FIN DE LA DYNASTIE DES SOUNG
La flotte chinoise ayant été jointe par la flotte tartare, un combat sanglant eut lieu; la flotte chinoise fut vaincue et mise dans une déroute complète. Le premier ministre Lo-siéousse, à qui le jeune empereur avait été confié , voyant qu’il n’y avait plus d’espoir de salut , prit le jeune prince , âgé de dix-huit ans, entre ses bras, et il se précipita avec lui dans la mer, en disant : «Il faut mieux mourir libre ue de déshonorer les ancêtres de l’un e nous par une honteuse captivité. »
Alors l’impératrice, au désespoir et jetant des cris affreux, se jeta pareillement dans la mer. Cette catastrophe arriva près d’une île appelée Ydi-chan , dépendante de la ville de Sin-hoeï, province de Komng-toung.
Un autre général, qui commandait une partie de la flotte chinoise, passa à travers les vaisseaux ennemis, et s’efforça d’aborder sur quelque rivage; mais il ne put vaincre la violence des vents, et une affreuse tempête, qui semblait aussi avec tous les éléments vouloir hâter la ruine complète de la dynastie des Soung , le fit périr avec tout son équipage.
'On dit que dans cette fatale journée plus de cent mille Chinois trouvèrent la mort, soit par le fer, soit dans les flots où beaucoup d’entre eux se précipitèrent de désespoir.
Ainsi finit la dynastie des Soung , et avec elle la domination chinoise. Cette grande monarchie chinoise, qui venait de s’écrouler, avait déjà une existence de près de quatre mille ans, et avait déjà vu passer dix-neuf dynasties, quand elle se vit forcée d’obéir pour la première fois à des souverains étrangers.
XX" DYNASTIE; LES YOÜAN OD SIONGOLSi
U79—Ï367. BECB BMPBBBUB8, 89 AKNÉIS.
La dynastie des Soung, après une durée de trois cent dix-neuf aqs, était allée s’éteindre dans les flots de la mer Orientale , dernier et lointain refuge d’un pouvoir expirant qui n’avait cessé de reculer devant ces hordes de barbares dont l’audace, après avoir porté le fer et la flamme sur toutes les nations civilisées de l’Asie, menaçait encore d’envahir l’Europe à peine sortie de la barbarie (*). L’histoire-en est encore à chercher quelle est la cause de cesgrandsfléauxqui paraissent de temps en temps sur la scène du monde, et qui menacent d’anéantir à jamais, comme les laves brûlantes du Vésuve , tous les monuments de la civilisation humaine' qui se trouvent sur leur passage. Ne seraient-ils pas envoyés pour retremper dans les larmes de l’adversité ces nations dégénérées que les abus de la civilisation ont corrompues, et pour faire participer aux lumières dont le dépôt leur avait été transmis, ces barbares qu’elles voulaient en tenir déshérités ?
Nous laissons à l’auteur de la Description de la Tartarie et de la Mongolie le soin de décrire l’origine et le développement de cette puissance si redoutable, qui, sortie des deserls de l’Asie centrale et conduite par le fameux Tchinggis-khàn, fut une des plus grandes qui aient étonné le monde; spectale extraordinaire et imposant que ces armées immenses qui descendent des hauts plateaux de l’Asie, et se précipitent comme des avalanches sur les nations qu’elles vont conquérir!
L’Inde, la Perse, la Hongrie, la Pologne, l’Autriche, la Syrie, la Tartarie, la Chine suffisent" à peine à leur insatiable soif de conquête et de destruction ! Leur chef se dit l’envoyé de Dieu pour exterminer les nations civilisées , et pour les punir de les avoir laissées dans la barbarie.
Khoubilai-khan (en chinois Hod-' pi-lie), petit-fils de Tchinggis-khan,
(*) Yoy. ci-devant pag. 1. Note.
CHINE
qui avait commencé la conquête de la Chine, fut le premier des conquérants étrangers, auquel les historiens chinois donnent le titre d’empereur. Ils placent la première année de son règne, sous le nom de Youan-chi-tsou (premier ancêtre impérial des Youan ou Mongols ), à l’année 12G0 de notre ère; mais ils font encore régner simultanément les derniers empereurs des Soung jusqu’à l’année 1279 inclusivement, de sorte que ce n’est que l’année 1280 que le premier empereur de race mongole règne exclusivement sur le grand empire chinois.