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DÉSARMEMENT ET EMBELLISSEMENT DE LÀ CAPITALE

Après ces réglements et d’autres encore, l’empereur publia un édit par lequel il ordonnait à tous ses sujets d’envoyer à la capitale, Hien-yang, toutes les armes et instruments de guerre que l’on trouverait dans les provinces, pour les détruire, parce

Sue , disait-il , la paix étant universelle , n’y avait plus de guerre à craindre, et par conséquent les armes devenaient inutiles. C’était en outre une grande marque de confiance qu’il donnait à ses sujets. Il fixa aussi dans sa capitale le séjour de ses guerriers les plus renommés. Cette capitale devint comme un grand dépôt de guerre , que le désarmement habile des provinces enrichissait chaque jour. L’empereur pensa alors à l’embellir avec la plus grande magnificence. Il fit rassembler les cloches et autres instruments de musique, faits de métal, qui se trouvèrent dans les palais et les temples des royaumes qu’il avait conquis.

Après en avoir retranché ce qui lui parut digne d’être conservé sous le rapport de l’art, il fit fondre tout le reste en douze statues, qui pesaient chacune douze mille livres , et qui furent placées dans la salle d’audience du palais impérial.

Au nord de la rivière Wel-choui , qui coulait près de Hien-yang, quelques jardins et une colline assez nue ne répondaient pas à la magnificence des projets du nouvel empereur. Chihoang-ti, qui eût voulu renouveler toute la surface de la terre, s’il eût été en son pouvoir de le faire, dit un historien , résolut de changer cette étendue de terrain en un lieu de délices et comme d’enchantement. Il avait eu soin de faire lever le plan de toutes les demeures royales des princes qu’il avait subjugués; il avait fait mettre à part tout ce qui s’était trouvé de plus précieux dans leurs différents palais, ainsi que dans la demeure des grands de

mais toutefois il ne poussa pas Vhyperbole aussi loin que dans certaines cours de l’Europe.

leurs cours , « il l’avait fait transporter à sa capitale, Itien-yanc/, en même temps qu’il y faisait conduire la multitude brillante des femmes à talents qui servaient à leurs plaisirs.

Ce n’est pas tout : comme pour rappeler sans cesse à ses sujets et à la postérité la grandeur de ses conquêtes et de sa puissance, il fit construire, sur le modèle des plans qu’il en avait, tous les palais et toutes les maisons de plaisance des rois qu’il avait vaincus, et dont il avait envahi les états. II ordonna que les meubles précieux qui les décoraient autrefois en feraient de nouveau l’ornement, et que les personnes , femmes et eunuques , qui y faisaient leur séjour, pour le service et les plaisirs de leurs souverains respectifs, les habiteraient désormais , sous l'autorité et le bon plaisir du premier souverain absolu de la dynastie Thsin.

Ces bâtiments , d’un goût si varié , occupaient, d’orient en occident, le long des bords septentrionaux de la riviere fVei-choui , un espace de terrain immense. On communiquait de l’un à l’autre au moyen d’un magnifique périptère qui s’étendait sur tous, les embrassait tous , et formait, tant en dessus qu’en dessous , une vaste et superbe galerie , où l’on était à couvert en tout temps , et qui était elle-même un objet des plus agréables à voir; cçs différents édifices, qui constituaient le palais impérial, étaient si vastes, que dix mille hommes pouvaient être rangés en bataille dans une de leurs cours.

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