RÈGLEMENTS PUBLIÉS PAR HOU-PI-LIE
Cette politique eut l’effet qu’Houfi-lie en attendait; les villes et les campagnes se repeuplèrent ; la sagesse et les bonnes intentions du prince mongol se répandirent partout, avec les nouveaux règlements que, aidé de ces trois sages, il publia pour être exécutés dans son nouvel empire. Ces règlements concernaient les divers tribunaux des ministres d'État, des censeurs ded’empire, des cérémonies , des mandarins ou fonctionnaires publics , des peines, des ouvrages publics, de la guerre et autres. On régla de même les fonctions des officiers d’armée et du palais de l’empereur. On réorganisa aussi le tribunal des mathématiques ou d’astronomie, où furent appelés des astronomes étrangers qui firent faire des progrès à la science des Chinois.
(*) Yao-tcliou ayant clé nommé, coprésidenl du tribunal des finances , avait pour collègue un Tartare-Mongol qui ne pensait qu’à s'enrichir aux dépens de ia fortune publique. Yao-tcliou lui représenta qu’il ne devait pas prendre l'argent du peuple et que ses fonctions se bornaient à l’administrer. Le Tartare se moquait de cette doctrine, et continuait de piller, eu engageant Yao-tchou à en faire autant. Le sage chinois aima mieux vivre pauvre que de s’eurichir par une voie illicite ; il se retira dans 1 eHo-nan, et ne s’y appliqua qu’à étudier et à enseigner les livres chinois. Il en fit imprimer beaucoup pour les distribuer gratis à de pauvres lettres; sa maison devint une académie célèbre, où l’on voyait le portrait de l’ancien philosophe Kuoonis-tseu et de plusieurs habiles lettrés; il ne cessait de porter les autres à imiter leur amour pour l’élude et pour la vertu. (Gaubil , lieu cité ,
pg. IIO.)
Hou-pi-lie pensa également aux manufactures, au commerce, et à réparer les monuments et édifices publics; il fit faire des enquêtes sur les souffrances et les misères du peuple, et voulut savoir ce que chaque département avait de bon et de mauvais (comme s’exprime le chinois) le nombre et la qualité de ses produits, et ce que l’on pouvait faire pour le rendre prospère.
SAVANTS ÉTRANGERS APPELÉS A LA COUR ET EMPLOYÉS DANS LES FONCTIONS PU- BLIQUES. RÉTABLISSEMENT DU COLLÈGE DES HAN-UN.
Hou-pi-lie aimait les savants et les gens de lettres, et il en vint à sa cour de toutes les nations. Il y en avait de l’Inde, de la Perse, de la Transoxane et de diverses contrées de l’Europe (*). A l’imitation des empereurs chinois, il fit choix des pins habiles lettrés pour en faire une académie, à la tête de laquelle il plaça Téou-mo. Hiu-heng fut nommé intendant général du collége impérial (koue-tseu-kian) , et Yaotchou fut nommé président du ministèredes finances.il chargea les membres du collège ou académie des Han-lin d’écrire l’histoire de l'empire.