DÉFAITE DE L’USURPATEUR
Rien ne semblait devoir résister au féroce conquérant. 11 n’y avait que le
Général Ou-san-kouëi, commandant es troupes chinoises dans le l.iaotoung, qui refusait de le reconnaître.
Ù-tseu-tching part avec son armée; et, après avoir inutilement assiégé la place très-forte où le premier se défendait, il lui fit voir son père chargé de fers , en lui déclarant que, s’il ne se rendait pas, il allait- le faire égorger sous ses yeux. Le commandant chinois , à la vue de son père , se mit à genoux , et, fondant en larmes , il le pria de lui pardonner s’il sacrifiait sa tendresse naturelle à son devoir envers son souverain et sa patrie, préférant mourir mille fois que de servir un chef de brigands. Le père loua la résolution de son fils , et se livra à la mort. Mais le
fils , pour venger la mort de son souverain et de son père , envoya un exprès , avec de riches présents , près du roi tartare, en l’invitant à se joindre à lui avec des troupes auxiliaires, pour repousser l’usurpateur. Le roi tartare Tsoung-te s’empressa d’accourir avec soixante mille hommes. Le siège fut levé par l’usurpateur U, qui retourna aussitôt à Péking;et, ne s’y croyant plus en sûreté, il quitta cette Ville après avoir pillé et brillé le palais impérial. Le roi tartare le poursuivit dans la province du Chen-si, où il se retira enrichi des dépouilles de l’emire, et chargé de la malédiction pulique. On ne sait ce qu’il devint.
Tsoung-te avait a peine mis le pied sur le territoire de la Chine qu’il mourut, après avoir déclaré empereur son fils cadet, nommé Ohun-tchi, qui n’avait que six ans, et confié à son frère A-ma-r.an , les soins de la guerre et de l’empire.
Le jeune prince tartare entra bientôt en triomphe dans la ville de Péking, où il fut reçu comme un libérateur par toute la population que le chef des révoltés chinois venait de livrer au pillage. On entendait de tous côtés ces cris de joie : Dix mille années, dix mille années ( wen souï, wen sou'i ) ! qui veulent dire : Qu’il vivedix mille ans ( le nouvel empereur)! Ces acclamations populaires lui donnèrent l’empire.
STATISTIQUE DE L'EMPIRE CHINOIS SUR LA FIN DK LA DYNASTIE bKS MING ET AU COMMENCEMENT DE LA DYNASTIE TAR- TARE-MANTCHOÜE.
Plusieurs missionnaires européens , tels que Martini et Magalhan , qui étaient en Chine sur la-fin de la dynastie des Ming et au commencement de la dynastie tartare-mantvhoue , ont publié des renseignements curieux sur l’état de l’empire chinois à cette époque , puisés dans leurs propres observations ou dans les livres chinois de la dynastie des Ming. Nous allons en reproduire les faits les plus importants, afin de faire voir quelle riche conquête firent les Tartares*
>gk
CHINE
Mantchous en s’emparant de la Chine, et à quelle époque doivent se rapporter les descriptions de la Chine, que la plupart des géographes et des historiens en ont tracées, en suivant sans discernement le travail des anciens missionnaires jésuites.
La Chine, sous les Ming , était divisée en quinze provinces, qui, par leur grandeur, leur richesse, leur fertilité, pouvaient être appelées des royaumes.
« Les lieux murés , dit le P. Gabriel de Magalhan (*) (qui mourut à Péking en 1677, après vingt-neuf ans de séjour à la cour des empereurs, et huit
u'il avait passés auparavant, de 16-10
1613, à parcourir presque toutes les parties de la Chine), les lieux murés sont au nombre de 4.402 , et ils sont divisés en deux ordres, le civil et le militaire. L’ordre civil contient 2,045 lieux murés, savoir: 1 75 villes du premier ordre, que les Chinois appellent Fou ; 274 du second ordre, qu’on appelle Tcheou; 1,288 villes du troisième ordre, qu’on appelle Mien ; 250 hôtelleries royales , appelées ie, et 1 03 sentinelles ou hôtelleries royales du second ordre, qu’on nomme Tchang-tchin.
