IX* DYNASTIE. LES THSI
»v 479 à 5oa. — a 3 tmiu, S smpivvcvs.
La dynastie de Thsi, dont l’élévation était due à un double meurtre, ne dura nas seulement une génération, quoiqu’elle comprenne cinq empereurs.
Elle tint sa cour à Nan-king, capitale de la province de Kiang-ngan. Kaoti {Y empereur élevé), son fondateur,, ne. régna que quatre ans; cet empereur était plus renommé dans les lettres que dans les armes. Il avait coutume de dire que, s'il gouvernait l’empire pendant dix ans, il ferait en sorte que l’or ne serait pas plus précieux que la terre. Un jour qu’il portait un habit couvert de pierres précieuses, tout à coup il les fit réduire en poudre, disant qu’elles ne faisaient que faire naître la maladie d’une cupidité effrénée. Il mourut en 482.
Son fils ’Woü-ti, au commencement de son règne (483), publia une ordonnance par laquelle il défendit de continuer les mandarins dans leurs charges au delà de trois ans. Il renouvela aussi une ancienne loi par laquelle il était défendu aux familles qui portaient le même nom de s'allier entre elles par des mariages. Cet empereur fut trèsdévoué aux doctrines du bouddhisme, et il entretenait un grand nombre de prêtres de cette religion. 11 aimait aussi beaucoup la chasse. Un jour qu’il passait dans un champ de blé, il en admirait la beauté, lorsqu’un de ses amis, nommé Fan-yun, lui dit : « Vous avez raison, ce champ est beau; mais vous ne savez pas les peines qu’il a coûtées. Si vous réfléchissiez que ce blé a été arrosé par les sueurs du peuple, et qu'il est le produit de trois saisons de l’année, je suis sûr que vos parties de chasse vous donneraient plus de peine que de plaisir. » Depuis ce mo-
ment l’empereur se livra moins au plaisir de la chasse, et il mourut en 493.
Quelques historiens européens placent sous le règne de cet empereur l’apparition d’un philosophe, nommé Fau-tchin, qui aurait enseigné que « tout ce qui arrive dans le monde était « l’effet du hasard, que l’âme périssait « avec le corps, et qu’il n’en restait rien « après cette vie. » Qu’il se soit trouvé un philosophe pour soutenir la première proposition à cette époque, il n’y aurait rien là de surprenant; mais qu’il ait soutenu aussi les deux dernières propositions, le fait est moins vraisemblable, ou plutôt il est moins 'probable, puisque le contraire ne faisait pas, à notre connaissance, l’objet d’une croyance générale. Si le fait est vrai, c’était un adversaire de la doctrine bouddhique, importée en Chine plus de quatre cents ans auparavant, et qui enseignait la transmigration des âmes, par conséquent leur existence au delà de cette vie, dogme complètement étranger à l’ancienne doctrine confucéenne.
Minc.-ti (l 'empereur éclairé, illustré), frère du fondateur de la dynastie, succéda à Wou-ti (494). Kao-ti lui avait confié la tutelle de deux de ses enfants en bas âge; Minc.-ti les fit paraître sur le trône et disparaître successivement dans l’espace de quatre mois, pour s’emparer lui-méme du pouvoir souverain.
L’empereur de la Chine du Nord était si pacifique, si adonné à l’étude, que, soit qu’il se promenât à cheval, soit qu’il se fît porter en chaise, il avait toujours un livre à la main, disent les historiens; c’est ce qui contribua aussi à maintenir la paix dans l’empire du Midi, usurpé par Mingti , qui ne régna que cinq ans , et mourut (498) en laissant le pouvoir à son troisième fils , surnommé le prince des troubles de F Orien t ( tounghoen héou ) , dont la cruauté et les débauches furent poussées à l’excès, dans un règne éphémère. Il ne put souffrir près de lui ceux qui voulaient lui donner de sages conseils, et il accorda toute sa con-
fiance aux eunuques. Son premier ministre, dont le frère avait été empoisonné par l’empereur, pour avoir rendu de trop grands services à l’État, soit indignation vertueuse, soit ambition du pouvoir, se joignit au roi de la principauté de Liang, assiégea Nan-king, la capitale, en chassa l’empereur qufil tua de sa propre main, brûla le palais impérial, et en fit construire un autre beaucoup plus magnifique. Après tous ces exploits, il plaça au pouvoir, comme pour lui servir de marchepied, un frère de l’empereur qu’il venait de renverser; il le fit mourir au bout d'un an.