huile bitumineuse qui brille dans l’eau. On en recueille par jour jusqu’à quatre ou cinq jarres de ce.nt livres chacune. Cette nuile est trèsuante ; on s’en sert pour éclairer la aile où sont les puits et les chaudières de sel.

« Si je connaissais mieux la physique, je vous dirais ce que c’est que cet air inflammable et souterrain dont je vous ai parlé (*). Je ne puis croire

mineurs porte le nom. Il n’y a pas de doute que l'Européen qui ferait connaître aux mineurs chinois l'usage du réseau métallique , dont le tissu renferme la mèche allumée, et l'empêche d'enflammer l'air extérieur, serait béni par eux, et honoré éternellement comme un divin génie.

(*) Sans être nous-mêmes très-versé dans la physique, ou plutôt dans la chimie , nous pensons que cet air inflammable est un gaz hydrogène carbone, romme celui dont se sert l'industrie européenne pour l'éclairage public, après l’avoir dégagé à grands frais du combustible souterrain que uous nommons houille ou charbon de terre, et qui se produit naturellement en Chine en quantité prodigieuse. Les propriétés de l’un, que dégage la ualtire de ses grands laboratoires souterrains, et de l’autre, que prépare avec peine la main de l'butnme , paraissent être les mentes : mais le fait de ce produit gazeux naturel en Chine, qui, étant allumé à son contact avec Pair extérieur, donne une flanune et une chaleur si vives, 11e pourrait-il pas servir à expliquer, par induction, l'étal permanent d'igtiilion si puissante des

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que, ce soit l’effet d'un volcan souterrain, parce qu’il a besoin d’être allumé; et une fois allumé, il ne s'éteint plus que pur le moyen d'une houle d’argile nu’on met à i’orilice du tube, ou à l aide d’un vent violent et subit. Je crois plutôt que c’est un gaz ou esprit de bitume ; car ce feu est fort puant et donne une fumée noire et épaisse. Les Chinois, païens et chrétiens, croient que c’est le feu de l'enfer, et ils en ont grand’peur. De fait, il est beaucoup plus violent que le feu ordinaire.

« Ces mines de charbon et ces puits de sel occupent ici un peuple immense. Il y a des particuliers riches qui ont jusqu’à cent puits en propriété.

« Tsé-Lieou-Tsing , situé dans les montagnes, au bord d’un petit fleuve, contient aussi des puits de sel creusés de la même manière qu’à Ou-tongkiao... Dans une vallée se trouvent quatre puits qui donnent du feu en une quantité vraiment effroyable , et point d’eau. Ces puits, dans le principe, ont donné de l’eau salée; Veau ayant tari , on creusa , il y a une douzaine d'années , jusqu’à trois mille pieds et plus de profondeur , pour trouver de l’eau en abondance : ce fut en vain: mais il sortit soudainement une énorme colonne d’air qui s’exhala en grosses particules noirâtres. Cela ne ressemble pas à la fumée, mais à la vapeur d’une fournaise ardente. Cet air s’échappe avec un

corps solaires ? En supposant les provinces de la Chine qui possèdent ces puits de feu , placées à l’un des pôles de la terre, elles pourraieut , pendant les six mois d’absence du soleil , s'éclairer de ces grands flambeaux naturels , autant du moins que la courbure de la terre permettrait aux rayons lumineux d’atteindre les pointsde leur surface. El si, par une antre induction, l'on sup posait toutes ces gerbes defeu naturel réunies en un foyer placé dans l'atmosphère ou audelà, à une distance conveuablc, et dans des proportions suffisantes, on aurait là un corps lumineux qui n’einprunterait pus sa lumière au soleil, et qui pourrait consoler de son absence.

bruissement et un ronflement affreux qu’on entend de fort loin....

