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TEMPS SEMI-HISTORIQUES

Foo-Hi, x*1, iMmxox, 3,408 ahs *y. hothk •*«.

L’empereur qui vient ensuite est Fou-hi. (Voy. son portrait copié sur un dessin chinois, pl. 2.) C’est par lui que certains écrivains chinois commencent l’histoire de leur empire , regardant les événements qui lui sont antérieurs comme trop douteux. Le lieu de sa naissance et de sa cour est placé dans le Ho-nan. La plupart des inventions déjà mentionnées lui sont donc attribuées par ces écrivains ; mais il se trouve éncore compris dans la neuvième période par les écrivains qui suivent cette division. On dit de cet empereur qu’il inventa et traça les huit symboles (*) {pl. 2. ) Ce fut lui

(*) Ce sont trois lignes , qui , combinées différemment, en font soixante-quatre; ou plutôt, c’est une seule ligne droite différemment brisée , placée sur trois rangs. Le i" de ces 8 Koua représente le ciel ; le a*, la

qui le premier créa des ministres d’état. Pour donner plus de crédit à ses nouvelles lois, il publia qu’il les avait vues tracées sur le "dos a’un dragoncheval qui sortait du fond d’un lac.

Ce prodige l’ayant accrédité parmi le peuple, il créa des ministres sous le nom de dragons. Il nomma l’un dragon-volant, et son occupation fut de composer des livres ; il nomma le second dragon qui se cache , et c’était à lui de rédiger la calendrier; un troisième fut nommé dragon qui demeure, et il eut l’intendance des bâtiments; un quatrième , appelé dragon protecteur, fut chargé de prévenir les misères du peuple et de le soulager; un cinquième, sous le nom de dragon terrestre, eut soin des terres ; un sixième, appelé dragon des eaux, fut chargé de faire croître les bois et les plantes, et de procurer la communication des sources d’eaux vives. Il établit un premier ministre, et partagea le gouvernement de son état entre quatre. Il est aussi le premier qui ait fait des filets , ui ait nourri les six sortes d’animaux omestiques (*). Cette opinion est celle de ceux qui rejettent les règnes des empereurs qui l’auraient précédé.

« La fille du Seigneur , nommée Hoa-sse ( fleur attendue ), fut mère de Fou-hi. Se promenant sur les bords d’un fleuve du même nom, elle marcha sur la trace du grand homme, elle s’émut ; un arc-en-ciel l’environna ; par ce moyen elle conçut , et au bout de douze ans , le quatrième jour de la dixième lune, elle accoucha vers l’heure de minuit; c’est pourquoi l’enfant fut nommée Soiii ou Vannée. » Un trèsancien lexicographe chinois dit « qu’autrefois les sages ou saints ( chiiîg ) se nommaient enfants du ciel , parce que leurs mères les enfantaient par Popération du ciel. »

« Fou-hi avait le corps de dragon ou

terre; le 3e, la foudre; le 4”, les montagnes ; le 5', le feu ; le 6e, les nuages; le 7 , les eaux ; le 8', le vent.

(*) Le cheval, le bœuf, la poule, le cochon , le chie» , le mouton.

CHINE

grand seront, et la tête de bœuf.» Le

dessin chinois que nous avons reproduit (et qui est tiré d’une collection de cent portraits d’hommes célèbres de la Chine, envoyés de ce pays par le P. Amiot, laquelle collection se trouve à la Bibliothèque royalede Paris )donne à cet empereur chinois des excroissances frontales qui représentent les cornes de bœuf dont l’a doué la tradition (*). Son vêtement est d’écorce ou de grandes feuilles d’arbres. Le commentairede Confucius sur le Y-King, livre symbolique que l’on fait remonter à Fou-hi, dit « qu’au commencement on gouvernait les peuples par le moyen de certains nœuds qu’on faisait à des cordes; qu’ensuite le Sage (Fou-hi) mit à la place l’écriture pour servir aux officiers civils à remplir tous leurs devoirs, et aux peuples à examiner leur conduite, et que c’est sur les symboles Kotia qu’il se régla pour exécuter son ouvrage. » On voit parlé que Confucius admettait l’existence de Fou-hi. « Il ordonna les cérémonies pour les sacrifices aux esprits du ciel et de la terre, et pour cet usage il fit un vase qu’il appela ting. »

Avant lui les sexes se mêlaient indifféremment : il établit les mariages , et ordonna des cérémonies avec lesquelles ils devaient se contracter , afin de rendre respectable le premier fondement de la société humaine , et le peuple vécut depuis avec honneur.» Avant cette époque, dit un auteur chinois, les hommes n’étaient guère différents des bêtes; ils connaissaient leur mère, mais ils ignoraient qui était leur père. Fou-hi réforma ce désordre : il ordonna que les femmes seraient vêtues d’une manière différente de celle des hommes ; il établit des lois pour la société conjugale : une de ces lois portait qu’on ne pourrait pas se marier avec une

(*) On pourrait aussi les regarder comme un emblème primitif de la puissance et du génie , que l’on retrouve également dans la figure traditionnelle du législateur hébreu, Moïse.

femme du même nom, soit qu’elle fût parente ou non. » Cette coutume subsiste encore aujourd’hui. Il travailla beaucoup sur l’astronomie. « Il divisa le ciel en degrés , et inventa la période de soixante années ; » cycle chinois encore maintenant en vigueur.

