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RÉGLEMENT DES ÉTUDES

Un des ministres de Jin-tsoung, nommé Fang-tchoung-yen (*), hoin-

(*) On trouve dans une espèce de Clirestoniatliie chinoise, intitulée : Kou-wcn-pingtchoti , en 10 peu ou volumes, le placet de ce ministre à l’empereur Jin-tsoung pour ie rétablissement des anciens culléges. Voyez Kiouan 8, fol. to.

me plein de talents et d’amour pour les lettres , lui inspira le projet de rétablir les collèges dans tous les lieux de l’empire où il y en avait autrefois, et fit rédiger les sages règlements qui y furent mis en pratique, tant pour faciliter les études que pour maintenir le bon ordre. L’empereur, sur sa pro-

fiosition , publia l’édit suivant : « Que 'on rétablisse tous les collèges dans les villes où il y en a eu autrefois; qu’on en établisse aussi dans celles où il n’y en a point encore , et que ces collèges soient tous dans l’enceinte des villes et non en dehors des murs, pour la plus grande commodité des étudiants.

Les gouverneurs et autres principaux mandarins des provinces seront chargés de choisir parmi les mandarins subalternes des hommes capables et habiles dans les lettres, pour avoir une inspection immédiate sur les collèges de leurs districts respectifs; et si le nombre de ces mandarins ne suffit pas, ils feront chercher dans les villages et dans les campagnes, parmi les vieux lettrés et les docteurs émérites qui s’y sont retirés, ceux qu’ils croiront les plus propres à remplir d’aussi importants emplois. Qu’ils donnent la préférence à ceux qui sont reconnus pour avoir de bonnes mœurs, et qui jouissent à tous autres égards d’une saine réputation, sur ceux qui n’auraient que de la science , ou dont les mœurs seraient équivoques.

« Chaque année en automne , on fera un examen général pour le choix de ceux qui doivent être admis aux études.

« Ceux qui auront été admis, seront examinés de nouveau après cent jours; et si par le peu de progrès qu’ils ont fait , on juge qu’ils ne sont pas propres aux lettres, on les priera de se retirer.

« Ceux qui voudront entrer dans les collèges des villes du second ordre, s’ils ne sont pas d’une famille habitant dans le lieu même , doivent avoir parmi les citoyens ou les personnes connues, quelqu’un qui se fasse leur répondant.

« On n’admettra point dans les col-

CHINE

léges ceux qui sont actuellement en deuil , ceux qui seront accusés ou soupçonnés avec fondement de quelque crime , ceux enfin qui , sous quel prétexte que ce puisse être , auront caché leur vrai nom.

« On examinera les candidats , 1° sur l’éloquence; 2° sur quelque point de doctrine; 3° sur la poésie. On leur donnera des sujets sur ces trois genres différents, et les examinateurs liront eux-mêmes avec soin toutes les pièces et jugeront avec équité. Les noms de ceux qui auront été admis en conséquence de la bonté de leurs pièces , seront inscrits sur une planche que l’on exposera aux yeux du public (*). »

Après que cette ordonnance eut été publiée, le zélé ministre fit travailler promptement à l’exécution de tout ce qu’elle contenait. Il ne s’en tint pas là ; il engagea les membres du collège impérial de la capitale ( koue-tseu-kian ) à demander des améliorations et des privilèges. Il présenta lui-même leur requêté à l’empereur, qui était conçue à peu près en ces termes':

« Nous lisons dans l’histoire que sous l’illustre dynastie des premiers llan, votre collège impérial était composé de deux cent quarante corps de logis. Dix-huit cents chambres , sans y comprendre les salles, les offices et les autres appartements communs, étaient distribuées dans ces différents corps de logis , et servaient de demeure à treqte mille écoliers.

« Nous lisons, dans la même histoire , que sous la dynastie des Thang, Je même collège que les guerres au dehors, les dissensions au dedans, avaient fait déchoir de l’état brillant où il avait été, fut remis en honneur et qu’on y bâtit douze cents chambres pour loger les étudiants.

« Aujourd’hui que Votre Majesté n’a rien tant à cœur que de faire fleurir les lettres; aujourd’hui où l’on voit s’élever de tous cotés, par ses ordres, des collèges publics^où on les enseigne, ne fera-t-elle rien" en faveur de son propre collège, qui doit être regardé

(*■> Mém. cliiu. , t. VIII , pag. 56.

comme le foyer où se réunissent tous les rayons scientifiques de l’empire, et comme le brillant miroir qui doit réfléchir toutes les lumières particulières propres à éclairer l’univers? »

Sur ce placet, l’empereur assigna pour l’agrandissement du collège impérial un vaste emplacement qui était dans le voisinage; il ordonna que l’on augmenterait le nombre des appartements, et que l’on construirait de nouvelles chambres pour contenir et loger deux cents étudiants de plus qu’auparavant; que l’on bâtirait deux grandes salles dont l’une serait uniquement destinée à expliquer publiquement les king (ou livres canoniques), et l’autre à faire, en l’honneur de Khoung-tseu, les cérémonies respectueuses par lesquelles on le reconnaît pour le maître de la nation.

Quand tous ces bâtiments furent achevés, l’empereur voulut s’y transporter en personne pour voir si tout était bien. Il se rendit d’abord dans la salle de Khousg-tseu et ne dédaigna pas de se prosterner devant sa représentation , et d’y foire toutes les cérémonies avec autant de respect que Petit pu faire le moindre des étudiants. De la il passa dans la salle des King , assista pendant quelques instants à la leçon du maître ; et avant que de retourner dans son palais, il voulut visiter en personne les chambres mêmes des étudiants.

On cite un trait de la vie de cet empereur qui mérite d’être rapporté.

Voulant connaître quels étaient ceux de ses sujets les plus capables de bien remplir les fonctions d’administratqurs du peuple, il assembla dans son palais tous les grands et les plus célèbres lettrés; ensuite il leur ordonna d’écrire en sa présence les noms de ceux qu’ils jugeraient les plus dignes d’être employés dans les fonctions publiques.

L’empereur, en les obligeant d’écrire en sa présence, voulait empêcher qu’on ne les corrompît, ou qu’ils n’osassent exprimer librement leurs sentiments si d’autres que lui avaient connais* sance de ce qu’ils avaient écrit.

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