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DÉCADENCE ET RUINE PROCHAINE DE LA DYNASTIE DES THANG

La défaite et la mort volontaire du rebelle Houang-tchao avait sauvé, la dynastie des Thang; mais l’empire, déchiré par ces guerres civiles, n’avait pas encore pu recouvrer sa tranquillité. Les campagnes étaient désolées, et les villes ruinées. La capitale occidentale avait presque été entièrement réduite en cendre. Les gouverneurs de province aspiraient pour la plupart à se rendre indépendants.

L’abbé Renaudot fait dire aux deux Arabes dont il traduit la relation :

« Ainsi la Chine se trouva dans un état presque semblable à celui de l’empire d’Alexandre, après la défaite et la mort de Darius, lorsqu’il distribua les pays conquis sur les Perses à différents princes , qui établirent autant de royaumes; car chacun de ces princes commença à se joindre avec quelque autre pour’ faire la guerre à quelqu'un d’entre eux, sans la permission de l’empereur; et lorsque le plus fort avait défait le plus faible, et s’était rendu maître de la province que l’autre gouvernait, il la ravageait entièrement , il emportait tout ce qui s’y trouvait , et man-

geait tous les sujets de son ennemi.

Cette cruauté leur est permise selon les lois de leur religion, jusque-là même qu’ils vendent de la chair humaine aans leurs places publiques. »

Un sinologue européen, qui avait beaucoup étudié la Chine, a fait les réflexions suivantes sur ce passage :

« II n’y a pas de doute que pendant les famines , qui sont fréquentes dans un pays aussi peuplé que la Chine, on n’ait souvent eu recours à ce moyen horrible de prolonger l’existence ; aussi l’histoire chinoise fournit - elle des exemples d’anthropophagie dans les guerres civiles : c’était alors ou la famine qui y forçait, ou un excès de vengeance, à laquelle les Chinois et les Malais sont très-portés. Mais dans les temps ordinaires, et pendant que l’em- )ire jouissait d’une tranquillité pro- ’onde, on n’a jamais mangé de la chair humaine, encore moins était-elle publiquement exposée en veute. »

L’empire chinois ne fut pas plus tranquille sous le règne de Tchào- TSOUNG (889-906). Les gouverneurs de province continuèrent de se' faire des guerres cruelles. A la tête de ces derniers était le prince turc qui avait replacé le précédent empereur sur le trône. Le nouvel empereur fut obligé d’envoyer contre lui des troupes pour le faire rentrer dans le devoir; mais les troupes impériales furent battues.

Les guerres civiles, au lieu de cesser, augmentèrent journellement, et produisirent un bouleversement général dans l’empire. Les historiens chinois remarquent que le gouvernement du pays de Canton et de quelques villes voisines était le seul qui fût à la disposition de l’empereur; tous les autres étaient possédés par des gouverneurs indépendants, qu i se disaient bien sujets de rempereur , mais qui ne l’étaient que de nom, et qui , selon leurs intérêts particuliers, faisaient quelquefois valoir les ordres et l’autorité de l’empereur. Les revenus , les impôts étaient a leur disposition; ils en faisaient part à l’empereur quand ils le jugeaient à propos.

CONSPIRATION DES KÜNOQÜKSi EMPRISON- NEMENT ET DÉCHÉANCE DETCHAO-TSODNO.

L’année 900 de notre ère, quatre principaux eunuques mandarins tinrent un grand conseil avec d’autres eunuques pour se défaire de l’empereur, dont ils connaissaient la haine pour leur corporation. Ils employèrent des manœuvres si habiles qu’ils réussirent dans leur entreprise. Un d’entre eux, s’étant mis à la tête de quelques troupes, pénétra dans le palais, lit monter l’empereur et l’impératrice sur un cheval, les lit suivre par dix dames du palais, et les fit conduire dans un petit jardin ou parc dont on fit une trèsrude prison, et dans lequel ils furent gardés à vue par des soldats. Cet eunuque, en conduisant le roi dans cette retraite, traça sur le sable avec une verge d’argent toutes les fautes qu'il lui reprochait, et il les lui fit lire attentivement.

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