X* DYNASTIE. LES U ANC
ce 5oa a 557. — 55 a»»£ss, 4 empereurs.
Les révolutions se succèdent rapidement sur ce vaste théâtre que l'on a l’habitude de regarder en Europe comme le séjour éternel de l’immobilité. Rien n’est moins immuable cependant que cet empire de l’Orient, où la force, comme partout, hélas! décide le plus souvent du droit et du sort des peuples. S’il y a quelque chose d’immuable, c’est notre orgueil et notre ignorance de ces empires et de ces révolutions lointaines dont le retentissement n’est pas venu jusqu’à nous, qui sommes pour ainsi dire nés d’hier à la civilisation.
Le fondateur de la dynastie des Liang, qui prit 1p nom de Kao-tsouwou-ti ( Y empereur guerrier, le premier ancêtre de sa race dynastique) , établit sa puissance sur la ruine complète de la dynastie qu’il avait détrônée. Il voulut aussi réformer les mœurs et les croyances de ses sujets. L’introduction dû bouddhisme et la propagation de la doctrine des Taosse, ou sectateurs de la liaison, avaient été la cause de beaucoup de troubles et de dissensions. Le nouvel empereur voulut remettre en vigueur la doctrine du philosophe national Khoung-tseu, qui est regardée en Chine, par les hommes d’État, comme la seule véritablement utile à l’Empire. Il fit construire une salle dans laquelle on honorait la mé-
CHINE
moire de ce philosophe ; il établit des collèges publics dans toutes les villes, et notamment dans la capitale, où il réunit des hommes habiles pour y donner chaque jour des leçons sur l’histoire, sur les doctrines’ de l’antiquité et les livres reconnus comme sacrés par la nation. La Chine lui dut aussi d’autres institutions utiles et de bonnes lois, qui rendirent bientôt l’empire florissant. Sous le règne de cet empereur, les relations entre la Chine et l’Asie méridionale étaient très-actives ; les vaisseaux chinois allaient en grand nombre à l'île de Ceylan et dans les ports de l’Inde, et ils y faisaient un commerce considérable (*). Les ambassadeurs dés différents rois de l’Indoustan(**), des peuples voisins de la Perse, qui arrivèrent à la cour, augmentèrent l’éclat du règne de Wou-Tt.
Ce restaurateur de l’ancienne doctrine l’abandonna sur la fin de ses jours pour embrasser celle plus nouvelle en Chine des propagateurs du bouddhisme; et rattachement qu’il montra pour la croyance indienne lui aliéna l’amour du peuple qui n’en était pas grand partisan. Mais rien neputdétournerWou-Ti de l’engouement extraordinaire qu’il prit pour la doctrine et les cérémonies des bonzesindiens, et , comme Charles- Quint en Europe, il se fit moine après avoir possédé une immense puissance souveraine, fl y avait vingt-six ans qu’il était au pouvoir, lorsque la fantaisie lui prit d’aller habiter un temple de bonzes, où , la tête rasée et sous un vêtement grossier, il ne vivait que d’herbes et de riz. Les grands de l’empire, humiliés de l’avilissement de leur souverain , allèrent le chercher dans sa retraite et le ramenèrent malgré lui dans son palais , après avoir payé une
(*) Tableaux List, de l’Asie.
(**) En 5oi de noire ère , un roi de l’Inde, nommé Kiu-to , envoya un de ses officiers
firés de l’empereur K*o tsoo-wou-ti, pour ui présenter des leltres de soumission et lui offrir des vases de cristal , des |>arfurns de toutes sortes, des talismans précieux et d’autres objets de ce genre. Voir la Notice critique et historique sur l'Inde, déjà citée.
forte somme d’or aux bonzes, pour relâcher leur riche proie. Mais cet empereur n’en continua pas moins à suivre tous les préceptes de la religion bouddhique, et il retomba de nouveau dans les mains de ses prêtres, qui possédaient alors treize mille temples dans l’empire (*).
Pendant que l’emnire du Midi était ainsi livré à la tutelle des prêtres de Houddha , l’empire du Nord ou des If^eî était gouverné par une femme nommée Hou, qui n’était pas moins soumise à leur puissance. Elle forma aussi le projet de se retirer dans un monastère; mats les prêtres de Bouddha, qui auraient ainsi perdu peut-être la domination d’un empire, lui persuadèrent de leur bâtir un vaste temple, où mille d’entre eux seraient entretenus, et où il y aurait neuf tours pyramidales de plus de neuf cents pieds de hauteur chacune. L’impératrice, après avoir fait elever ce vaste édifice, le nomma le Séjour de la paix éternelle ( young tching).