« L’orifice du puits est surmonté d'une caisse de pierres de taille qui a six ou sept pieds de hauteur, de crainte que , par inadvertance ou par malice, quelqu’un ne mette le feu à l’embouchure du puits. Ce malheur est arrivé en août dernier. Dès que le feu fut à la surface du puits , il se fit une explosion affreuse et un assez fort tremblement de terre. La flamme, qui avait environ deux pieds de hauteur, voltigeait sur la superficie du terrain sans rien brûler. Quatre hommes se dévouèrent et portèrent une énorme pierre sur l'orifice du puits ; aussitôt elle vola en l’air; trois hommes furent brûlés, le quatrième échappa au danger : ni l’eau , ni la boue ne purent éteindre le feu. Enfin , après quinze jours de travaux opiniâtres , on porta de l’eau en quantité sur la montagne voisine ; on y forma un lac , et on lâcha l’eau tout à coup ; elle vint en quantité avec beaucoup d’air, et elle éteignit le feu. Ce fut une dépense d’environ trente mille francs, somme considérable en Chine.

« A un pied sous terre, sur les quatre faces du puits , sont entés quatre énormes tubes de bamlxm qui conduisent l’air sous les chaudières.

Un seul puits fait cuire plus de trois cents chaudières. Chaque chaudière a un tube de bambou ou conducteur du feu, à la tête duquel est un tube de terre glaise , haut de six pouces , ayant au centre un trou d’un 'pouce de diamètre. Cette terre empêche le feu de brûler le bambou. D’autres bambous mis en dehors éclairent les rues et les grandes halles ou cuisines. On ne peut employer tout le feu. L’excédant est conduit hors de l’enceinte de la saline, et y forme trois cheminées ou énormes gerbes de feu , flottant et voltigeant à deux pieds de hauteur au-dessus de la cheminée. La surface du terrain de la cour est extrêmement chaude , et brûle sous les pieds : en janvier même , tous les ouvriers sont à demi nus , n'ayant qu’un petit caleçon pour se couvrir. Ce feu

est extrêmement vif. Les chaudières de fonte ont jusqu’à quatre ou cinq pouces d’épaisseur : elles sont calcinées et coulent en peu de mois. Des porteurs d’eau salee , des aqueducs en tubes de bambou, fournissent l’eau.

Elle est reçue dans une énorme citerne, et un chapelet hydraulique, agité jour et nuit par quatre hommes , fait monter l’eau dans un réservoir supérieur, d’où elle est conduite dans les chaudières. L’eau , évaporée en vingt-quatre heures, forme un pâté de sel de six pouces d’épaisseur, pesant environ trois cents livres : il est dur comme de la pierre

« J’oubliais de vous dire que ce feu ne produit presque pas de fumée , mais une vapeur très-forte de bitume que je sentis a deux lieues loin du pays. La flamme est rougeâtre comme celle du charbon ; elle n’est pas attachée et enracinée à l’orifice du tube, comme le serait celle d’une lampe ; mais elle voltige environ à deux pouces au-dessus de cet orifice , et elle s’élève à près de deux pieds. Dans l’hiver, les pauvres, pour se chauffer, creusent en rond le sable à un pied de profondeur : une dizaine de malheureux s'asseoient autour ; avec une poignée de paille ils enflamment ce creux, et ils se chauffent de cette manière aussi long-temps que bon leur semble; ensuite ils comblent le trou avec du sable , et le feu est éteint. »

s VI. ANTIQUITÉ DK LA NATION CHINOISE.

