RÉPRESSION DES GRANDS
Les filles et les sœurs des empereurs mongols, et les princes ou grands de l’empire , leurs maris , avaient obtenu ou s’étaient arrogé de nombreux et grands privilèges dans les principautés que les empereu rs leur avaient données. Peu à peu ils s’étaient emparés du droit de faire eux-mêmes justice de leurs vassaux et des gens de leurs maisons. Plusieurs abus de ce genre déterminèrent TcHiNG-TSOUNGàfaireune loi quipor* tait qu’on ne pourrait condamner personne sans en avoir eu l’agrément de l’empereur. Cette loi a été très-louée des Chinois, et devait l’être.
ENQUÊTE SÜR tES CALAMITÉS PUBI.IQDBS OCCASIONNÉES PAR LA CONQUÊTE.
L’année 1299, l’empereur Timoub envoya des mandarins dans toutes les provinces, pour faire une enquête sur les pertes que les populations avaient faites, les dommages que les troupes avaient causés , les familles des mandarins qui n’avaient pas de quoi vivre selon leur état, les paysans qui ne pouvaient pas cultiver les terres; et on soulagea réellementtous les pauvres, les malades, les vieux officiers hors d’état de servir, et leurs familles ; une telle conduite attira au prince des applaudissements publics. Il fit aussi élever un temple magnifique au philosophe Khoung-tseu, dans la ville de Péking.
Gette mesure lui concilia beaucoup l'af-
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fection des lettrés chinois. Il passe à leurs yeux pour un empereur parfait; aussi reçut- il le titre posthume de Parfait et Illustre ( Tching-tsoung). La sage conduite qu’il tint dans la guerre contre Haytou, en Tartarie, dit le P. Gaubil, le choix judicieux qu’il fit de ses généraux et de ses ministres , l’éloignement constant qu’il fit paraître pour Tes vices , qui ne régnent que trop souvent dans les cours des princes, et les soins extraordinaires qu'il se donnait pour soulager les peuples , donnent une grande idée de l’art de gouverner, ue ce priuce possédait dans un haut egré.
Wou-tsoung (1308-1311). Après la mort de Tching-tsoung, un de ses neveux , nommé Haychan , qui était en Tartarie, vint disputer sa succession aux prétendants de sa famille, qui la convoitaient. Un des premiers actes de son règne fut de faire distribuer, dans tout l'empire , une traduction, en langue mongole, du livre célèbre de Khoung-tseu sur la piété filiale (le Hiao-king) ; et , dans une proclamation qu’il fit à ce sujet , il recommanda aux princes et aux grands tartares la lecture de ce livre, et les exhorta à se conformer à la doctrine qui y est contenue. Ensuite, faisant allusion à ce que le grand philosophe avait fait pour mettre en ordre les Livres classiques , il dit que, sans Khoung-tseu, on ne saurait rien des anciens sages , et les sages des temps qui lui étaient postérieurs n’auraient pas eu des exemples de l’ancienne et vraie vertu à imiter.
On reconnaît dans ces mesures l’inlluence salutaire qu’un sage chinois , précepteur de ce jeune empereur , avait exercée sur lui par ses leçons , comme une influence pareille s’étâit fait sentir sur l’esprit des empereurs mongols qui l’avaient précédé ; résultat heureux et nécessaire de la sagesse et des lumières sur l’ignorance et la barbarie.