‹ L'UniversChapitre 291 sur 348 · FIN DK LA DYNASTIE DES MING · texte numérisé non relu

FIN DK LA DYNASTIE DES MING

Cependant ce chef de rebelles, nommé Li - tseu - tching , se rendit maître des provinces du tlo-nan et du Chen-si; il en fit mourir tous les mandarins en fonctions; et il extorqua des sommes «f . : . ■.

considérables de tous ceux qui ne l’étaient plus, mais qui l’avaient été; il n’y eut que le peuple qu’il traita avec bonté, en lui faisant la remise de tous les impôts. Cette conduite attira à son parti un grand nombre de soldats de l’armée impériale; et la puissance de ce chef de voleurs, comme il est appelé par les historiens, devint si grande, qu’il se crut maître de l’empire, et se fit déclarer empereur de la Chine.

La province du Chen-si soumise, il entra dans celle du Pé-tchi-li , et il alla assiéger Péking, où il était sûr de ne rencontrer aucune résistance, quoiqu’elle fût gardée par soixante et dix mille hommes. Après trois jours de siège, cette grande ville ouvrit ses ortes ; il y entra avec trois cent mille ommes, et marcha immédiatement au palais de l’empereur. Celui-ci , livré aux jeûnes et aux ridicules superstitions des bonzes , ignorant tout ce qui se passait au dehors , l’apprit enfin , et se vit trahi. Il essaya de sortir de soit palais avec six cents de ses gardes , et ae mourir glorieusement ; mais, abandonné de tous les siens , voyant qu’il n’y avait plus d’espoir pour lui d’échapper à sa fatale destinée , il rentra dans son palais, se retira dans son jardin; et, après avoir écrit avec son sang ces paroles, qu’il destinait au chef des révoltés : « Les mandarins ont été des traîtres à leur empereur. Ils l’ont trèsmal servi. Ils sonttousdignes de mort; et ce sera une justice d’exécuter cet arrêt en leurs personnes. Il faut qu’ils meurent tous , pour apprendre à ceux qui viendront après eux, à mieux servir leurs souverains. Le peuple ne mérite point de châtiment, parce qu’il n’est point coupable; et ce serait une injustice de lui faire aucun mauvais traitement. J’ai perdu le royaume que j'avais hérité de mes pères. J’ai achevé en moi la race royale, que tant de rois, mes ancêtres , avaient perpétuée jusqu’à moi. Je vais donc me fermer les yeux pour ne pas voir mon empire détruit ou dominé par un tyran. Je vais me priver de la vie, parce que je ne pourrais souffrir d’en être redevable au dernier et au plus indigne de mes 27,

L’tiNIVERS.

sujets. Je ne puis plus paraître devant ceux qui , ayant été mes enfants et mes sujets , sont présentement mes ennemis et des traîtres. Ilfautque le prince meure, puisque l’État meurt aussi,»

il saisit son sabre, et, afin que sa fille nubile ne tombât pas vivante entre les mains des révoltés, il voulut lui donner la mort; mais il ne fit que lui abattre la main ; elle tomba évanouie, le bras mutilé. Lui-même se pendit à un arbre du jardin impérial, à l'âge de trente-six ans. Avec lui s’éteignit la dynastie des Ming, et il périt successivement, dit-on, quatre-vingt mille personnes qui descendaient de cette race dynastique. Le premier ministre se pendit amsi à un arbre , à l’exemple de son souverain, ainsi que les impératrices et les plus fidèles eunuues. On chercha longtemps le cadavre e l'empereur; et , après I avoir trouvé par hasard, on l’apporta sous les veux de Lirtseurtching , assis sur le trône impérial; après lui avoir fait subir plusieurs outrages, ce chef de révoltés fit trancher la tête aux deux plus jeunes fils de l’empereur (l’aîné avait pris la fuite) et à tous sçs ministres. La ville impériale fut ensuite livrée à la brutalité du soldat.

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