« Entre les cités et les villes de cet empire, j’en compte plusieurs situées dans les provinces de Yûn-nân, de Quei ched , de Quàm-si et de Su-chuen, et qui toutefois ne pavent aucun tribut a l’empereur, et ne lui obéissent point, mais à des princes ou seigneurs particuliers ou absolus. Ces villes, pour l’ordinaire, sont de telle sorte entourées de hautes montagnes et de rochers escarpés, qu’il semble que la nature ait pris plaisir à les fortifier. Au dedans de ces montagnes il y a des campagnes et des plaines de plusieurs journées de chemin, où l’on voit des cités du premier et du second ordre, et beaucoup de villes et villages. Les peuples soumis à ces seigneurs se servent de la langue chinoise avec les Chinois ; mais, outre celle-là, ils ont encore leur langage particulier.
(*1 Nouvelle relation de la Chine , etc. , traduction française. Paris, t688 , in-/,°.
« Les Chinois ont fait imprimer un itinéraire public, qui contient tous les chemins , tant par terre que par eau, depuis Pé-king jusqu’aux dernières extrémités de l’empire. Les mandarins qui partent de la cour pour aller exercer leurs emplois, et tous les voyageurs, se servent de ce livre pour "savoir la route qu’ils doivent tenir, la distance d’un lieu à l’autre, et les stades de chaque journée. Dans ce livre tous les chemins royaux de l’empire sont divisés en 1,145 journées, dont chacune a un lieu où les mandarins sont logés et défrayés aux dépens de l’empereur, quand ils vont exercer leurs emplois; maïs quand on les p;ive de leurs charges , is perdent aussi le droit d’étre loges. Ces 1,145 lieux se nomment Ye et Tchin , ou en joignant ces deux mots Ye-tchin , c’est-à-dire : lieux de logement et de sentinelle ; et c’est avec beaucoup de raison qu'on leur a imposé ce nom; car on y attend les mandarins avec autant de soin et de circonspection que si l’on y était en garde contre une armée, ennemie. De ces lieux il y en a 735 dans les villes du premier et du second ordre, dans les villes frontières et dans les châteaux situés au dedans de l’empire.
205 sont dans les lieux appelés Ye, et 103 dans ceux qu’on appelle Tchin. Les uns et les autres ont été autrefois bâtis dans les endroits où il n’y avait point de villes, et peuvent être appelés villes de second ordre, parce qu’ils sont tous entourés de murailles , qu’ils ont chacun un mandarin qui les gouverne, et qu’il y en a quelques-uns plus grands et plus peuplés que beaucoup de villes et de cités. Il y en a 102 qui n.’ont
fioint de murailles, mais qui sont des ieux fort grands et fort peuplés. Un jour avant le départ du mandarin , on fait partir un courrier avec une petite planche ou tablette, que les Chinois nomment Pal, sur laquelle sont écrits les noms et la charge de cet officier, et au bas son nom et son sceau. Aussitôt qu’on l’a vue, on nettoie et prépare le palais où il doit loger, et ces préparatifs sont plus ou moins grands et plus ou moins somptueux, a propor-
tion de la dignité du mandarin : comme les viandes, les portefaix, les chevaux, les chaises, les litières, ou les barques si le voyage se fait par eau, et enfin tout ce qui lui peut être nécessaire.
Dans ces hôtelleries on reçoit de la même manière, à proportion, toutes sortes d’autres personnes tant Chinois qu’étrangers, à qui l’empereur accorde cette grâce. Dans ces memes endroits, les courriers du gouvernement prennent ce dont ils ont besoin pour aller en toute diligence. Ils y trouvent toujours des chevaux en état de partir.
« L’empire de la Chine a 11,502,872 familles ou feux, sans y comprendre les femmes, les enfants, les pauvres, les mandarins qui sont en charges, les soldats, les bacheliers, les licenciés, les docteurs, les mandarins dispensés de servir, ceux qui vivent sur les rivières, les bonzes, les eunuques, ni tous ceux qui sont de sang royal; parce qu’on ne compte que ceux' qui cultivent les terres, ou qui payent des tributs ou des rentes à l’empereur. Il y a dans tout l’empire 59,788,364 hommes ou mâles. Voilà ce qui regarde l’ordre civil de la Chine.
«L’ordre militaire contient 929 grandes forteresses du premier ordre, et fort importantes , soit sur les frontières pour servir de clefs ou de défenses à l’empire contre les Tartares, soit sur les confins des provinces contre les voleurs et les rebelles. Les Chinois les appellent Kouan.
