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PREMIÈRE ENTRÉE DES MISSIONNAIRES JÉSUITES EN CHINE

Ce fut sous le règne de cet empereur que les premiers missionnaires jésuites pénétrèrent en Chine pour y prêcher le christianisme, et qu'ils éprouvèrent aussi leur première persécution (*).

A dater de cette époque, l’histoire de la Chine se présente aux Européens sous un aspect nouveau; ce ne sont plus seulement les monuments historiques de la Chine qui peuvent servir de base aux travaux européens; l’entrée dans cet empire des missionnaires qui vont y prêcher une foi nouvelle, etles relations de leurs missions plus ou moins heureuses, ainsi que la connaissance plus ou moins exacte qu’ils acquièrent de l’histoire, des coutumes et des arts de la Chine, des faits qui se passent sous leurs yeux, sont des éléments nouveaux qui peuvent aider la critique européenne et lui servir de contrôle pour les faits contemporains, comme on l’a déjà vu pour les premiers temps de la dynastie mongole.

Ainsi l’on trouve dans un ouvrage du P. Alvarez Semedo(**), l’un des

(*) » Anno cycli 18 (i58i) primus è Societate Jesu P. Michael Rogerius Sinam ingreditur.

« Anno cycli 38 (r6oo), lunà ta , quæ respondet jamiario anni 1601, P. Matthæus Ricciuj primùm aulam ingreditur. Moritur anno cycli 47 (1610), luné 4.

«Anno cycli 5a (i6i5), prima et sævissinia in Christi legem perseculio in Nonking mola à C/tin kio è præcipuis praefectis uno. Præcones Legis alii verberibus cæsi et in caveis ligneis Macauin averti , alii hue illuc dispersi , à præfectis christiania clàin servati. Post 6 circiler annos respirare et florere cæpil. res christiana , persecutore dignitotibus suis privalo et ingloriè mortuo. » (P. Couplet, S. J. loco laudalo , pog. 87-88.) 1 8

(**) Histoire universelle de la Chine, publiée en français à Lyon en 1667, 1 vol. in-4». Cet ouvrage, dans lequel on trouve des observations curieuses sur les moeurs et les coutumes des Chinois, ne conlient , inalpé son titre , aucun détail sur l’histoire de la Chine, antérieur aux événements contemporains de l'auteur.

premiers missionnaires jésuites qui pénétrèrent en Chine avec le P. Ricci et autres , et qui essuya la première persécution dont nous avons parlé cidessus, on trouve, dis-je, dans cet ouvrage un récit curieux de la guerre et de l’invasion des Tartares, qui confirme en tout point ceux des historiens chinois :

«Quand Iluni-vu (Houng-woü), chef de la maison royale qui possède aujourd’huy la couronne, chassa les Tartares (Mongols) hors du royaume, qu’ils avoient entièrement occupé l’espace de quatre-vingt-dix ans, il rentra non-seulement dans ses Estats, mais encore en conquit d’autres , et se rendit le maître de ceux qui sont voisins du nort, les obligeant de lui payer tribut. Il est vray qu’ils n’eurent plus la forme de royaume, après que ce conquérant les eût divisez en cent soixante familles ou Estats, auxquels il distribua diverses charges et dignitez , jusqu’à ce qu’euxmêmes, se voyant grandement multipliez, se partagèrent en trois royaumes , l’un du costé du couchant , l’autre tirant au nort, et le troisième à l’orient. Les deux premiers ne vécurent pas longtemps oans l’obéissance des roys de la Chine-, il n’y eut que celuy de l’orient qui cultiva leur alliance, traitant avec eux et s’acquitant de son devoir.

« Cette bonne intelligence dura plusieurs années , jusques a ce que les Chinois , s’apercevant que ce royaume faisoit de grands progrez, a’rrestèrent entre eux , ou par raison d’Estat ou par quelque considération particulière, de l’opprimer et de l'abattre ; de sorte que les Tartares, poussez d’un désespoir, se résolurent de sortir aux champs, qui est le fruit ordinaire de la concussion et de la tyrannie, quand les princes demandent des peuples plus qu’ils ne peuvent. Les Tartares s’assemblèrent donc secrettement , et attaquèrent en mesme temps une forteresse de la province de Leao-toung , qu'ils prirent , et ensuite remportèrent plusieurs avantages sur les Chinois.

« Les Tartares du couchant et du nort, touchez d’affection pour leur

pays, ou plustot portez par leurs intérêts particuliers, ce qui est le plus probable, se mirent aussitost en campagne, et vindrent au secours des Orientaux, et peu à peu ils s’assemblèrent en si grand nombre, qu’en l’année 1618 deux puissantes armées, l’une des Chinois et l’autre des Tartares, livrèrent bataille, où les Chinois furent vaincus et défaits avec une sanglante erte; et, pour mieux entendre Pestât es affaires , je veux ici transcrire une requeste que le président du conseil de guerre présenta sur ce sujet au roy, que je rnis dès lors en nostre langue, et que j’envoye pour nouvelle, maintenant que j’ay trouvé l’occasion de la faire imprimer ; voicy ce qu’elle porte :

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