S’il est une nation dans le monde qui puisse se vanter avec raison de sa haute antiquité, c’est assurément la nation chinoise. Le peuple indien , qui ne compte le temps que par périodes de plusieurs millions d’années solaires , la création que comme une série de renouvellements successifs , et l’existence de l’homme que comme un accident inhérent à ces renouvellements, a dédaigné d’écrire ses annales, qui n’étaient rien pour lui , dans ces grandes et successives éternités des mondes et des peuples. Il a seulement tenu compte du nombre d’âges du

monde, croyant indiquer par là ses âges à lui ; et comme les trois premiers qui se sont déjà écoulés composent une série de 3,888,000 années solaires, lesquelles, avec les 432,000 que doit durer l’âge actuel, le quatrième , dont 4,934 années sont déjà écoulées, forment un âge divin; et comme, en outre, il faut 71 de ces grands âges, ou âges divins ; pour former un règne de manoü , et quatorze règnes de manou pour former un Kaljia, ou, en d’autres termes, comme il faut 1000 grands âges , ou âges divins, formés des quatre âges mortels , pour composer un Koipa de 4,320,000,000 d’années solaires, qui est un jour de brahma , ou une durée de la manifestation du monde; et comme, de plus , la nuit de brahma , ou la durée de la disparition du monde, ou de sa rentrée dans le sein de cet être, a une durée égale, il s’ensuit, d’après les Indiens, que la manifestation actuelle du monde, qui est la 56% doit durer 4,320,000,000 d’années solaires, et que notre monde actuel a déjà 5,620,000 années , en faisant précéder les quatre âges du sarnlhi, ou de la grande aurore primordiale , laquelle, comme le crépuscule final, a une durée de 1,728,000 années. Os calculs et ces croyances sont opposés aux calculs et aux croyances des peuples modernes, qui ont tous adopté la tradition mosaïque. Mais en Chine , où cette dernière tradition n’a pénétré que très-récemment, comparativement à son antiquité, et où, au contraire, les premières ont cours depuis un temps immémorial , la partie des hommes instruits que l’on nomme Lettrés , de l’école morale et rationnelle de CONFUCIUS ( KIIOUNG-FOUtsku ) , rejette ces traditions , ou ne se prononce point sur elles. Comme son grand maître, qui est l’oracle du gouvernement et de l’empire chinois , elle s’abstient de toutes les questions spéculatives, ne s’inquiète guère des grandes solutions qui ont tant tourmenté et tourmentent encore ailleurs l’esprit humain. Elle se contente d’établir avec le plus de rigueur et de

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simplicité possibles son histoire authentique, qu’elle fait remonter, avec ce caractère de certitude , jusqu’à laCl' année du règne de Hoang-ti, la première de leur premier cycle , 2,637 ans avant notre ère. Quelques historiens même, très-rationnels, comme le célèbre Tchou-hi (ou Tchou-fou-tseu), sont remontés jusqu’à 3,400 ans avant cette même époque. Les traditions nommées fabuleuses ne s’arrêtent pas à une période aussi moderne.

Nous en rapporterons ici quelquesunes , moins pour les opposer aux timidités historiques , que pour offrir des données trauitionnelles aux esprits actifs qui, éclairés par les progrès toujours croissants des sciences positives , cherchent de nouvelles solutions aux plus anciens problèmes que se soit posés l’esprit humain. Le parti adopté par la majorité de la nation chinoise dans ces questions , fait parfaitement connaître son esprit de sagesse positive, qui ne s’occupe, comme le disait Confucius, que des choses que peut comprendre facilement la raison de l’homme. Aussi , tandis que l’Indien, livré a ses méditations spéculatives , à ses désirs d’absorption dans le dieu Brahma, néglige cette terre qu’il regarde, ainsi que le chrétien croyant, comme un lieu d'exil et d’épreuves , le Chinois de son côté néglige les méditations spéculatives les désirs d’une vie dans un autre monde , pour ne s’occuper que de celui-ci , qu’il regarde comme une chose positive. Par suite de ces dispositions opposées qui sont le résultat nécessaire des premières conceptions religieuses , dont finllueuce est extraordinairement puissante sur les destinées terrestres d’un peuple, les Chinois ont lutté avec la nature et l’ont domptée sur une surface de plus de six cent mille lieues carrées , tandis que les Indiens , satisfaits de ce que la nature , riche , il est vrai , sur leur sol , leur offrait presque sans travail , n’ont interrogé ce sol que pour le couvrir de temples élevés aux objets de leurs religieuses croyances.

