AGRANDISSEMENT DE L’EMPIRE ET CON- QUÊTE DE NOUVEAUX PEUPLES
La paix ayant été rétablie dans l’empire , et les frontières du nord ayant cessé d’être exposées aux excursions des Tartares, Thsin-chi-hoang-ti pensa à conquérir et à se soumettre de nouveaux peuples. Ce furent les pays de Nan-youê , de Siang-kiun, de Nan-haï ( Mer méridionale , tous placés au midi de la Chine d’alors , et que l’on désignait sous le nom de Ji-nan (pays au sud du soleil).
Comme ces pays étaient habités par des peuples beaucoup moins civilisés ue les Chinois , et peut-être de race ifférente, puisqu’ils étaient les premiers occupants <\ue la race chinoise des premières dynasties, venue en Chine par les provinces septentrionales , avait refoulés vers le midi par des envahissements successifs ; que , d’ailleurs , ils étaient défendus par de hautes montagnes , des fleuves et des rivières en grand nombre, il fallait une armée considérable et bien aguerrie pour les soumettre. L’empereur la mit sur pied , en enrôlant parmi les gens de guerre tous ceux qui n’avaient pas de profession fixe, tous
(*) Li-lai-ki-sse , kiouan 10 , fol. a3, verso.
les marchands qui n’avaient pour commerce que des objets de luxe , et tous ceux qui , parmi les ouvriers et les gens de la campagne , étaient doués d’une grande force de corps.
Ces hommes, formés dans peu de temps à la discipline militaire , conquirent de nouvelles provinces à l’empire chinois ; ils pénétrèrent , dans l’espace de dix à douzé mois , jusqu’à la grande mer méridionale, c’est-àdire, jusqu’à l’extrémité des provinces actuelles du Kouang-si et du Kouangtoung (ou du Kouang occidental et oriental ), où sont aujourd’hui Canton et les autres villes maritimes de la même province. Ils allèrent même jusque dans le royaume actueldu Tonquin, qui fut réuni aussi à l’empire chinois.
«Ainsi, dit le P. Amiot, l’empire des Thsin , que , par corruption , on a appelé dans la suite des temps l’empire de la Chine , embrassa dès lors , au midi au septentrion , tout ce qui est entre l’ile de Haï - nan et les déserts de la rande Tartarie, et d’orient en occient , depuis la presqu’île de Corée jusqu’au royaume d’Ava. »