INVASION DES THIBÉTAINS; PRISE DB LA CAPITALE DE I/EMPIRE
Mais la guerre nue les empereurs chinois avaient été obligés de livrer aux rebelles les avait forcés de retirer des vieilles troupes préposées à la garde des frontières du Thibet, dans la province du Chen-si, du côté du Kokonoor : on les avait remplacées par de nouvelles levées peu aguerries. Les Thibétains profitèrent de cette circonstance pour exécuter une invasion en Chine , avec une armée de plus de trois cent mille hommes. Les Thibétains s’emparèrent d'abord de beaucoup de villes, et finirent par prendre Si-nganfou (alors nommée Tchang-ngan) , qu’ils pillèrent, et dont ils brûlèrent le palais impérial. Ils furent ensuite forcés de se retirer en emportant des richesses immenses; mais les troubles n’en continuèrent pas moins sous le règne de Taï-tsoung.
L’histoire attribue à Taï-tsodng quelques actes honorables d’administration; il rétablit le collège impérial, qui avait été presque détruit dans les uerres civiles : on eut soin d’y mettre 'habiles professeurs, et d’y faire aller les enfants des grands mandarins et même ceux des princes. L’empereur s’y rendit avec sa cour et y fit les cérémonies en l’honneur de Confucius; mais il humilia les lettrés, en mettant à la tête de ce collège un eunuque ignorant, qui n’avait d’autre titre à occuper cet emploi que d’être en grande faveur à la cour.
Te-tsoong (779-805). Le règne de cet empereur ne fut guère plus paisible que le précédent; cependant il montra, dans le commencement, de bonnes intentions pour le bien public. Il fit sortir du palais un grand nombre de femmes; il ne voulut pas de divertissements qui fussent à la charge du peuple ou dangereux ; les oiseaux rares , les bêtes féroces, les éléphants apprivoisés, étaient d’une grande dépense, Te-tsoung s’en délit; il défendit dans tout l’empire les écrits, les placets sur les présages heureux tirés des phénomènes célestes, de la combinaison des figures des anciens livres, et d’autres
choses semblables ; il avertit tout l’empire qu’il ne connaissait d’heureux présages que la bonne conduite des mandarins et du peuple; il fit remettre aux villes et aux villages les provisions nécessaires pour lesbesoinsdes habitants; il mit ordre aux abus introduits par les eunuques que l’on envoyait en province : ces eunuques extorquaient des sommes considérables des mandarins et du peuple; on fit une enquête sur leur conduite, on les punit, et ils furent obligés de se conformer à ce qui leur était prescrit. On fit mourir un des juges de Si-ngan-fou et un eunuque de ses amis, qui, par leur mauvaise conduite et l’abus qu’ils faisaient de leur autorité, commettaient de nombreuses vexations; on examina la conduite de ceux qui avaient eu soin des revenus de l’empereur et des impôts, et on prit les précautions les plus sages pour prévenir les suites que l’avarice et la cupidité occasionnent dans un État; on établit partout des tribunaux pour recevoir les plaintes de ceux qui se croyaient opprimés, et on leur permettait de frapper le tambour destiné pour cela, si on ne leur rendait pas justice; on défendit d'élever de nouveaux temples d’idoles, et l’on n’autorisa plus l’entrée de personnes des deux sexes dans les couvents des bonzes.
La seconde année de son règne, Tktsoung supprima l’impôt sur les vins; ensuite il envoya un grand mandarin à la cour du roi du Thibet, pour y conduire les Thibétains qui avaient été faits esclaves à la Chine. Les eunuques avaient la direction des magasins de soie, ainsi que de l’argent des impôts et revenus de l’empire. L’empereur, reconnaissant les grands abus qui existaient dans cette administration, ordonna que, selon les anciens règlements, de grands mandarins seraient préposés à l’administration de ces magasins et de ces trésors, et qu’ils tiendraient des registres exacts de ce qui y entrait et de ce qui en sortait.
Te-tsoung avait publié une amnistie au commencement de son règne; il en publia encore une autre la seconde année.
CHINE