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NOUVELLE DOCTRINE PHILOSOPHIQUE

Ce fut sous le règne de cet em|>ereur et de son successeur que parut en Chine une nouvelle doctrine philosophique, que. l’on pourrait justement nommer philosophie de la nature , parce que c’est dans une interprétation plus ou moins fidèle des lois de la nature que ses- auteurs en placèrent les principes fondamentaux que nous exposerons ailleurs (*).

Cette philosophie a été considérée par plusieurs missionnaires jésuites en Chine v comme professant l’athéisme (**), quoique a tort selon nous.

17 empereur Chin-tsoung honora ces nouveaux philosophes de titres distingués pendant leur vie et après leur mort. Au nombre de ces novateurs, et

(*) Voir dans la suite de cet ouvrage, l’art. Philosophie chinoise.

(*') Voici ce que dit le P.Prémare dans sa Aotitia lingua: sinicas, du grand ouvrage public de 1403 à 1425 de noire ère , dans lequel celle philosophie est exposée : « In octavo gradu sunt moderni doctores ex « quorum placilis contlala est ilia farrago « Sing-li- ta-tsiouan. Horum magister est « TcHeoo-LitN-xr , et post ilium præcipue « laudaiKur duoTcHiwo-TSF.E , Tchaxo-tsaï, * supra dictus Tcbü-hi cITchao-xahü-tsie.»

Il y a plusieurs exemplaires chinois de cet ouvrage à la Bibliothèque royale de Paris.

leur chef politique, figure un ministre d’Etat, nommé Wang-’ an-chi, contre les idées réformatrices duquel Ssé-makouang, grand partisan de l’ancienne doctrine, eut longtemps à lutter. «Placé en opposition avec un de ces esprits audacieux, qui ne reculent, dans leurs plans d’amélioration, devant aucun obstacle, qui ne sont retenus par aucun respect pour les institutions anciennes, Sse-m a-kouang se montra ce qu’il avait toujours été, religieux observateur des coutumes de l’antiquité, et prêt à tout braver pour les maintenir.

« Wang-’an-chi était ce réformateur que le hasard avait opposé à SsÉma-kouang, comme pour appeler à un combat à armes égales le génie conservateur qui éternise la durée des empires , et cet esprit d’innovation qui les ébranle. Mus par des principes contraires, les deux adversaires avaient des talents égaux ; l’un employait les ressources de son imagination , l’activité de son esprit et la fermeté de son caractère, à tout changer, à tout régénérer;l’autre, pourrésisterau torrent, appelait à son secours les souvenirs du passé, les exemples des anciens, et ces leçons de l’histoire dont il avait fait toute sa vie une étude particulière.

« Les préjugés mêmes de la nation , auxquels Wang-’an-chï affectait de se montrer supérieur, trouvèrent un défenseur dans le partisan des idées anciennes. L’année 1069 avait été marouée par une réunion de fléaux oui désolèrent plusieurs provinces : aes maladies épidémiques, plusieurs tremblements de terre, une sécheresse qui détruisit presque partout les moissons.

Suivant l’usage, les censeurs saisirent cette occasion pour inviter l’empereur à examiner s’il n’y avait pas dans sa conduite quelque chose de répréhensible, et dans ie gouvernement quelques abus à réformer; et l’empereur se lit un devoir de témoigner sa douleur en s’interdisant certains plaisirs, la promenade, la musique, les fêtes db l’intérieur de son palais. Le ministre novateur n’approuva pas cet hommage

rendu aux opinions reçues. « Ces calamités qui nous poursuivent, dit-il à l’empereur, ont des causes fixes et invariables ; les tremblements de terre , les sécheresses, les inondations n’ont aucune liaison avec les actions des hommes. Espérez-vous changer le cours ordinaire des choses, ou voulez-vous que la nature s’impose pour vous d’autres lois ?

« Ssé-ma-kouang , qui était présent , ne laissa pas tomber ce discours : « Les souverains sont bien à plaindre, s’écria-t-il, quand ils ont près de leurs personnes des hommes qui osent leur proposer de pareilles maximes; elles leur ôtent la crainte du ciel; et quel autre frein sera capable de les arrêter dans leurs désordres? Maîtres de tout, et pouvant tout faire impunément,' ils se livreront sans remords à tous leurs excès ; et ceux de leurs sujets qui leur sont véritablement attachés n’auront plus aucun moyen de les faire rentrer en eux-mêmes (*). »

Il est difficile, ajoute M. Rémusat, de décider lequel de ces deux discours contenait le plus de véritable philosophie.

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