‹ L'UniversChapitre 155 sur 348 · BELLE CONDUITE D’UN GÉNÉRAL CHINOIS · texte numérisé non relu

BELLE CONDUITE D’UN GÉNÉRAL CHINOIS

Le général chinois Peï-hing-kies ayant fait prisonnier deux Ko-han ou Khans des Turcs orientaux, dans le pays des Ortous, une des conditions de leur capitulation fut qu’on ne les ferait pas mourir. Cependant le général chinois les avant fait conduire à la cour, on leur lit trancher la tête. Ce général eut beau représenter que cette exécution était injuste , qu’elle le déshonorait, qu’elle pouvait avoir des suites fdcheuses , on n’eut point égard à ce qu’il disait. Ce brave militaire en conçut tant de peine qu’il ne voulut plus servir. Il se retira , et en mourut de chagrin , regretté de tous les hommes de guerre, et de tous les honnêtes ens. Combien d’exemples semblables e capitulations violées par des pouvoirs supérieurs; mais combien peu sont morts de -chagrin de les voir violées !

Pendant que l’impératrice Wouhéou tenait l’empereur qu’elle avait fait nommer en exil, loin de la capitale, pour régner en son nom, plusieurs révoltes, fomentées dans le but de délivrer l’empereur captif, furent réprimées ; un grand nombre de mandarins, de personnages distingués, de princes de la famille royale périrent.

Cet état d’anarchie où les meurtres , les exécutions sans jugement se succédaient sans interruption , ne pouvait durer. L’impératrice régnante fît venir

CHINE

de toutes les provinces (692) ceux qu’on lui avait proposés pour être employés. Les mandarins qu’elle avait dépéchés partout, avaient ordre d’envoyer à la cour ceux qu’ils jugeraient capables de donner de bons conseils pour le gouvernement. L’impératrice les employa tous ; mais elle fit secrètement examiner leurs talents. Elle voulut reconnaître par elle-même le vrai et le faux des accusations secrètes que les mandarins avaient faites, et

ui avaient fait périr tant de princes

u sang, d’illustres personnages, et des mandarins innocents. Cette impératrice, que le sentiment de la justice inspira un peu tard, fit mourir plus de nuit cent cinquante de ces faux accusateurs , dont elle avait elle- même provoqué les infâmes délations (*).

Cette mesure politique apaisa un peu les esprits, et plusieurs bons mandarins entreprirent de faire revivre la justice et l'équité , et de faire cesser la tyrannie.

«EPRISES DES CONQUÊTES T FU BÊTA INES.

Cette même année 692 , le gouverneur chinois de Toui'fûn ( Sidchéou ) , secondé par le prince turc .Jssenatchoung, à la tête d’un corps de Turcs occidentaux , et conduisant une armée considérable de troupes chinoises , reconquit , sur les Thibétains , les quatre gouvernements militaires que ces derniers avaient enlevés aux Cninois quelques années auparavant. Le gouvernement général chinois des pays occidentaux fut alors établi à Koueïtseu ou Kou-tché, et les princes feudataires qui avaient quitté le parti chinois, furent forcés de rentrer dans l’obéissance.

(*) «Elle avait fait faire de petits coffrets de cuivre, où , par un trou pratiqué dans le couvercle, on pouvait déposer des billets. L’impératrice voulut que chacun fût libre d'y faire entrer des" accusations contre ceux qui paraîtraient mécontents du gouvernement. Elle envoya partout des gens de confiance pour récompenser tous ceux qui feraient en secret de pareilles dénonciations. » (Gaubil.)

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