Il établit un calendrier pour fixer l'année, inventa des armes de bois, fit écouler les eaux, et entoura les villes de murailles. 11 donna les règles de la musique ; il prit du bois nommé tong, le creusa et en fit une lyre longue de 7 pieds 2 pouces, nommée Kin (pi. 2, n° 1 ). Les cordes étaient de soie et au nombre de 27. » Les opinions sont partagées sur ce nombre ; quelques écrivains n’accordent que 5 cordes , symbole des 5 planètes. Quand Fou-h’i la touchait , elle rendait un son céleste. » Il fit ensuite une guitare à 36 cordes nommée Ase (pl. 2, n° 3). Après avoir institué l’art de pécher , il composa une chanson sur les pêcheurs. Son règne fut une suite de Bienfaits pour le peuple.

On dit des choses merveilleuses d’une vierge, sœur, ou, selon quelques uns , femme de Fou-hi. Elle avait le corps de serpent , et la tête de bœuf.

On dit d’elle, « qu’elle obtint d’être vierge et épouse tout ensemble. »

L’empereur Chin-noung ( laboureur divin ) succéda à Fou-hi, 3,218 ans environ avant J.-C. Il inventa la charrue et apprit aux hommes à cultiver les champs. II sema les cinq sortes de blé ; alors le peuple apprit à se nourrir de grains. Il leur apprit aussi à tirer du sel de l'eau de la mer. On dit qu’il fit un livre sur l’art militaire, et qu’il était habile à la guerre. * Il établit des marchés publics , y fit arriver tous les peuples du monde , et y ramassa toutes les marchandises de l’univers. On les échangeait mutuellement, et ensuite chacun se retirait dans sa contrée. » On lui attribue aussi l’invention de la médecine. « Ce fut lui qui distingua toutes les plantes , et en détermina les diverses propriétés. Il composa des chants sur la fertilité de la campagne , inventa une trèsbelle lyre , et une guitare ornée de

pierres précieuses, pour adoucir les mœurs du peuple et le rappeler à la vertu. Monté sur un char traîné par six dragons, il mesura le premier la figure de la terre , il lui trouva 900,000 II, de l’est à l’ouest, sur 850,000 II, du nord au sud (*). Il sacrifiait au Seigneur suprême dans le temple de la lumière. »

Plusieurs descendants de Chh»- Noong régnèrent jusqu’à l’empereur Hoang-Ti , qui ouvre la dixième période. ("est, comme nous l’avons déjà dit, à la 61* année de son règne que commence le premier cycle historique des Chinois , 2,637 ans avant notre ère. C’est donc à lui que nous commencerons aussi notre aperçu de l’histoire et des événements ’de la

(*) Les proportions de ces deux nombres fabuleux (en supposant la mesure de longueur dont il est ici question la mèinc que le li actuel chinois, qui est de i/io* de lieue) sont remarquables ; car on sait que le diamètre de l'équateur, ou rayon équatorial, est pim long que celui des pôles, ou rayon polaire, de 10,910 toises, selon les derniers calculs de M. L. Saigey. Mais ce que l’on regarde comme certain , c’est que le li ancien chinois était plus petit que le U actuel. Dans l’impossibilité de déterminer la valeur du li ancien chinois, il n’en résulte pas moins ce fait curieux : la différence des deux rayons cités ; différence qui suppose évidemment l’aplatissement de la terre vers ses polis , quoique dans des proportions plus fortes , il est vrai , que celles des calculs modernes. D’où est vernie à la haute antiquité chinoise cette connaissance de l’aplatissement polaire de la terre, connaissance restée à l’état vague d’une tradition dont on n’a plus l’intelligence , et qui n’indique pas si c’est de la terre comme sphéroïde ou comme surface plane qu’il est question ? On trouve dans un ouvrage chinois, publié sur la tin du 17” siècle, que la terre a 90,000 li de circonférence , de l’orient à l'occident, et 85, 000, du nord au sud. Ici il n’y a plus de doute ; ce sont les véritables dimensions de 9,000, et de 8,5oo lieues : le li étant t/10 de lieue. Cette connaissance scientifique se retrouve aussi dans les écrits du célèbre philosophe chinois Hoai-nan, qui vivait prés de 200 ans avant notre ère !

Chine. Nous avons attaché d'autant plus d’attention aux opinions qui précèdent sur les origines de l’empire chinois ( opinions appartenant principalement aux sectateurs de la doctrine du Tao, dont il sera parlé plus tard), qu’elles s’éloignent davantage de celles qui sont communément reçues , et qui se rattachent presque toutes à l’opinion mosaïque. Celle-ci admet, comme principe fondamental de l’antiquité du genre humain, la création d'un premier homme et d'une première femme ; leur perfection au sortir des mains de leur créateur, et leur chute, qui s’est étendue à tout le genre humain : les traditions chinoises , au contraire , n’admettent pas unanimement un premier homme, qui d’ailleurs réunit en lui toutes les facultés propres à la reproduction , et qui , dans leur esrit , n’était pas de la nature du genre uinain actuel, puisqu’il avait le pouvoir de créer des mondes. Bien loin d’admettre la perfection des premiers hommes et leur chute , le genre humain , selon ces traditions , n’est arrivé à son état actuel que lentement et par degrés, en perdant quelquesunes de ses formes primitives. Nonseulement ici il n’y a pas chute, mais il y a progrès et’ développement de nature comme de civilisation : c’est seulement là ce que nous avons voulu constater.

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