‹ L'UniversChapitre 31 sur 348 · ANCIENS PEUPLES DES QUATRE EXTRÉMITÉS CARDINALES DE LA CHINE · texte numérisé non relu

ANCIENS PEUPLES DES QUATRE EXTRÉMITÉS CARDINALES DE LA CHINE

Le même ancien livre chinois , qui nous a fourni les gravures des deux scènes de chasse , donne aussi la représentation du costume et de l’attitude particulière des peuples qui habitaient anciennement aux quatre extrémités cardinales de l’empire chinois ( voyez planche 12 ). Ils sont nommés Sse-ki : les quatre extrémités. «A l’orient, « dit le Eulh-ya , jusqu’aux bords « les plus éloignés; à l’occident, jus- « qu’au royaume nommé Pin ; au « midi, jusqu’à Pou-koung; au nord, « jusqu’à Tchurli , c’est ce que l’on « nomme : les quatre extrémités.

« ( Glose :) Toutes ces quatre régions I « extrêmes sont des royaumes de pays « éloignés (*). Au midi , là où le soleil

(*) Nous ne savons quels sont au juste les | peuples dont il est ici question. Nous n'avons pu en trouver d'explication nulle part. Mais voici nos conjectures : Il y avait dans la province occidentale du Chcn-si un pays nomme Pin, et où les ancêtres de la dy- | naslic Tcheou gardaient, dit-on, des co- | chons ; c’est peul-clre ce que l’on nomme ici royaume; la position occidentale est la même. Le mot de joung, qui signifie homme de guerre, hallcbardier , est appliqué par les anciens écrivains chinois à tous les barbares qui venaient les attaquer avec des lances , des piques. Dans le passage ci-des -

« fait tomber perpendiculairement ses « rayons , sont les Tan-joung ; au « nord, là où se tient la grande Ourse, « sont les Koung-thoung ; à l’orient , « là où le soleil se lève , sont les Taï- « ping ; a l’occident, là où le soleil se « couche , sont les Tai-moung. » On lit ce qui suit dans les textes chinois que portent les dessins : — 1 . « Les hom- « mes de Tai-ping ( à l’orient de la « Chine ) sont humains , bienveii- «s lants; 2. les hommes de Tan-joung, • (au midi) sont sages, prudents ; 3. les « hommes de TaX-moung (à l’occident) « sont fidèles, sincères; 4. les hommes « de Koung-thoung ( au nord ) sont « guerriers , vaillants. »

Dans ce texte, l’esprit guerrier est attribué aux hommes du nord, l’es-

sus, les Tan-joung désignent vraisemblablement des peuplades barbares situées au-delà ou au midi du fleuve Kiang. L'expression Khoung-thoung, qui signifie grande vallée déserte, vide, étau déjà employée du temps de l'empereur Hoaho-ti, pour désigner le pays tas, désert et sablonneux du nord-ouest de la Chine : ce sont donc les habitants de cette contrée qui sont ici désignés. Taiping signifie un état qui jouit d'une parfaite tranquillité , d’une profonde paix ; et Taimoung veut dire une contrée obscure , ou , d’où vient l'obscurité, épithète qui convient assez à l’occident. Le caractère distinctif attribué à ces différents peuples , si l’on entend par les Tai-ping et les Tan-joung les habitants de l'est et du sud de la Chine actuelle (qui se trouvaient anciennement en dehors des frontières de la Chine ancienne) , et par les Tai-moung et les Koung-thoung, les habitants du Tliibet ou de l'Inde et de la Tartarie, sera reconnu très-exact; car le caractère fidèle, sincère des Indiens est encore le même , comme le caractère guerrier des Tartares. Les costumes attribués dans la gravure chinoise à ces différents peuples sont presque purement chinois; mais ceci n’accuse que le mauvais goût de l’artiste chinois, et son peu de talent pour représenter avec fidélité les costumes étrangers, si toutefois ils différaient alors beaucoup du costume chinois. Cependant l'Indien de l'ouest et le Tartare du nord se reconnaissent facilement dans le n° 3 et 4 , en commençant à compter par la droite et en descendant.

prit de sagesse et de prudence aux nommes du midi, l’esprit de bienveillance et d’humanité aux hommes de l’est, et l’esprit de fidélité, de sincérité aux hommes de l’ouest, par rapport au centre de la Chine. Ces généralisations sont remarquables et ne manquent pas de vérité. Khoung-tseu admit aussi cette distinction des influences climatériques sur le naturel de l’homme. On lit ce qui suit dans son ouvrage intitulé : V invariabilité dans le milieu , chap. 10 :

«Tseu-loü consulta KnoüifG-TSEO sur la force d’ame.

« Le philosophe répondit : « Est-ce de la force d’nme des contrées méridionales, de celles du nord ou de la vôtre que vous voulez parler?

« Avoir de la capacité et de la douceur pour instruire, n’être pas trop sévère envers les criminels, voilà la force d’ame des contrées méridionales, et c’est à elle que s’attachent les Sages.

« Coucher sur le fer et les peaux de bêtes, savoir mourir sans peine, voilà la force d’ame des contrées du nord , et c’est à elle que s’attachent les Braves, etc. »

Page 1