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NOUVEAU TRAITÉ DE PAIX

Les deux empereurs qui se partageaient la Chine, tirent un traité de paix, dont les conditions furent extrêmement dures pour Kao-tsoung. Il y fut humilié au point de le souscrire du nom de Ichin, sujet, avec l'épithète honteuse et flétrissante de Long, tributaire !

Cependant l’année 1 1 61 de notre ère , le chef tartare rompit ce traité, et à la tète d’une armée de six cent mille soldats, il entra dans les provinces centrales et prit la ville de Yangtcheou. Arrivé sur le bord du grand fleuve Yang-tse-kiang . qui n’est pas éloigné de cette ville , il ordonna à ses troupes de le passer vers son embouchure, et dans l’endroit où il était le plus large et le plus rapide. Les troupes se révoltèrent, et le roi tartare fut tué dans le tumulte. L’armée sc^ retira ensuite vers les provinces septentrionales.

IIiao-tsoung (U63-11S9). Cet empereur. neveu du précédent , qui avait abdiqué en sa faveur, eut un règne paisible , parce que le roi ou empereur tartare, qui avait succédé à l’entreprenant Hi-tsoung, était lui-même d’un naturel très-pacifique.

LE riULOSOrHE ET CÉLÈBRE COMMENTA- TEUR TCHOU-HI.

Ce fut sous le règne de IIi ao-tsoung que brilla Tchou-hi (*), le plus célèbre commentateur des anciens livres classiques de la Chine (**), dont les explications pleines de clarté et d’une admirable concision sont devenues inséparables de ces mêmes livres. Aux

(*) Voir son portrait , pl. 63, n° 3.

(**) Confér. ci-devant, pag. i83, note.

connaissances spéculatives et positives les plus étendues, il joignit l’expérience pratique des affaires", et il remplit plusieurs hautes magistratures sous quatre différents empereurs; il fut honoré après sa mort du titre de IVenkoung ou de prince de la littérature, et il reçut les mêmes titres posthumes que les disciples de Khoung-tseu, avec lesquels il fut placé dans la salle destinées honorer ce grand philosophe.

C’est un usage établi à la Chine et qui est encore en vigueur, que lorsqu’un homme rare s’est extraordinairement distingué par sa vertu, par sa probité ou par sa science, dans l’exercice de ses fonctions publiques, les empereurs le mettent au rang des disciples de Khoung-tseu, afin qu’il partage avec ce grand maître les honneurs que les mandarins et les lettrés lui rendent à certains jours de l’année.

Nous renvoyons aussi à la section Philosophie chinoise un exposé de ses doctrines philosophiques. Ce même auteur écrivit aussi une histoire universelle de la Chine, composée de résumés substantiels et de développements, que l’on nomme en chinois Thoung-kian-kangmou; les kang-mou ou résumés sont de Tchou-hi , et le fond de l’ouvrage ou le Thoung-kiàn appartient à Ssema-kouang. C*est la traduction tartare de cette grande histoire des deux célèbres auteurs que le P. de Mailla a traduite en français, et qui a été publiée en douze volumes in-4*.

Kouang-tsoung, fils et successeur de H i ao-tsoung, ne régna que cinq ans ( 1 1 90- 1 1 94) , pendant lesquels l’empire fut assez trunquille.NiNG-TsouNG, son troisième fds, qui régna après lui (1195-1224), avait un esprit si borné qu’il était même incapable de choisir ses conseillers; ses courtisans abusèrent de sa confiance et de son imbécillité. Ils lui firent porter un édit par lequel il était défendu aux particuliers d’ecrire les annales de l’empire, et de les imprimer sans y être autorisés par une permission expresse.

Sous le règne cl» cet empereur, le.

feu prit à son palais et y dura quatre jours sans que l’on pilt l’e'teindre.

Quelques années après il prit aussi à la ville impériale, qui était Hangtchéou, et il y eut, dit-on, cinq cent trente mille maisons consumées par les flammes.

Les Tartares K in ou orientaux, ayant rompu le traité de paix, envahirent de nouveau la Chine.

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