Chez ces derniers, le sentiment religieux, l’esprit spéculatif, le génie

poétique , se sont développés au plu* haut degré; tandis que chez les premiers , c’est le sentiment moral , l’esprit positif et le génie industrieux qui ont pris ce même développement.

Nous croyons que c’est une philosophie ou une raison malentendue de rejeter indistinctement ce que l’on nomme récits poétiques. L’esprit ou l’imagination de l’homme invente beaucoup moins que l’on n’est porté à le croire généralement. L’invention est une création, et qui pourrait dire qu’il est donné a l’homme de créer?

Sans doute qu’il y a des créations intellectuelles, des œuvres littéraires qui sont le produit des facultés intelligentes de l’homme ; mais ces œuvres intellectuelles sont bien moins des produits de l’imagination , comme on l’entend communément d’un acte créateur, que de cette même faculté, comme acte imitateur , acception véritable et primitive du mot. Cet acte est aidé dans son développement par les facultés logiques de déductions et d’inductions dé l’intelligence, fondées sur l’observation de certaines lois constantes de la nature. Tout ce qui est imaginé est possible ; tout ce qui est

fiossible existe. 11 n'est pas donné à 'imagination la plus extravagante d’imaginer un cercle carré, ni un carré rond. Quand Homère, ou plutôt quand les Homérides composaient l'Iliade et l’Odyssée, ils n’inventaient pas; ils ne créaient rien ; ils ne faisaient que recueillir des traditions et les coordonner ensemble. Toutes les œuvres épiques qui existent et que l’on regarde communément comme des créations de leurs auteurs, ne sont rigoureusement que des imitations. La distribution des parties , ou l’ordonnance de l’œuvre , n’est pas une création : c’est un arrangement. Le nom du plus grand poète épique du monde , l’auteur supposé du Mahâbhârata, poème sanskrit qui renferme 250,000 vers; dont quelques-uns n’ont pas moins de trente syllabes, Vyasa , signifie :

comjrilateur, distributeur , arrangeur.

On peut aussi trouver le même sens au nom grecôur.po;, Homéros. Mais,

dira-t-on , d’après ces principes , toutes les actions . tous les faits rapportés dans l’Iliade et l’Odyssée sont donc vrais? Oui, ils sont vrais; mais ils sont attribués à des personnages qui ne le sont pas. Il y a toujours une vérité sous cet apparent mensonge.

TEMPS ANTÉHISTOR1QÜES.

Nous avons dit que les Chinois faisaient remonter leur antiquité historique, c’est-à-dire la première année de leur premier cycle, 2,637 ans avant notre ère. Beaucoup de leurs historiens placent avant cette époque plusieurs règnes ou plusieurs périodes de temps commençant à un premier homme qu’ils nomment Pan-kou (*), surnommé aussi Hoên - tun ( Chaos rimordial ). L’époque de ce premier omme et de ce premier empereur chinois est si reculée , selon eux , qu’ils placent entre lui et la mort de Confucius , arrivée 479 ans avant notre ère, de 2 jusqu’à 96 millions d’années.

Ils disent, de ce premier homme, ce que les Indiens disent de Manou , qu’il possédait une puissance tellement grande sur la nature , qu’elle allait jusqu’à une action créatrice. C’est pour cela qu’il fut appelé Yu-chi , « l’ordonnateur du monde. » Une tradition rapporte qu’il sépara le ciel de la terre. Cependant une autre dit seulement qu’aussitôt que le ciel et la terre forent séparés, Pan-kou appa-

