‹ L'UniversChapitre 28 sur 348 · INSCRIPTION DE TU · texte numérisé non relu

INSCRIPTION DE TU

Tous les témoignages historiques sur les travaux de Y u seraient corroborés , s’ils avaient besoin de l’être, par l’fnscription chinoise qu’il fit graver sur un rocher du mont Heng-chan , unedes célèbres montagnes de la Chine, où les anciens empereurs avaient coutume d’offrir un sacrifice annuel au Souverain- Suprême. Cette inscription que.le temps a presque entièrement effacée, mais qui a été recueillie par les Chinois , lorsu’on pouvait encore la lire, conservée ans le musée de l’ancienne ville de 5»ngan-fou ,. province du Chen-si, et dont le P. Amiot, missionnaire français, envoya à la Ribliothèque royale de Paris, dans le siècle passé, une copie fidèle, en gros caractères de six pouces de hauteur, accompagnée d’une traduction française (*) , est sans aucun doute le monument le plus ancien de ce genre ,

(*) 'Celte inscription originale en vieux

caractères chinois nommés ko-téou, à forme de têtard , que l’on dit avoir été in-

ventés par Fou-aï , aq5o avant notre ère,

et transcrite en nouveaux , a été publiée à Paris, en i8oï , par J. Hager, i vol. infolio; et à Halle, en i8ir, par M. Klaprolh, qui y a joint une explication détaillée de chaque caractère en langue allemande.

puisqu’il remonte à l’année 2278 avant l’ère vulgaire ; les inscriptions cunéiformes de Babylone et de Persépolis, ne remontant guère qu’au temps de Sémiramis, et les inscriptions hiéroglyphiques de l’Égypte, connues , n’allant pas au-delà de Sésostris ou Rhamsès, sont, par conséquent, de plus de 500 ans postérieures à celle de Y».

Traduction littérax*.

Le vénérable empereur dit : « Oh ! « ( mon ) aide et ( mon ) conseiller , « qui ( me ) soulagez dans l’adminis- » tration des affaires ! les grandes et « les petites îles, ( tous les plateaux « habités ), jusqu’à leurs sommités, « toutes les demeures d’oiseaux et de « quadrupèdes, et tous les êtres exis- « tants sont au loin inondés. Vous,

« avisez ( à cela, avec votre intelli- « gence pénétrante ) ; renvoyez (faites « écouler ) les eaux , et élevez ( des « digues, pour empêcher un nouveau « débordement).

« Il y a long-temps que (moi Yu)

« j’ai complètement oublié ma famille « ( pour reparer les maux de l’inonda- « tion); je me repose (maintenant)

« au sommet de la montagne Yo-lou.

« Par ( ma ) prudence et (mes) travaux,

« j’ai ému les Esprits. (Mon) cœur ne « connaissait point les heures (du re- « pos). C’est en travaillant sans cesse « que je me reposais. Les montagnes « Hoa (*) , Yo (**) , Tai (***) ,

* Heng (****), ont été le commence- « ment et la fin de (mes) entrepri- « ses. Après (mes) travaux accomplis,

« j’ai, au milieu (de l’été) offert un « sacrifice en action de grâces. ( Mon )

« affliction a cessé ; la confusion de la « nature a disparu; les grands eou- « rants qui venaient du midi se sont « écoulés dans la mer ; les vêtements « de toile pourront être confection- « nés ; la nourriture, préparée ; les dix

(*) Dans la province' du Chen-si.

(**) Id. du Chan-si.

(***) ld. du Chan-toung.

(****) ld. de Sse tchouan.

« mille royaumes (tout l’univers) se- « ront ( désormais) en paix , et pour- « ront se livrer éternellement à la « joie (*). *

(*) Quelques observations archéologiques sur cette inscription, qui en demanderait uu grand nombre, ne seront peut-être pas inutiles, te caractère chinois qui désigne les vêtements dans l’inscription, est un radical différent de celui de la soie; ce qui peut autoriser à penser que les vêtements de soie n’étaient pas aloi's encore en usage, quoique, dans la statistique de Vu , on trouva que certains produits de plusieurs provinces chinoises étaient eu soie ecrue . L’auteur d’un savant dictionnaire étymologique chinois, très-ancien (le ChoueiVen), Hiu-cbiw, qui vivait dans le second siècle de notre ère, prétend que les caractères dans lesquels entre le signe de la soie, ne remontent pas au-delà de la dynastie des Tchéoo , qui a commencé riaa avant notre ère , et que tons ceux qui concernent les habits des anciens ne sont composés que des images de poils et de chanvre : ce qui d’ailleurs ne contredit point le Livre des Annales , qui ne parle pas de vêtements de soie, mais de soie êcrue, de pièces desoie que l’on offre en tribut à Y ao et à ses successeurs ; et ce qui s’accoiderait avec l'inscription ci-dessus. Plusieurs écrivains anciens disent aussi que Yao, Chu» et Yu étaient vêtus de simple toile en été , et de peaux en hiver. Uu ancien philosophe chinois, Hoaï- »ah-tseu, confirme la simplicité de ces temps antiques, par la description qu’il fait de la demeure impériale de Yao. Le toit était de paille et de terre, les pluies de l’été y faisaient croître l'herbe et le couvraient de verdure. Après la porte d’entrée, qui était tournée nu midi, venait une grande cour qui était la salle d'audience. Au bout de cette cour, entourée de murailles , était une grande salle où l’on gardait les poids et mesures , pour les marchés qui se tenaient dans cette euccinte. Au-delà de cette salle était une seconde cour, au fond de laquelle était l'humble maison où le prince demeurait avec sa famille. La salle d’audience était élevée au-dessus du sol , et les degrés par où l’on y montait étaient faits de gazon. Comme on était obligé d’attendre pour être admis à son tour à l’audience on avait planté des arbres aux portes pour que les officiers et le peuple pussent y être à l’abri du soleil. - -

ÉVÉNEMENTS PRINCIPAUX ARRIVÉS SOtS LA DYNASTIE RU.

Yu , fidèle à l’exemple de ses prédécesseurs , avait nonmié le ministre Y pour lui succéder ; mais les grands choisirent pour empereur Ki , son fils.

Cette élection directe du souverain, pris dans la famille de Yu, fut la consécration du droit héréditaire dynastique, et l’aliénation positive du droit de présentation qu’avaient eu jusque là les grands de fempire.

A dater du règne de Kt , lequel fut assez court , les souverains ne portent plus que le titre de roi (wang ); celui d’empereur (fi) était trop difficile à garder, après Yao, Chün et Yu. Ce ne sera qu’après les règnes obscurs de trois dynasties,, que le chef d'une dy nastie nouvelle plein de force et d’é-nergie , se parera de ce grand titre , comme nous avons vu récemment un intelligence puissante s’en parer au milieu denous.

g « Tai-kang, successeur de Ki, était sur le trône comme un mannequin (*) , dit IcChou-king ; l’amour du plaisire lui avait fuit abandonner le chemin de la vertu. Malgré l’aversion que le peuple avait conçue contre lui, il ne pensait qu’à satisfaire ses passions ; pendant qu’il était à la chasse au-delà du Lo (rivière du IIo-nan )? cent jours s’étaient écoulés sans qu’il revînt.

« Alors les cinq frères du roi suivirent leur mère , et allèrent l’attendre à l’embouchure du Lo. Dans le chagrin où étaient ces cinq fils, ils firent une élégie qui contenait les avis et les préceptes du grand Yu.

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