‹ L'UniversChapitre 55 sur 348 · CH IN K · texte numérisé non relu

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vous m'en ferez le rapport , et je vous croirai ; mais en faisant ce rapport, ne négligez et n’oubliez rien ; vous devez punir le même homme de deux supplices, s'il est doublement coupable.

De roi dit : « Faites attention, vous qui êtes magistrats , vous princes de ma famille , et vous grands , qui n'en êtes pas, à ce que je Viens de vous dire. Je crains et je suis réservé quand il s’agit des ciftq supplices : il résulte île leur institution un grand avantage; le ciel a prétendu par là venir au secours des peuples, et c’est dans cette vue qu'il s’est associé des juges qui sont scs inférieurs. On tient quelquefois des discours sans preuves apparentes : il faut s'attacher à en découvrir le vrai ou le faux. Dans la décision sur ce qui concerne les deux parties, une mesure jfiste et équitable, également éloignée des extrêmes, est ce qu'il y a de plus propre à terminer les différents du peuple. Dans, les procès n’avez pas en vue votre intérêt particulier; les richesses ainsi acquises ne sont point un trésor, mais un amas de crimes qui attirent des malheurs que l’on doit toujours craindre. Il ne faut pas dire que le ciel n’est pas équitable : ce sont les hommes qui se sont attiré ces maux. Si le ciel ne châtiait pas par des peines sévères, le inonde manquerait a’un bon gouvernement.

« T.e roi dit encore : Vous qui devez succéder à ceux qui conduisent aujourd'hui les affaires du royaume, quel modèle vous proposerez-vous désormais (*) ? Ce doit être ceux qui ont su faire suivre au peuple la lignedroite,

. éloignée de tous les extrêmes. Écoutez attentivement-et vérifiez ce qu’on dira dans les procès criminels. Ces sages

(*) Nulle part, autant qu'en Chine, et rela, comme on le voit, des la plus haute antiquité, on n'a aussi profondément senti riniportanee des bons modèles, l'influence des hqns exemples, dans la conduite et les aelions de la vie. Et cependant c’est le mobile le plus fécond et le plus puissant des bonnes et grandes actions.

qui ont eu autrefois le soin de pareilles affaires, sont dignes d’être éternellement loués. Dans l'exercice de leurs charges, ils suivaient toujours la droite raison, aussi ont-ils été heureux. Vous gouvernerez des peuples portés d’eux - mêmes à la vertu , si , lorsqu’il s'agira des cinq supplices, vous vous proposez ces grands et heureurs modèles. » ( Chou-king, liv. IV, clt. ‘27, Liu-hing. )

Nous n’avons pas besoin de faire remarquer combien il y a d'humanité et de sagesse naïve dans les instructions du vieux roi centenaire. La civilisation qui est le produit de ces idées de bienveillance, de. compassion et de justice. ne peut être qu'une civilisation avancée; et si l’on se reporte à l’époque que ces idées représentent ( 1000 ans avant notre ère), on ne pourra se défendre d'un sentiment de surprise et d'adiniratiou pour des principes auxquels trois mille ans, qui se sont écoules depuis , nous ont à peine accoutumés !

On a vu dans la description des fuite- 4 railles du roi Tciung-wang (p. 89}, à quel degré le luxe royal était déjà parvenu à cette époque ( 1078 avant J.-C. ). Nous ayons fait graver ( pt.

35 (*) le cliar dont les rois se servaient dans les grandes cérémonies, et que l'on faisait figurer avec quatre autres* d’espèce différente, dans leurs funérailles ( voy. p. 90 et 91 ). On le nommait le grand char ( /a-loi{ ). Il a quelque chose dcecs belles formes antiques que l'on admire dans les basreliefs de chars grecs et romains. Il était tiré par quatre chevaux attelés de front. Un officier du second ordre, un fouet à la main (voy. la pi. 35), le conduisait, ce qui n'empêchait pas que dans le char mémo il n'y eut un cocher, tenant les rênes a la main. Il

