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L‘EMPEREUR VA SACRIFIER SUR LES MONTAGNES

Les lettrés qui , comme on vient de le voir, prétendaient régler les cérémonies du culte , de ce culte primitif semblable à celui des anciens Persans et qui a été remplacé par le culte secondaire renfermé dansées temples , les lettrés, dis-je, furent peu satisfaits de l’insoumission de l’empereur. Celui-ci ne le fut pas plus des lettrés. Il se rendit à la montagne , monta jusqu’à la cime , par le côté du midi , y offrit son sacrifice, et y éleva le monument u’il avait fait graver sous ses yeux, ans la ville même qu’il venait de quitter. Il descendit de cette montagne par le côté du nord, continua son voyage dans la province du Chan-tomg, y visita les principales villes , et se rendit successivement sur les montagnes Taï-ehan (*), Liang-fou, et Louang-ye , qui passaient alors pour les plus célébrés de l’empire. Il y offrit des sacrifices et y éleva des monuments en pierre, semblables à celui de la montagne précédente.

Les écrivains chinois prétendent que Thsin-chi-hoang-ti fit ensuite chercher le prétendu breuvage de l’immortalité (**), que promettait la secte fon-

(*) C’est sur la montagne T ni que se tenaient les assemblées des princes de la partie orientale de l’empire sous les premières dynasties. On commençait ces assemblées , espèces d’états-généraux , par des cérémonies au Chang-ti ou Souverain maître du ciel, et ensuite aux esprits. Dans la suite il y eut de grands changements à ces cérémonies, et le Tai-chan devint, dit le P. Gaubil, comme le siège des sii|>crstitious de la secte de Tao ou de la raison suprême.

(**) Ce fait est tellement accrédité qu’il se trouve reproduit dans les Faits mémorables des empereurs chinois , peintures chinoises de la Bibliothèque royale de Paris, auxquelles nous avons déjà emprunté plusieurs sujets historiques. Nous avons fait graver celui-ci (voy. pl. 46). On voit Cbihoakg-ti qui se fait porter en palanquin dans un couvent de bonzes , situé sur le sommet d’une montagne , pour y chercher le breuvage de l'immortalité. Au pied de la

dée par Lao-tseu (voy. pag. 110), et les vases d’airain du grand Yu, que l’un des derniers empereurs de la dynastie des Tchéou fit jeter dans un lac profond.

On a déjà vu précédemment que Thsin-chi-hoang-ti avait échappe à un assassinat suscité par le fils d’un prince qu’il avait dépouillé de son royaume. La 29e année de son règne , et la 4' depuis qu’il était empereur, il fut encore l’objet d’une paredle tentative, de la part d’un simple particulier dont les ancêtres avaient été ministres des rois de l’ancien royaume de Han ; et c’est par un excès de fidélité à ses anciens maîtres qu’il entreprit de faire assassiner celui qui leur avait enlevé leur royaume (*). Dans les temps de grandes" révolutions , il y a trop d’intérêts blessés , trop d’existences compromises, trop de pensées de gloire ou d’ambition refoulées, pour que les nouveaux pouvoirs, le plus souvent obligés d'être tyranniques pour se consolider, ne soient pas exposés à ces criminelles tentatives. Les exemples anciens et modernes ne manquent pas.

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