‹ L'UniversChapitre 74 sur 348 · FIN DE LA DYNASTIE DE THSIN · texte numérisé non relu

FIN DE LA DYNASTIE DE THSIN

Voici comment périt le dernier et faible rejeton du grand et puissant Chi-hoang-ti , que. la terre semblait ne pouvoir contenir. Pendant que l’eunuque Tchao-kao abusait de sa tyrannie déshonorante sous le prince cruel et débauché dont il était le premier ministre , tous ceux qui avaient conservé des cœurs honnêtes songèrent à se soustraire au joug honteux sous lequel ils gémissaient. Un grand nombre de généraux et de gouverneurs de provinces se mirent à la tête des mécontents. Le général qui fut envoyé contre eux pour les soumettre se déclara le

Êremier contre son lâche souverain.

l’armée le déclara roi de Tchou. D’autres généraux suivirent son exemple,

prirent les armes et les titres anciens des rois de Tchao , fVël , Yen , Tsi.

Lieou-pang (*), étant chef d’un bourg ou village, fut reconnu prince d’un district et prit aussi les armes. Le nouveau roi de Tchou le nomma son général et l’envoya combattre les armées de l’empereur. Il trouva un rival d’ambition et de talents dans un autre général du roi deTchou, nommé Hi angyu (**) , homme fier , mais cruel et de mauvaise foi ; qualités vicieuses qui le perdirent. Lieou-pang , après plusieurs victoires , s’approcha de la capitale; alors les révolutions de palais que nous avons indiquées ci-aessus eurent lieu. Ensuite l’heureux conquérant entra dans la ville , se rendit maître du palais royal , en défendant à ses troupes de commettre aucnn désordre. Tandis que de tous côtés on portait aux officiers qui l’accompagnaient, de l’or, de l’argent , des bijoux et autres objets précieux que l’on trouvait dans des lieux abandonnés . le général s’assura des documents nistoriques , des cartes géographique*, et des mémoires sur les revenus , les forteresses, le nombre des habitants, et tout ce qui regardait la statistique générale et particulière de l’empire , que Chihoang-ti avait réunis dans les archives impériales (***).

Lieou-pang retourna ensuite à son camp. C’est là qu’ayant fait venir plusieurs vieillards et les principaux mandarins de Thsin, il leur dit qu’il voulait les gouverner selon les lois chinoises, et qu’on n’avait à craindre de lui ni oppression ni injustice. Tandis qu’il traitait si bien ceux qu’il avait conquis , son rival Hiang-yu, autre générai du roi de Tchou , suivait une conduite toute différente. Il fit massacrer plus de deux cent mille personnes qui étaient

(*) Il devint empereur sous le nom de Kao-tsou. Voy. son portrait, pl. Si , n° i.

(**) Ou Hia»û-bi , voyez son portrait, pl. 45 , n° a.

(***) Tous ces documents, conserves soigneusement par Lisou-rASo , furent trèsutiles pour combler les laeunes historiques causées par l’incendie des livres.

«nues se soumettre à lui (*); et ne pouvant se résoudre à laisser Ljeou- Paug maître de la capitale et de la province environnante, il vint à grandes journées avec son armée lui disputer l’empire. Cette armée était forte de

Îiatre cent mille hommes , et celle de ieou-pang de cent mille. Hiang-yu s’empara de quelques forts dont Lieoupang était maître, et au mépris d’un traité fait avec ce dernier , par lequel celui qui entrerait le premier dans la capitale Hien-yang serait roi de Thsin, il pénétra dans cette capitale avec son armée , en enleva tous les trésors , fit un choix des plus belles femmes , et abandonna ensuite la ville et le palais au pillage de ses soldats, qui inassacrèrentïsEU-YNG , le dernier empereur de la race des Thsin , ainsi que toute sa famille et les habitants qui n’eurent pas les moyens d’échapper au carnage.

Ils mirent le feu à la ville et au palais des empereurs. L’incendie dura trois mois. Le tombeau de Thsin - cmhoang-ti fut détruit , et tout ce qu’il renfermait de précieux fut enlevé.

Ainsi finit la dynastie de Thsin , la plus courte peuf-étre, mais la plus puissante qui ait occupé le trône antédiluvien du grand empire chinois. L’élément étranger de civilisation , ou plutôt de barbarie , qu’elle avait introduit en Chine par la frontière occidentale, qui était son domaine, disparut avec elle. Sentinelle avancée , placée sur la route de l’Asie occidentale, elle avait déjà donné son nom à l’empire chinois dans cette partie du monde , bien long-temps avant que celui de Thsin-chi-Hoang-ti ( le premier souverain absolu de la dynastie de Thsin) eût atteint aux limites les plus reculées de l’Asie ( voyez page 2 ). La grande figure de cet empereur, qui avait peut-être entendu le récit des conquêtes d’Alexandre (venu environ un siècle avant lui jusque dans l’intérieur de l’Asie),seplacera toujours au premier rang des grands hommes qui ont été la gloire et l’effroi des nations.

(*) Gaubil , Chronologie chinoise , p. 69.

Page 1