(■*) Si la tradition chinoise sur laquelle est fondée celte opinion n’est pas empruntée à l’Inde, elle sort de la même source; car il est impossible de ne pas reconnaître dans le nom et les attributions du Pan - kou chinois, ou, en adoucissant la prononciation, Man-hou (transcription aussi exacte que ia première pour certaine latitude) , le Manou indien, qui joue le même rôle dans la tradition mythologique de l’Inde. Nous nous bornons ici à faire ce rapprochement. On peut consulter, au sujet des traditions fabuleuses des Chinois , le discours du P. Prémarc, qui précède la traduction du Chou-king par le P. Gaubil, et d’où nous avons tiré une partie de ces anciennes traditions.

rut au milieu d’eux (*). Après lui commencèrent trois grands règnes , dans l’ordre suivant : le règne du ciel , le règne de la terre et ensuite le règne de l’homme; ou, comme s’exprime le Chinois ; la souveraineté du ciel , lu souveraineté de la terre, et la souveraineté de l'homme (thien hoang , thi hoang, jin hoang) (**).Un écrivain chinois explique tout par une grande période de 129,600 ans, composée de douze parties appelées conjonctions , chacune de 10,800 années, lesquelles comprennent aussi la destruction des choses. Dans la première eut lieu la formation actuelle du ciel, qui se lit successivement par le mouvement nue le grand Faite ou l’Être primordial imprima à la matière , auparavant dans un parfait repos. Dans la seconde conjonction , la terre est produite comme le ciel dans la première. Dans la troisième, l’homme naît avec les autres êtres de la nature, y compris les plantes, et de la même manière. Ce système sort de l’histoire et de l'antiquité chinoises que nous cherchons .à connaître. Mais il y rentre cependant, sous le point de vue de la conception populaire de l’origine et de la durée des choses, qui est si intimement liée aux origines chinoises traditionnelles.

Les traditions qui placent les trois grandes souverainetés, les trois grands

(*) Dans tous les pssages des traditions chinoises sur l’origine des choses, nous avons presque toujours trouvé que ce que nous appelons création était chez elles une division , une séparation (fin ou fin-pim ) , comme ici la séparation de la Terre d’avec le Ciel, c’est-à-dire du Globe que nous habitons d’avec les autres Corps célestes. Des opinions émises par des savants modernes sur l’origine de quelques satellites pourront faire comprendre la portée de ce fait.

(**) L’Encyclopédie chinoise, déjà citée, donne les portraits de ces trois grandes personnilications. Les deux premières ont des figures presque humaines, mais la troisième, celle de l’homme , se rapproche beaucoup du singe, et semble en être une variété primitive. (vol. 3, Riouan i.)

CHINE

règnes ci-dessus nommés, les Trois Hoang , les trois Augustes , en tête de l'histoire chinoise , donnent aux êtres revêtus de ces pouvoirs , des formes différentes de l'humanité actuelle.

Les premiers avaient le corps de serpent; les seconds, le visage de fille, la tête de dragon, le corps de serpent et les pieds de cheval ; les troisièmes avaient le visage d'homme et le corps de dragon ou serpent. Viennent ensuite dix grandes périodes de temps nommées Ai, pendant lesquelles régnent un grand nombre- de personnages à la face d'homme et au corps de dragon ou grand serpent. Ces hommes « demeuraient dans des antres , ou se perchaient sur des arbres, comme dans des nids ; ils montaient des cerfs ailés et des dragons , » pendant les six premières périodes , qui durèrent, selon les uns, 1,100,760 années , et, selon d'autres, 90,000 seulement. A la fin de la septième période, pendant laquelle régnèrent un grand nombre de rois qui commencèrent la civilisation et l’empire de l’homme sur la nature, les êtres humains cessèrent d'habiter les cavernes. Au commencement de la huitième période, qui renferme treize dynasties , les rois avaient des chars attelés de six licornes ailées ; les hommes se couvraient de vêtements d’herbe; les serpents et les bêtes étaient en grand nombre ; les eaux débordées n’étaient point encore écoulées; les hommes étaient très-malheureux. Ils se couvrirent ensuite de peaux de bêtes pour se préserver du froid et des vents , et ils furent nommés : hommes habillés de peaux, lin philosophe chinois dit que « dans les premiers âges du monde, les animaux se multipliaient extrêmement , et que les hommes étant assez rares , ils ne pouvaient vaincre les bêtes et les serpents. » Un autre disait aussi que ■< les anciens, perchés sur des arbres , ou enfoncés dans des cavernes, possédaient l’univers. » « Ils vivaient en société avec toutes les créatures ; et ne pensant point à faire de mal aux bêtes , celles-ci ne songeaient point à les offenser. Dans les siècles suivants