« Il y a 567 forteresses du second ordre, qu’on appelle Gueï en langue chinoise; 311 forteresses du troisième ordre , appelées So ; 300 du quatrième ordre appelées Tchin (qui ont le même nom et la même signification que celles du cinquième ordre civil), et 150 du cinquième ordre appelées Pao. Il y a 100 forteresses du sixième ordre appelées Pou, et enfin 300 du septième ordre, qu’on nomme Tchaï. Ces dernières sont de diverses sortes; les unes sont dans les champs et servent de refuge aux laboureurs, qui s’y retirent avec leurs bestiaux, leurs instruments aratoires et leurs meubles, quand les Tartares, les
voleurs ou les rebelles courent la campagne , ou même quand les armées de l’empereur sont en marche; d’autres sont situées sur des montagnes escarpées en précipice, où l’on monte ou par des degrés taillés dans le roc , ou par des échelles de corde ou de bois qu’on ôte quand on veut, et celles-ci n’ont pour l’ordinaire aucune muraille, parce qu’elles n’en ont pas besoin; les autres enfin sont aussi sur des montagnes, mais elles ont quelque avenue; et celles-ci sont revêtues d’une double et triple muraille du côté de l’entrée.
« Parce dénombrement on voit que les lieux militaires sont au nombre de 2,357, qui, étant joints avec ceux de l’ordre civil , montent à 4,402.
« Outre cela , il y a au dedans et au dehors de ces grandes murailles qui environnent la Chine plus de 3,000 tours ou châteaux appelés Taï, chacun desquels a son nom propre. On y tient toute l’année des gardes et des sentinelles, qui donnent l’alarme aussitôt que l’ennemi paraît, et font signal de jour avec une bannière qu’ils élèvent au pjus haut de la tour, et la nuit avec un grand llambeau allumé. Si nous comptions ces tours ou châteaux parmi les lieux militaires, dont ces derniers feraient le huitième ordre, il y en aurait en tout 5,357.
« Le nombre des soldats qui gardent la grande muraille est de 902,054 Les troupes auxiliaires qui y accourent quand les Tartares se mettent en devoir d’entrer dans la Chine, sont innombrables, et il y a 389,167 chevaux destinés pour les troupes. La dépense que l’empereur fait pour la paye des officiers et des soldats, monte tous les ans à la somme de 5,034,714 livres.
« Par ce que nous avons dit des soldats destinés à la garde des murailles et des frontières contre les Tartares , on peut aisément juger de la quantité de ceux qui sont employés sur les confins des provinces, dans les cités, dans les villes et dans tous les autres lieux murés du royaume, où il n’y en a aucun qui n’ait sa garnison. Ils sont au nombre de 767,970, qui, en temps de
CHINE. 423
paix, gardent et accompagnent pen- ou des fables que l'on raconte de leurs dant le jour les mandarins , les ain- idoles. Dans ces temples et dans les bassadeurs, et autres personnes dé- autres de tout l'empire, dont le nomfrayées aux dépens de l’empereur, et bre est incroyable, habitent 530,000 pendant la nuit sont en sentinelle au- bonzes patentés ; près de leur barque ou de leur loge- 685 mausolées fameux par leur arment. Quand ils ont tait une journée, chitecture et par leur richesse, ils s’en retournent à leurs garnisons , On comptait en Chine à la même et d’autres leur succèdent et prennent époque :
leur place. Les chevaux que l’empereur 3,636 hommes illustres et renomentretient tant pour les troupes que més par leurs vertus , par leur science, dans les postes se montent à 564,900. par leurcourage et par leur valeur, etc.;
Ces soldats et ces chevaux sont tou- 208 filles, femmes ou veuves qui. Jours entretenus; mais quand il y a par leur chasteté, leur courage et quelque révolte ou quelque guerre, les leurs actions héroïques, se sont renarmées qui s’assemblent et qui accou- dues dignes d’une éternelle mémoire ; rent de toutes les provinces sont près- 90,000 bacheliers qui ont étudié que innombrables. .. dans autant de collèges qu’il y a de
« Il y a dans les quinze provinces de villes de tous les ordres. l’empire : D’après les catalogues chinois, im-
321 ponts célèbres; primés quatre fois par an avec des ty-
1,472 fleuves et rivières navigables, pes mobiles, il y avait en Chine: lacs poissonneux , fontaines chaudes, 13,647 mandarins de lettres dans médicinales et merveilleuses; tout l’empire, et
2,099 montagnes fameuses, soit 18,520 mandarins d’armes, parce qu’elies ont été taillées en forme Voici l’état des revenus de l’emped’idoles monstrueuses, soit à cause reur qui entraient tous les ans dans ses de leurs sources, de leurs herbes et de trésors et dans ses magasins. Nous leurs minéraux doués de grandes l’avons tiré, dit le P. Magalhan, d’un vertus , ou par leur hauteur extraordi- auteur fort exact , et d’une grande aunaire, ou par des beautés qui les dis- torité parmi les Chinois, et dont les tinguent des autres; livres s'appellent Ou hio vien.
