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GRAND TREMBLEMENT DE TERRE

Les règnes de Chang-ti (106), de Ngan-ti (107—125) ne furent signalés que par la complète nullité de ces deux empereurs enfants, par une sécheresse et par de nombreux tremblements de terre, dont le quinzième, ui arriva la huitième annee du règne e Ngan-ti (1 14 de notre ère), fut si violent et si étendu , que dans le Oindre (Tounquin actuel) il se fit une ouverture dans la terre d’environ cent

li ou dix lieues de longueur (*). La mênfe année les digues orientales du Hoang-ho s’écroulèrent; il y eut aussi de grandes inondations ; et on eût dit que la violence des éléments accusait la faiblesse et l’impuissance des hommes. Le peuple, selon sa coutume, c’est-à-dire selon une croyance admise énéralement et favorisée par la classe es lettrés, accusa ie gouvernement de toutes ces calamités. Sons Chun-ti (126 — 144), un chef de brigands ou de rebelles mit l’empire en danger; il ravagea plusieurs villes des provinces méridionales. Cet empereur fit une loi qui défendait d’élever aucune personne à la magistrature , avant d’avoir atteint l’âge de quarante ans, à moins de posséder des talents extraordinaires. Sur la fin de son règne, à l’exemple de son prédécesseur, il publia une amnistie énérale dans tout l’empire, dont le ut était de calmer les colères célestes qui s'étaient manifestées dans les désordres des éléments.

Quand une dynastie a produit deux ou trois grands hommes, sa destinée paraît accomplie; elle se traîne encore plus ou moins longtemps dans l’impuissance et la nullité. Nous voyons finir ainsi celle des Han. Les deux" successeurs de Chun-ti régnent chacun un an (145 — 146); IIiouan-ti (147— 1 67) rend les magistratures vénales ; il donne la plus grande protection aux eunuques, et favorise les sectateurs du Tao. Cette conduite éloigna de sa cour les gens de lettres qu’il tâchait d’y attirer par toutes sortes de faveurs, comme pour sanctionner ses bassesses aux yeux du peuple; ils ne donnèrent pas dans ce piège grossier. Un d’entre eux observa que l’empereur entretenait mille femmes et plus de dix mille chevaux; qu’il àvait auprès de lui une troupe de bonzes dont la doctrine, opposée à celle du philosophe Khoungtseu, déshonorait l’empire; que les eunuques s'étaient emparés du pouvoir, et que certainement l’empereur n’avait pas le dessein de mettre un

(*) Tchun etilhj ouéji nan thi tsih tchang pe jru li.

CHINE

terme à tous ces désordres. Mais, bien loin de diminuer, le crédit des eunuques augmenta ; quelques grands qui n’avaient pas dissimulé leur indignation furent disgraciés ; et toutes les réformes auxquelles se soumit l'empereur furent de congédier la moitié de ses femmes, et de n’en conserver que cinq cents pour ses menus plaisirs. Lors d’une amnistie générale qu’il publia dans l’empire, un mandarin, qui avait été injustement emprisonné, ne voulut pas recevoir sa liberté. « Si je l’acceptais, dit-il , je porterais partout l’infamie du crime; vivant, je passerais pour un mauvais magistrat; et mort , pour un mauvais génie. »

Dans les années 151 et 175, il y eut une disette si affreuse que les hommes se nourrissaient de chair humaine.

Les Tartares orientaux, nommés Sian-pi, qui s’étaient emparés précédemment du pays des Hioung-nou du nord , se joignirent à ceux du midi, et ravagèrent trois provinces dans l’espace de peu d’années. Ces Sian-pi, ayant à leur tête un chef audacieux qui avait réuni sous sa puissance les diverses tribus du même peuple, se formèrent un empire de quatorze cents lieues d’étendue. Au nord, ils vainquirent les peuples de la Sibérie méridionale; à 1 est, le pays de Fou-iju, et a l’ouest, celui des Ou-sun. L’an 156 de notre ère ils commencèrent à faire des courses en Chine ; mais leur puissance s’affaiblit avec la mort de leur chef; ce qui rendit la tranquillité aux frontières septentrionales de l’empire.

Sous le règne de ce monarque l’Inde ( Thian-tchou) et l'empire romain ( 7athsin ), ainsi que d’autres nations, envoyèrent, selon les historiens chinois, des tributs à l’empereur par la mer orientale. C’est de cette époque que date le commerce des étrangers avec la Chine par le port de Canton.

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