‹ L'UniversChapitre 263 sur 348 · DEVOIR POUR TOUS LES MANDARINS DE S’ENQUÉRIR DES BESOINS DU PEUPLE · texte numérisé non relu

DEVOIR POUR TOUS LES MANDARINS DE S’ENQUÉRIR DES BESOINS DU PEUPLE

Dans une autre occasion, s’étantadresséà un mandarin de lettres, il lui demanda si le peuple était content, s’il n’était point opprimé par ceux qui le ouvernaient, et s’il n’avait pas besoin e quelque secours particulier. — « Seigneur, lui répondit le mandarin, je suis livré tout entier à l’étude et occupé de mes livres. J’ignore ce qui se passe au dehors ; je ne puis par conséquent satisfaire à la demande que vous me faites.

— « Quoi, répliqua l’empereur, vous êtes mandarin , et vous ignorez les besoins du peuple ! vous ne pouvez dire en quel état il se trouve? et si dès aujourd’hui je vous choisissais pour le gouverneur dans quelque ville de l’empire, comment vous acquitteriez-vous de vos obligations? Un mandarin de lettres n’est pas destiné à ne s'occuper que de ses livres. Il n’a dû se proposer pour but en étudiant, que de s’instruire lui-même, et de se mettre en état d’instruire les autres; mais quand une fois il a obtenu des grades, et est entré dans la classe des mandarins, il doit lire dans le grand livre de la société civile, et ne rien ignorer de ce qui s’y asse, pour pouvoir la servir selon ses esoins dans les emplois qui lui seront confiés. »

Il ne se contenta pas d’avoir ainsi réprimandé le mandarin de lettres , il le destitua de sa charge et l’envoya en

CHINE

exil. «Là, dit-il, réduit au rang du simple peuple , il apprendra mieux que dans les livres ce que c’est que cet état; et si dans la suite il parvient iusqu’à obtenir des emplois, il sera Beaucoup mieux en état de les remplir qu’il ne l’était auparavant. »

Page 1