(*) Les gravures 35 et 36 sont des facsimilé réduits de gravures chinoises sur bois , qui se trouvent dans le Tsi-king-thou , figures des personnes et des choses dont il est parlé dans les King, ou Livres sacrés, grand ouvrage in-f® , appartenant à la lîildiothè- . a que royale de Fans

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avait le roi à sa gauche , qui était le côté honorable . Les fonctions de cocher royal étaient alors fort considérées, et l’on a vu précédemment ( pag. 9 ) que l’habile cocher de Mou-wàng reçut une principauté en apanage pour récompense de son adresse à diriger les coursiers royaux. Lorsque Khoungtseu se rendait sur un char attelé (Vun bœuf ( voy. pl. 30 ) à la cour des différents princes de la Chine, pour les engager à réformer les abus de leur gouvernement, le cocher qui le conduisait ;tait toujours un de ses disciples. Quelques-uns des chars du roi avaient deux roues, les autres quatre; on y entrait par devant. Cette partie du char était le plus souvent couverte d’une peau de tigre ou de quelque autre animal sauvage.

L’étendard que l’on aperçoit pendant derrière le char , est l’étendard royal On y voit représentées sur une bande latérale les ligures du soleil et de la lune, pour marquer que les vertus du prince éclatent comme ces deux astres.

On y voit aussi le symbole des étoiles, et un arc avec une flèche pour indiuer la puissance. Le reste de l'étenard est divisé en douze bandes horizontales, surlesquellessontreprésentés douze dragons , symbole de la souveraineté.

« Les anciens souverains de la Chine, dit Deguignes, avaient encore un char nommé tching. Il était tiré par seize chevaux; ce qui servait à faire connaître leur supériorité. On s’est ensuite servi de ce mot pour désigner, la maison d’un prince , par l’expression de cent chars de seize chevaux chacun ( pe tching ) , un prince nepouvant posséder que seize cents chevaux, selon la loi. Par la même raison, mille chars de seize chevaux ( tsientching ) désigne la maison royale.

Dans ces temps anciens , huit cents familles du peuple étaient obligées de fournir un char île seize chevaux , avec trois capitaines armés de leurs casaues et de leurs cuirasses, et vingt-aeux fantassins ( voy. pl. 5 et 7 ). »

Un grand parasol, qui accompagne partout la personne du souverain, en

Chine, comme dans la plupart des cours orientales, dans l’Inde, en Perse, et dans l’Egypte ancienne, domine le char royal. C’est un des signes distinctifs de la royauté, dans les temps anciens. Aujourd’hui ce n’est plus son attribut exclusif en Chine. Il est de différentes couleurs , selon la dignité des personnes. Celui de l'empereur est jaune-aurore , et terminé par un dragon d’or ; celui du prince heritier, son fils, est semblable. Celui de l’impératrice est de même couleur, mais terminé par deux oiseaux d’or fabuleux; celui des autres femmes de l’empereur est violet et surmonté d’un paon d'or; celui des ministres et des officiers de premier ordre est bleu , et surmonté d'une petite tour d'argent. Ceux des officiers du second ordre et du troisième ordre sont rouges et également surmontés d’une tbur d’argent; ceux des officiers du quatrième et du cinquième ordre sont de même, mais la couleur en est noire. Tous ces parasols sont faits d’étoffes de soie , et servent dans les cérémonies publiques.

Nous avons représenté dans la pl. 36 des costumes de reines, de rois, de princes et de grands dignitaires ( Wang , koung , sse) pendant les premières dynasties.

Les deux premiers personnages, en commençant par la droite , représentent des reines ou princesses , revêtues de la robe nommée hoeï , qu’elles portaient pendant la célébration des sacrifices , et sur laquelle on voit représentés les deux oiseaux fabuleux (J'ounghoang ) , mille et femelle , qui annoncent le bonheur lorsqu’ils apparaissent.

Le troisième personnage porte le bonnet simple , et la grande robe de peau nommée kieou.

Le quatrième personnage porte le bonnet appelé mien , b forme carrée , et dont le dessus était uni et plat.

Douze cordons de soie , à chacun desquels étaient enfilées douze pierres précieuses, pendaient devant et derrière. On prétend que ce bonnet , chez les souverains, était symbolique ; les cordons de perles servaient à lui dé-

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