‹ L'UniversChapitre 29 sur 348 · L'ÉLÉGIE DES CINQ FIIA · texte numérisé non relu

L'ÉLÉGIE DES CINQ FIIA

« Le premier dit Voici ce qui est dans les documents de notre auguste

(') Le mot chinois désigne un enfant qui , dans les cérémonies en l’honneur des ancêtres , représentait le mort.

(**) Le lotte chinois de ce ehanf ctégiaqite , nômmé Oit tsett tchi ta , U (liant des cinq fils, porté à peine les première^ tènccs ’

aïeul, Yü : Ayez de la tendresse pour Je peuple , ne le méprisez pas ; il est Je fondement de l'état. Si ce fondeinent est terme , l’empire est paisible.

« Les gens les plus grossiers peuvent être au-dessus de moi. Si un homme tombe souvent dans des fautes, attendra-t-il que les plaintes soient publiques pour penser à se corriger? Avant que cela soit, il faut être sur ses gardes. Quand je suis chargé des peuples , je crains autant que si je voyais des rênes pourries employées pour diriger six chevaux fougueux.

Celui qui commande aux autres ne doit-il pas toujours craindre?

« Le second dit : Selon les intentions de notre auguste aïeul , au dedans, l’amour excessif des femmes, au dehors, l’amour excessif de ces grandes chasses , la trop forte passion pour les boissons fermentées (*), pour la musique déshonnête, pour les palais élevés et pour les murailles ornées de peintures, sont six défauts, dont un seul nous perd.

« Le troisième dit: Depuis Yao , la demeure des rois a été à Ki, et, parce que l’on n’a gardé ni sa doctrine, ni ses lois , on a perdu cette ville.

« Le quatrième dit : Notre aïeul , par son application continuelle à la vertu , devint célèbre et fut maître de tous les pays. Il a laissé des règles de conduite et un vrai modèle à ses des-

U’une intention métrique. Les vers, si on peut les appeler ainsi, sont de différentes mesures, de deux, trois, quatre, cinq, six mots ou syllables, dont quelques-uns riment ensemble.

(*) On voit, par ce passage, que l'usage

des boissons fermentées est irès-ancien en Chine. Les écrivains chinois disent que cette boisson fut inventée sous le règne de l’empereur Tu, qui en éprouva un grand chagrin. « Cette liqueur, dit-il, causera les plus grands troubles dans l’empire. » Il bannit de ses états l’inventeur de ce breuvage, qui n’était point le jus du raisin , mais un extrait fermenté du riz. On voit aussi que l’art de peindre était déjà connu alors, ainsi que la poésie , la musique et plusieurs autres produits d'une civilisation avancée.

cendants. Cependant les étalons dei poids et mesures, qui doivent être partout en usage et servir pour l’égalité, sont dans le trésor. On a abandonné sa doctrine et ses lois ; c’est pourquoi il n’y a plus de salle pour honorer Ici ancêtres , ni pour faire les cérémonies et les sacrifices.

« Le cinquième dit : Hélas! que faire! la tristesse m’accable! les peuples me haïssent ! A qui donc puis-je avoir recours? Le repentir est dans nion cœur, la honte sur mon visage.

Je me suis écarté de la vertu; mais mon repentir peut-il réparer ie passé? » ( Chou-king , livre 2, ch. 3.)

It EN VERSEMENT DE TAIKANO.

La conduite de ce roi, qui passait ses jours dans les débauches de son alais , ou à la chasse au milieu des ois, ravageant avec ses chevaux et ses meutes de chiens les campagnes cultivées, excita l’indignation publique. Il fut détrôné par les grands. Ce fut uu de ses principaux officiers qui s’empara de sa personne, dans le temps que depuis plus de trois mois il n’iiabitait que les forêts. Il fut envoyé en exil , et un de ses frères nommé Tchoung-kang fut mis à sa place ( 2,159 ans avant notre ère) (*).

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