on devint trop éclairé, ce qui fut cause que les animaux se révoltèrent : armés d’ongles, de dents, de cornes et de venin , ils attaquaient les hommes qui ne pouvaient leur résister ; » c'est ce ui porta les hommes à se retirer dans es maisons de bo|s, pour se préserver des bêtes féroces, et dès lors la lutte entre eux ne cessa plus. On attribue au premier empereur de la neuvième période , l’invention des premier^ caractères danois. Cet empereur , nommé Tsang kie (*}, avait le front de dragon , la bouche grande et quatre yeux brillants (les dessins diinois le représentent ainsi); ji était doué d’une t res-grande sagesse. Ce fut alors que commença la différence entre le roi et le peuple. Les premières lois parurent; la musique fut cultivée, et les!

châtiments furent appliqués aux coupables ; le premier gouvernement ré-

tulier fut établi. Sous le IVe empereur e cette période, «. il y eut plusieurs présages très-heureux; il parut cinq dragons de couleur extraordinaire ; le ciel donna la douce rosée; Jg terre fit sortir de son sein des sources de nectar; le soleil, la lune et les étoilés augmentaient leur clarté , et les planètes ne s’écartèrent point de leur route. » C’est à propos du Vf empereur, que l’on cite ces paroles d’un ancien philosophe chinois : « Ce que « l’homme sait n’est rien en compa- « raison de ce qu’il ne sait pas. » Cet axiome est encore aussi vrai maintenant qu’il y a cinq mille ans. Au VIIe empereur sont attribués, « l’invention des diars , les monnaies de cuivre , l’usage de la balance pour juger du poids des choses. >> Sous le règnu du XIIe, on dit que « l’on coupait les brandies d'arbres pour tuer les bêtes.

Il y avait alors peu d’hommes ; mais on ne voyait que de vastes forêts , et les bois étaient pleins de bêtes sauvages. » A propos du XIV", il est dit : « En ce

(*) Quelques écrivains le forit vassal on ministre de mais les attributs

mythologiques qu'ou lui donne nous font accorder la préférence à l’opinion qui lg place dans les tetnps antéhistyriques.'

temps-là les vents furent grands et les saisons tout-à-fait dérangées; c’est pourquoi le XIV' empereur donna ordreàSsE-KOUEÏ de faire une guitare à cinq cordes, pour remédier au dérangement de l’univers, et pour conserver tout ce qui a vie. » Du temps du XVe empereur, les eaux ne s’écoulaient point; les fleuves ne suivaient point leur cours ordinaire, ce qui lit naître quantité de maladies. Cet empereur institua les danses nommées ta vou : « ce dernier exercice était un précepte hygiénique , selon l’écrivain chinois qui rapporte ces traditions. La matière subtile, dit-il, circule dans le corps ; si donc le corps, n’est point en mouvement, les humeurs ne coulent plus, la matière s’amasse, et de là les maladies qui ne viennent toutes que de quelque obstruction. » Sous le XV1° empereur, « le monde était si peuplé, que partout, d’un lieu à l’autre, on entendait le chant des coqs et la voix des chiens; les hommes vivaient jusqu’à une extrême vieillesse , sans avoir grand commerce les uns avec les autres. »

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