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ÉTABLISSEMENT D'CNE STATISTIQUE GÉNÉ- RALE DE L’EMPIRE

Au nombre des grandes et belles entreprises de Chi-hoang-ti pour la gloire et la prospérité- de son empire, il faut placer la suivante. En parcourant les différentes provinces , et en examinant, comme il avait coutume de le faire, la qualité des terres et leurs divers produits , il conçut l’idée d’une description générale de tous ses États, dans laquelle on ferait entrer la notice détaillée de toutes les productions de chaque canton.

De retour a Hien-yang , sa capitale, il donna des ordres pour commencer cette grande entreprise , dont l’empe-

montagne ou du rocher on aperçoit le vaisseau de l’empereur en rade dans un golfe de la mer orientale.

(*) Voy. Mémoires sur les Chinois, t. III, pag. 255.

reur Yu avait déjà pu lui donner l’idée (voy. pag. 47 et sutv.); et, en moins d’une année, il eut, par cette nouvelle statistique, une connaissance exacte de la nature des terres et de leurs produits. Elle servit à régler la quantité et la qualité des tributs, la manière et le temps de les percevoir, et tout ce qui avait rapport à la culture. Il en résulta une grande amélioration dans la perception des impôts ; ils furent d’un plus grand produit pour le trésor public, et le peuple fut beaucoup moins grevé qu’auparavant. On voit que l’esprit actif et entreprenant de Chi-hoang-ti ne se bornait pas à faire des conquêtes pour l’agrandissement de son empire. Il passait des journées entières avec ses ministres , disent les historiens ; il travaillait constamment avec eux et comme l’un d’eux ; et , lorsque les soins du gouvernement lui donnaient trop de fatigue , il cherchait des distractions dans des promenades solitaires, qu’il faisait le plus souvent à pied , accompagné seulement de quatre officiers dont il connaissait le mérite et l’attachement à sa personne. 11 parcourait ainsi les villages et les campagnes, et ne rentrait souvent que bien avant dans la nuit.

Il ayait ordonné de construire un grand nombre d’édifices publics pour l’ornement de sa capitale ; mais, comme ces édifices ne s’élevaient pas aussi vite que son esprit ardent l’eût désiré, il recommença le cours de ses voyages pour ne pas rester le témoin irrite de ces lenteurs. Il se rendit de nouveau dans les provinces orientales, puis il se dirigea vers le nord; et partout il ne s’occupa que de ce qui pouvait contribuer à la prospérité publique.

GUERRE CONTRE LES TARTARES. !"i

Cet empereur, lorsqu’il eut réuni tous les royaumes de la Chine sous son autorité, avait promis à ses sujets de les faire jouir d’une longue paix ; et il avait fait rassembler toutes les armes de guerre dans sa capitale ,

CHINE

pour en faire, disait- il, des instruments de labourage. Il paraîtrait que la seconde visite qu’il fit dans son empire , ou peut - être l’activité extraordinaire de son esprit , qui devait être de ces natures insatiables de conquêtes , de puissance et de gloire , lui fit changer de résolution. Il conçut le dessein d’aller attaquer les Tartares Hioung-nou (*). A cet effet, il leva promptement une armée de trois cent mille hommes , dont il donna le commandement à Moung-tien. Ce général vainquit les Tartares , en détruisit le plus grand nombre, selon l’ordre qu’il en avait reçu de l'empereur. A son retour , il fut envoyé dans la province du Ho-nan, où une révolte avait éclaté , et où un succès plus facile favorisa ses armes.

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