1,159 tours, arcs de triomphe et II entre tous les ans dans le trésor ' autres semblables ouvrages magnifi- royal 18,600,000 écus d’argent (*), en ques, élevés en l’honneur des empe- quoi toutefois ne sont pas compris les reurs illustres, des hommes célèbres droits qu’on lève sur tout ce qui s’apar leur valeur ou leur science, des chète et qui se vend dans tout i’emveuves et des filles renommées par leur pire ; ni le profit de quelques millions chasteté et leurs vertus ; que l’empereur prête à des usures ex-
272 bibliothèques embellies de beau- cessives; ni les revenus des- terres, coup d’ornements , abondantes en li- des bois et des jardins royaux qui sont vres, et bâties avec de grandes dé- en grand nombre; ni l’argent aes conpenses; fiscations, qui se monte quelquefois à
2,099 pièces antiques fameuses, plusieurs millions, comme nous le comme statues , peintures célèbres , voyons chaque jour en cette cour ; ni vases de grand prix et d’une grande enïin les rentes des biens immeubles célébrité; confisqués sur les criminels de lèse-
709 temples construits par les Chi- majesté, sur les rebelles, sur ceux qui nois en divers temps en mémoire de volent les deniers royaux, ou qui voleurs ancêtres, et considérables par lent sur le peuple jusqu’à la somme leur grandeur et par la beauté de leur de mille écus et au-dessus, ou qui architecture;
480 temples d’idoles célèbres et très- (*) Ce sont plutôt des liang ou onces fréquentés à cause de leurs richesses d’argent qui valent 7 fr. 5o c.
loogle
commettent des crimes énormes , ou qui font de grandes fautes dans l’exercice de leurs charges , et en d’autres cas, que l’avarice des ministres détermine pour avoir prétexte de dépouiller les particuliers; ci , 18,600,000 écus.
Il entre aussi dans le trésor, sous le titre de revenus de l’impératrice, 1,823,962 écus.
On porte tous les ans dans les magasins de la cour :
1° 43,328,834 sacs de riz et de blé;
2° 1,313,937 pains de sel, du poids de cinquante livres chacun;
3° 258 livres de vermillon très-fin;
4" 94,737 livres de vernis;
5° 38,550 livres de fruits secs, comme des raisins , des figues , des noix , des châtaignes, etc.
On porte dans les gardes-robes de l’empereur :
1° 1,655,432 livres de soie de diverses couleurs et en étoffes, comme étoffe simple, velours, satin, damas et autres; en quoi ne sont pas compris les habits impériaux qu’apportent les barques dont il a été question ;
2° 476,270 pièces de soie légère, dont les Chinois s'habillent en été;
3° 272,903 livres de soie écrue;
4° 396,480 pièces de toile de coton;
5° 464.217 livres de coton;
6° 56,280 pièces de toile de chanvre ;
7° 21,470 sacs de fèves, qu’on donne aux chevaux de l’empereur au lieu d’avoine;
Et 8° 2,598,583 bottes de paille, chacune du poids de quinze livres. Ces deux derniers articles étaient ai nsi sous les empereurs chinois; mais ils sont à présent au triple et' même au quadruple, à cause de la grande quantité de chevaux que les empereurs tartares entretiennent.
«Outre toutes ces choses, tirées du livre chinois que j’ai cité, on en amène lusieurs autres à la cour, par forme e redevance; comme des bœufs, des moutons, des cochons, des oies, des canards, des poules et autres animaux domestiques; quantité de venaison et
de gibier, comme des sangliers, des ours., des cerfs, des daims, des lièvres, des lapins , des poules de bois, et d’autres oiseaux terrestres et aquatiques ; des poissons, comme des barbeaux, des truites fort grandes, et beaucoup d’autres, tous excellents, et dont je ne sais pas les noms en portugais ; toutes sortes d'herbes de jardin , aussi vertes et aussi fraîches au milieu de l’hiver, qui est très-grand en cette cour, qu’au printemps, etc. Je n’ai pu savoir au juste la quantité précise qu’on apporte tous les jours de toutes ces choses; je puis toutefois assurer qu’il en entre au palais une si grande abondance, qu’elle paraîtrait incroyable, si je pouvais l’expliquer exactement. »
Le P. Martin Martini , dans son Atlas sinensis } publié à Anvers en 1654, c’est-à-dire trente- quatre ans avant la publication de l’ouvrage du P. Magalhan , donne des chiffres différents pour les revenus de l’empereur; il porte à 60,000,000 d’écus ce qui entrait annuellement dans les coffres de l’empereur sous la dynastie des Ming, sans y comprendre ce que les gouverneurs tiraient des deniers publics, ni l’argent pour l’entretien des officiers et soldats, de sorte qu’il portait à 150 millions d’écus (*) le revenu total. Au reste, ajoute-t-il, l’empereur ne peut disposer de la moindre partie de cette grande somme; car oh met tout cet argent dans le trésor public; néanmoins il a tout ce qu’il veut, mais il faut qu’il le demande au surintendant des finances et aux trésoriers. Nous réunissons dans le tableau suivant les chiffres de la population et des impôts de chaque province, tels que les donne disséminés Martini, d’après des livres et documents chinois :
(*) Si le P. Martini , comme il est probable, entendait, par ce tenue décru, le tiang oti once d’argent des Chinois, qui vaut 7 fr. 5o c. de notre monnaie , le revenu eu question s’élèverait à 1111 milliard cent vingtcinq millions de notre monnaie.
CHINE
Ainsi, selon le P. Martini, et les livres chinois au’il a consultés, il y avait sous les derniers empereurs des Ming :
185 métropoles ou capitales des provinces;
1,31 2 villes secondaires;
10,728,787 familles;
58,917,683 hommes mâles, sans les exceptions précit: es.
Le revenu de l’empereur (c'est-àdire du pouvoir exéçutif) était en nature de :
32,108,052 sacs de riz , de millet et
de froment, chaque sac pesant 120 livres ;
8,611 livres de lin fin , la livre étant de 20 onces ;
135,286 pièces ou rouleaux d’étoffes de soie;
394,169 livres de soie écrue;
66,387 livres de soie filée;
158,561 livres de coton;
39,418,625 bottes de paille et de foin , tirées de sept provinces, pour les chevaux de l’empereur;
1,944,261 mesures de sel, chaque mesure pesant 120 livres , tirées de sept provinces.
La quantité de sacs de riz envoyés annuellement en tribut à la cour, des provinces méridionales, par la voie du grand canal, et transportés sur plus de 9,000 ndvires (cliargés chacun de 500 sacs), excédait 4,500,000.
Parmi ces tributs ne sont pas compris les produits des douanes, des péages, des droits imposés sur les navires , etc. , etc. , qui se montaient encore à des sommes très-élevées. On peut donc facilement établir avec Martini que les revenus de l'empire s’élevaient h 150,000,000 d’écus, ou (en supposant que l’écu qu’il prenait pour unité de son calcul , était le liang ou once d’argent de la Chine) à un milliard cent vingt-cinq initiions de francs.
XXIIe DYNASTIE. LA DYNASTIE TATHSING, ACTUELLEMENT RÉGNANTE.
C’est ainsi que l’empire chinois, déchiré par les troubles intérieurs, qu’avaient fait naître les abus et l’Impéritie d’un gouvernement sans force et sans dignité, tomba pour la seconde fois aux mains d’étrangers barbares qui surent le conquérir. Il ne s’était pas trouvé dans ce grand empire chinois un homme capable et digne, pour s’emparer du pouvoir souverain, à l’exemple du fondateur de la dynastie qui venait de disparaître, et l’enlever ou au moins le disputer quelque temps au conquérant tartare. Le général chinois Ou-san-kouéi n’avait pas profité des leçons de l’histoire de son pays; il recounut trop tard la faute qu’il avait
faite, d’avoir eu recours aux Tartares pour combattre l’usurpateur, et il disait souvent qu’il avait fait venir des lions pour chasser des chiens. Cependant, en reconnaissance du service qu’il avait rendu sans le vouloir au chef des Tartares, il reçut de lui le titre de roi ( Wang) et celui de paci/ica/eur de C Occident {Ping -si). Par une politique habile, on lui assigna, pour résidence de sa royauté, la ville de Si-ngan-fou, capitale de la province du Chen-si, que Li-tseu-tching avait dévastée parle fer et la Ilamme.